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PARIS : Daphné DAUVILLIER : « L’omerta autour des vio…

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PARIS : Daphné DAUVILLIER : « L’omerta autour des violences sexuelles commence à se fissurer réellement »

Daphné Dauvillier dévoile le 27 mars « Il était une fois », un nouveau single pop-rock et un clip d’animation explorant l’onde de choc post-#MeToo.

Trois ans après la sortie de son premier album, « Debout », qui dressait en une dizaine de portraits l’évolution de la place des femmes dans nos sociétés, l’autrice-compositrice et interprète Daphné Dauvillier poursuit son engagement. Le 27 mars 2026, l’artiste dévoile un tout nouveau single intitulé « Il était une fois… », directement inspiré par la libération de la parole qui a bouleversé l’espace public au cours de la dernière décennie.

Une chronologie musicale de la libération

Le morceau, porté par un son pop-rock conçu pour « raconter un mouvement qui bouscule un peu l’ordre du monde », revient sur la première secousse du mouvement #MeToo apparue en octobre 2017. À travers une structure narrative en trois temps forts — « Il était une fois… », « Il était deux fois… », « Il était trois fois… » —, la chanson retrace la genèse de ce phénomène mondial, des premières voix qui s’élèvent pour faire bouger les lignes jusqu’à la prise de conscience collective de l’ampleur systémique des violences sexuelles. Le titre est d’ores et déjà accessible via un lien d’écoute privé sur la plateforme SoundCloud (https://on.soundcloud.com/v4HFLkVXXcsw4sGVnJ).

Le conte de fées comme grille de lecture

Pour accompagner cette sortie, Daphné Dauvillier a fait appel à l’illustratrice Lucie Cruz pour réaliser un clip en animation 2D, visible sur YouTube (https://youtu.be/DzxLd2WcjZU). Le synopsis s’appuie sur trois figures emblématiques : le Petit Chaperon Rouge, Peau d’Âne et la chanson « L’Aigle Noir » de Barbara. Ces trois histoires populaires servent ici de puissants symboles de l’enfance souillée par les violences sexuelles.

L’œuvre illustre la menace qui rôde, selon l’artiste, dans les écoles, les parcs ou les maisons de famille. Devenues des femmes adultes dans le dernier couplet de la chanson, ces trois protagonistes réalisent qu’elles font partie d’une vaste cohorte de victimes. Elles se dressent alors en sentinelles bienveillantes pour protéger les futures générations d’une société qui refuse désormais de fermer les yeux.

Un témoignage intime ancré dans l’histoire récente

Pour expliciter la genèse de cette œuvre, Daphné Dauvillier a partagé une note d’intention détaillée, retraçant son propre cheminement depuis les prémices du mouvement. « Octobre 2017, en début de soirée j’ouvre Facebook pour y perdre quelques minutes. Je vois passer un premier post sans image : #MeToo. Je n’y prête pas plus attention que ça. Un second post, puis un autre, tant d’autres. Premiers tremblements d’un séisme qui ne fait que débuter. Il y aura un « avant » et un « après ». Il y aura au fil des années d’autres répliques : #MeTooInceste, #MeTooSport, #MeTooGarçon, MeTooCinéma… », raconte l’artiste.

Elle dresse le pont avec des moments forts de la culture française récente. « Février 2020, Adèle Haenel quitte la cérémonie des Césars à l’annonce du prix attribué à Roman Polanski. Le lendemain, 1er mars, Virginie Despentes publie dans Libération un texte intitulé « Désormais on se lève et on se casse ! ». Février 2024, Judith Godrèche prononce un discours contre les violences sexuelles dans le cinéma lors de la Cérémonie des Césars », souligne-t-elle.

Face à cette accumulation d’événements, son analyse est sans équivoque : « J’ai l’intime conviction que nous vivons un moment clé pour nos sociétés et que l’omerta autour des violences sexuelles commence à se fissurer réellement. Les victimes, qui se croyaient cas isolés, se découvrent cohorte. Dire « je suis une victime » c’est dur à murmurer mais face à tant de murmures c’est un hurlement que l’on entend ».

Raconter des histoires pour prévenir et protéger

Cette volonté de témoigner a nécessité une longue maturation artistique. « Je tourne pendant des mois autour de l’idée d’une chanson sur cette révolution en marche. Comment raconter pour prévenir du danger et protéger. Et si le plus simple était de raconter des histoires ? », s’interroge Daphné Dauvillier.

C’est ainsi qu’est née l’idée de s’appuyer sur des œuvres universelles. « Il était une fois… Il était deux fois… Il était trois fois… Comme débutent ces contes pour enfant que nous connaissons tous et qui ont toujours eu cette fonction de mise en garde et de prévention. Le Petit Chaperon Rouge et la menace de ce loup croisé, connu, retrouvé dans le lit de la Mère-Grand, invitant l’enfant à le rejoindre sous les draps. Peau d’Âne et ce père qui se rêve incestueux, dont la fille adolescente déploie des trésors d’ingéniosité, guidée par sa marraine La Bonne Fée, pour échapper à ces noces contre nature », précise-t-elle.

L’innocence de l’animation face à la dureté du propos

Contrairement à de nombreuses productions musicales qui optent pour une représentation frontale de la violence faite aux femmes avec des visages tuméfiés, l’artiste a délibérément choisi une approche allégorique. « Face à la dureté du propos qu’évoque « Il était une fois », j’ai envie au contraire de retrouver la douceur, l’innocence, la légèreté de l’enfance. Proposer un « dessin animé » qui puisse être vu par un enfant sans qu’il ne soit jamais heurté, gêné », explique-t-elle. L’objectif est d’offrir une œuvre aux traits naïfs, doux et colorés, proposant aux adultes comme aux plus jeunes une grille de compréhension évolutive.

Pour mener à bien ce projet, inspiré visuellement par des œuvres graphiques comme « Le banc des adieux » ou « Barbe Bleue », Daphné Dauvillier, qui signe les paroles, la musique, le chant et le scénario, s’est entourée d’une équipe resserrée. Sébastien Adam a assuré les arrangements, la production musicale et le mixage, tandis que le mastering a été confié à Matthieu Clerjaud. L’illustration et la réalisation vidéo portent la signature de Lucie Cruz.

L’univers musical de Daphné Dauvillier est à retrouver sur son site officiel (https://daphnedauvillier.wixsite.com/musique), sa page Facebook (www.facebook.com/DaphneDauvillierMusique/) ainsi que sur son profil public SoundCloud (soundcloud.com/daphnedauvillier).