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PARIS : Conflits d’entreprise – La médiation s’impose comme un levier de performance stratégique

Le 15ème baromètre du Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris révèle que la médiation est un outil de gestion privilégié par les entreprises.

Le Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris (CMAP) a publié la 15ème édition de son baromètre annuel, dressant un état des lieux de la résolution amiable des conflits pour l’année 2025. Avec 3 221 dossiers enregistrés, dont 455 concernant les entreprises, l’étude confirme que la médiation s’est durablement installée comme un outil stratégique pour gérer les tensions, préserver les relations d’affaires et maîtriser les coûts dans un contexte économique exigeant.

Barometre 2025 VDEF

Contrats, gouvernance et trésorerie : les litiges au cœur de l’activité

Le baromètre 2025 du CMAP met en lumière une cartographie précise des frictions qui traversent les organisations. Avec 455 dossiers de médiation entre entreprises, un chiffre stable par rapport aux 451 de 2024, la pratique est désormais ancrée dans les usages. L’inexécution ou la rupture de contrats constitue la première source de litiges (32 %), suivie par les conflits sociaux (22 %), les désaccords entre associés (13 %) et les impayés (9 %).

Ces chiffres montrent que les différends dépassent largement le cadre juridique pour impacter directement les équipes, les projets et la continuité de l’activité. Les secteurs les plus représentés sont la construction, l’immobilier et l’urbanisme, qui concentrent 25 % des dossiers, devant la finance-assurance (14 %) et les services aux entreprises et l’informatique (9 % chacun).

Les enjeux financiers cumulés pour ces médiations s’élèvent à 404,5 millions d’euros en 2025. Loin de ne concerner que les grands groupes, la médiation s’adresse à tous types de litiges : 45 % des dossiers portent sur des montants inférieurs à 150 000 euros, tandis que 8 % dépassent 5 millions d’euros.

Efficacité, rapidité et coût maîtrisé

La recherche d’une solution pragmatique et efficace reste le principal moteur du recours à la médiation. La durée moyenne d’une médiation au CMAP est de 12 heures, pour un coût moyen de 7 000 euros à partager entre les parties. Le taux de succès est notable, avec 60 % des médiations qui aboutissent à un accord. Ces indicateurs démontrent la maturité d’une pratique capable d’apporter des solutions concrètes dans des délais resserrés.

« Ce que montre notre baromètre, c’est que les entreprises ne viennent pas seulement chercher une solution juridique, mais une sortie praticable à une situation qui mobilise du temps, de l’énergie, parfois de la trésorerie, et qui peut abîmer une relation utile à leur activité. La médiation permet de remettre de la méthode là où le conflit a souvent créé du désordre. C’est en cela qu’elle devient un véritable outil de direction », souligne Sophie Henry, déléguée générale du CMAP.

Signe de cette maturité, 64 % des dossiers sont des médiations conventionnelles, initiées par les entreprises elles-mêmes avant toute procédure judiciaire. Dans 80 % des cas, la saisine est unilatérale, une partie prenant l’initiative pour inviter l’autre à dialoguer dans un cadre sécurisé par le CMAP.

L’arbitrage, une justice privée pour les dossiers sensibles

En parallèle de la médiation, l’arbitrage offre une alternative pour trancher des différends économiques complexes dans un cadre confidentiel et spécialisé. En 2025, le CMAP a traité 14 dossiers d’arbitrage, représentant 276,8 millions d’euros d’enjeux. La durée moyenne pour obtenir une sentence est de 16,1 mois. L’arbitrage est particulièrement plébiscité pour les litiges à forte technicité ou à dimension internationale (21 % des cas).

« L’arbitrage est souvent choisi lorsque le litige touche à des sujets très structurants pour l’entreprise comme une acquisition, un contrat industriel ou une relation avec un investisseur. […] Le choix des arbitres, du droit applicable, du siège et de la langue de la procédure permet alors d’éviter qu’un désaccord commercial ne se double d’une incompréhension juridique », explique Sophie Henry.

Une politique nationale qui conforte les solutions amiables

Les données du CMAP s’inscrivent dans une dynamique nationale de promotion des modes amiables de résolution des différends. Le décret du 18 juillet 2025 a ainsi renforcé leur place dans le parcours judiciaire. Plus récemment, le Conseil National de la Médiation (CNM) a remis, le 16 avril 2026, un rapport formulant 75 recommandations pour améliorer la qualité et la lisibilité de la médiation, insistant sur la nécessité de mieux mesurer le coût global de la conflictualité pour les entreprises, au-delà des seuls frais de justice.

L’intégralité du baromètre 2025 est disponible en ligne (https://www.dropbox.com/scl/fo/vflv774bn39w4cykt0n5r/AGDrKcbwFu6nUNy4td04GVI?rlkey=0tjbl1yi3o9n002imj3p9iqhc&dl=0).

À propos du CMAP

Fondé en 1995 par la CCI Paris Île-de-France, le CMAP est un acteur de référence dans les modes alternatifs de résolution des conflits.

Le Centre continue de promouvoir les bénéfices de la médiation et de l’arbitrage auprès des entreprises, juristes, avocats, magistrats et étudiants, avec l’ambition de développer le nombre de dossiers traités.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).