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PARIS : Contester les technosciences, leurs réseaux

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Floriane Dumont
1 Mai 2024

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PARIS : Contester les technosciences, leurs réseaux

Les exemples de protestation contre les évolutions technologiques sont quotidiens.

La pluralité des actions de contestation des technosciences est largement due à l’apparition de nouveaux modes de communication et à l’émergence d’un tissu associatif devenu plus large et moins soumis au poids du politique. Néanmoins, malgré l’inscription indéniable de ce courant dans les nouvelles modalités du militantisme, ses origines sont anciennes et complexes. Sylvain Boulouque analyse ainsi les réseaux qui constituent ce mouvement de contestation contemporain.

Cette mouvance est héritière du courant anti-industriel né au début du XIXe siècle, en grande partie incarné par le luddisme et le chartisme. Elle a ensuite été enrichie par le mouvement antinucléaire – notamment incarné par l’avènement de Greenpeace – et par la conversion d’une partie de la gauche marxiste à l’écologie. Pour finir, c’est l’altermondialisme, formé à la suite de la chute du mur de Berlin, qui a constitué la troisième matrice du réseau disparate, mais structuré, des « anti ».

Ce solide courant est à la confluence de deux réseaux militants historiques : les « chrétiens progressistes » d’un côté, et les tiers-mondistes de l’autre. L’Association pour la taxation des transactions financières pour l’aide au citoyen (ATTAC) est un des fruits de cette convergence. Ce réseau « anti » est aujourd’hui formé d’associations qui se complètent, agissent de manière coordonnée et possèdent des appuis extérieurs importants dans les médias, l’édition ou le monde intellectuel.

Dans les faits, les technologies les plus incriminées sont aujourd’hui les OGM (organismes génétiquement modifiés), les nanotechnologies et les ondes électromagnétiques émises par les antennes relais. La dénonciation de ces innovations prend des formes diverses : destructions de plants génétiquement modifiés, organisations de meetings pour dénoncer les nanotechnologies, stratégies de lobbying locales pour contrer l’implantation d’antennes relais, etc.

Sylvain Boulouque,

Historien, enseignant dans le secondaire et chargé de cours à l’université.

SOURCE : Fondation pour l’innovation politique – La Newsletter du 30 avril 2024