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PARIS : Danielle SIMONNET : « Il faut refuser toute reprise…

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PARIS : Danielle SIMONNET : « Il faut refuser toute reprise par des acteurs privés lucratifs »

Face à la menace de cession de la Fondation Œuvre Croix Saint-Simon, salariés et élus appellent à la mobilisation pour préserver ce fleuron du secteur social francilien.

L’avenir de la Fondation Œuvre Croix Saint-Simon, un acteur historique et majeur du secteur sanitaire, médico-social et de la petite enfance en Île-de-France, est suspendu à la décision du tribunal de commerce. Placée en redressement judiciaire, la fondation est aujourd’hui menacée d’une cession qui pourrait impacter lourdement ses 1 800 salariés et les dizaines de milliers d’usagers qui dépendent de ses services.

PARIS : Danielle Simonnet : « Il faut refuser toute reprise par des acteurs privés lucratifs »

L’enjeu est de taille : le périmètre de la fondation couvre 34 crèches représentant plus de 1 500 places d’accueil, 21 relais petite enfance, 3 centres de protection maternelle et infantile (PMI), 3 centres d’accueil de jour, 2 centres de santé, ainsi qu’un hôpital mère-enfants. Dans le champ de l’autonomie, près de 700 personnes sont également accompagnées. Une cession mal contrôlée ou une liquidation partielle engendrerait un risque majeur de rupture dans la continuité des prises en charge pour des publics souvent fragiles.

Un modèle de financement à bout de souffle

Selon les syndicats et les élus qui soutiennent le mouvement, cette crise trouve sa source dans un sous-financement chronique du secteur, orchestré par les politiques publiques successives. Le modèle économique, notamment pour les crèches, repose en grande partie sur la prestation de service unique (PSU) versée par les Caisses d’Allocations Familiales (CAF). Or, ce financement n’a pas été revalorisé à la hauteur de l’inflation, plaçant de nombreuses structures dans une situation financière intenable. Les trésoreries, aujourd’hui exsangues, ne permettent plus d’assurer l’équilibre et la pérennité des activités.

Mobilisation générale et soutien politique

Face à ce qu’ils qualifient d’urgence sociale, les salariés, soutenus par leurs organisations syndicales, appellent à une grande mobilisation ce mercredi 6 mai à 14 heures, devant le ministère des Solidarités. Ils y exposeront leurs revendications pour sauver la fondation et, au-delà, l’ensemble du secteur non lucratif.

Plusieurs élus ont déjà répondu présents. Danielle Simonnet, députée de Paris (20e arrondissement) pour le groupe Écologiste et social, a annoncé sa participation aux côtés de sa collègue Léa Balage.

« Nous serons présentes au rassemblement », a-t-elle confirmé, relayant les cinq exigences principales des manifestants :

– Un soutien financier immédiat pour accompagner une reprise des établissements par la collectivité parisienne.

– Un engagement coordonné de l’ensemble des acteurs publics (Agence Régionale de Santé, CAF, Ville de Paris) pour garantir le maintien intégral des activités.

– La reprise du maximum de structures par la Ville de Paris, avec la garantie qu’aucun personnel ne perde son emploi et que tous les publics continuent d’être accompagnés.

– Une réforme structurelle des modes de financement pour assurer la viabilité à long terme du secteur.

– Le refus catégorique de toute reprise par des acteurs du secteur privé lucratif, afin de préserver la mission d’intérêt général de la fondation.

Des interpellations au plus haut niveau de l’État

Cette mobilisation s’inscrit dans le prolongement de plusieurs actions politiques menées ces dernières semaines. Le 23 avril 2026, les députées de Paris du groupe Écologiste et social, Danielle Simonnet, Léa Balage El Mariky, Eva Sas et Sandrine Rousseau, ont adressé un courrier à la ministre de la Santé et de la Prévention, Stéphanie Rist, pour l’alerter sur la gravité de la situation.

Quelques jours plus tard, le 28 avril, Danielle Simonnet a directement interpellé le gouvernement lors d’une séance de questions à l’Assemblée nationale, demandant des engagements fermes pour éviter le démantèlement de la fondation et la marchandisation d’un secteur essentiel à la cohésion sociale.

via Press Agence.