PARIS : Baromètre politique – Le pessimisme économiqu…
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PARIS : Baromètre politique – Le pessimisme économique fait chuter Macron à un an de la présidentielle
Un sondage Ipsos révèle une forte anxiété économique, une chute de popularité d’Emmanuel Macron et une avance de l’extrême droite.
À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, le climat économique et social pèse lourdement sur le moral des Français et rebat les cartes du paysage politique. Selon le baromètre Ipsos bva réalisé pour CESI École d’ingénieurs et La Tribune Dimanche, mené du 5 au 7 mai, un profond pessimisme s’est installé dans le pays, sanctionnant directement l’exécutif et plaçant le duo du Rassemblement National en tête des personnalités politiques les plus attendues.
Une France en proie à l’inquiétude économique
Le pouvoir d’achat reste la préoccupation numéro un pour près d’un Français sur deux (49%), bien que ce chiffre enregistre une légère baisse de 3 points. Il devance désormais l’avenir du système social (41%, +3 points) et, de manière plus marquée, le niveau de la dette et des déficits publics (30%, +5 points), signe d’une anxiété croissante sur la solidité du modèle français.
Ce sentiment se traduit par un pessimisme quasi unanime. Une écrasante majorité de sondés se déclare pessimiste quant à la situation économique mondiale (88%, en hausse de 6 points depuis février 2026) et nationale (91%, +3 points). Plus préoccupant encore, cette morosité atteint désormais la sphère personnelle, avec 69% des Français se disant pessimistes pour leur propre situation (+3 points). Cette perception négative se projette également sur l’avenir : 84% des personnes interrogées anticipent une détérioration de leur pouvoir d’achat, 83% une aggravation de l’inflation et 82% une augmentation de la dette publique.
La popularité de l’exécutif en berne
Dans ce contexte anxiogène, la cote de popularité d’Emmanuel Macron subit un nouveau recul. Le chef de l’État ne recueille plus que 21% d’opinions favorables, soit une baisse de 2 points par rapport à avril, tandis que le taux de mécontentement grimpe à 75% (+2 points). À l’inverse, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, voit sa popularité progresser très légèrement pour atteindre 28% d’opinions favorables (+1 point).
La présidentielle de 2027 en ligne de mire
Alors que les candidatures pour 2027 se déclarent, les intentions de vote mesurées en termes de satisfaction placent Jordan Bardella (34%) et Marine Le Pen (33%) en tête. Derrière ce duo, le Premier ministre Gabriel Attal connaît une progression notable avec 24% (+5 points en un mois), creusant l’écart avec Édouard Philippe, qui recule à 22% (-4 points) après une forte hausse le mois précédent. À gauche, l’ancien président François Hollande se positionne comme la première personnalité, recueillant 18% de satisfaction potentielle (+2 points).
Jean-Luc Mélenchon, un facteur de division à gauche
La récente déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon est analysée en détail par l’étude. Le leader de La France Insoumise recueillerait la satisfaction de 16% des Français en cas de victoire (+1 point), mais susciterait le mécontentement de 69% d’entre eux (+3 points). Il est majoritairement perçu comme un handicap (70%) plutôt qu’un atout (18%) pour une victoire de la gauche. Ce constat est partagé par les sympathisants de gauche eux-mêmes (55% le jugent un handicap, contre 39% un atout). Si les électeurs insoumis le plébiscitent (83%), ceux des Écologistes (21%) et du Parti Socialiste (14%) sont beaucoup plus sceptiques.
Ses principaux atouts reconnus sont ses talents d’orateur (60%) et son expérience (41%). Ses handicaps, en revanche, sont jugés rédhibitoires par une large part de l’électorat, y compris à gauche : son agressivité (64% au total, 55% à gauche) et ses propos polémiques (60% au total, 52% à gauche). Les sympathisants de gauche y ajoutent un troisième frein majeur : ses difficultés à rassembler le reste de la gauche (51%).
L’ensemble des résultats du baromètre est disponible sur le site d’Ipsos
via Press Agence.


