PARIS : Coût environnemental, la méthode de base est là
Partager :

PARIS : Coût environnemental, la méthode de base est là
Le 13 mai 2026, le CGDD (Commissariat général au développement durable, direction du ministère de la Transition écologique) et l’Ademe publiaient la méthode de calcul du coût environnemental des produits alimentaires.
Cinq ans après que la loi Climat et Résilience (août 2021) a posé le principe d’un affichage environnemental obligatoire, et six après les premières expérimentations pilotées par l’Ademe en 2020. La méthode est stabilisée. Elle n’est pas encore une norme opposable.
Ce que la méthode fait, et fait bien
Le score repose sur une analyse de cycle de vie (ACV) adossée au référentiel PEF européen (Product Environmental Footprint – méthode de la Commission européenne pour mesurer les impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie d’un produit), enrichie de quatre compléments hors ACV construits pour mieux intégrer la biodiversité : haies, taille des parcelles, diversité culturale, prairies.
L’outil de calcul central est Ecobalyse, adossé à Agribalyse – base de données publique cogérée par l’Ademe et l’Inrae depuis 2009, qui recense les impacts environnementaux de plusieurs milliers d’aliments selon une méthodologie ACV scientifiquement validée. Sa robustesse tient à ce double ancrage institutionnel et à dix-sept ans d’enrichissement continu. Sa contrainte tient à sa nature même : des données de référence moyennées par catégorie de produit, non les données réelles de chaque producteur.
Les évolutions de la version actuelle sont substantielles : 200 solutions d’emballage intégrées, 1 000 ingrédients déclinés par origine (France, UE, hors UE, bio). La méthode permet désormais de calculer des scores différenciés selon les modes de production (bio, origine France, etc.), là où une même catégorie de produits se voyait précédemment attribuer une valeur unique. C’est précisément cette granularité croissante qui rend d’autant plus nécessaire une validation rigoureuse des données sous-jacentes – les scores différenciés n’ayant de valeur que si les hypothèses de calcul sont robustes et partagées.
La méthode distingue trois niveaux de précision croissante : le niveau 1 (données moyennes, approche simplifiée, seul niveau opérationnel à grande échelle), les niveaux 2 et 3 (données spécifiques entreprises, avec vérification par tierce partie pour le niveau 3 – référentiel encore en construction à l’Ademe).
Des points restent ouverts : transport aérien sous-estimé, données de transformation insuffisantes, intégration des labels environnementaux (bio, HVE…) à préciser, convergence avec le PEF 4.0 européen à construire. La réglementation française n’est, elle, pas encore fixée.
SOURCE : ILEC – La Voix des marques.


