
PARIS : Autriche, virage à droite
Les élections législatives du 15 octobre 2017 apparaissent comme un tournant majeur dans l’histoire du système politique autrichien.
Sebastian Kurz est appelé à devenir le plus jeune dirigeant au monde à la suite de la victoire de son parti, la Liste Kurz, avec 31,5% des voix.
L’annonce par le dirigeant conservateur et le FPÖ de l’ouverture de négociations pour la formation d’une coalition de gouvernement signifie un retour possible de l’extrême droite à la cogestion du pouvoir, une première depuis dix-sept ans. Les sociaux- démocrates du chancelier sortant, Christian Kern, sont arrivés en deuxième position avec 26,9% des voix et l’extrême droite du FPÖ troisième avec 25,9%. Cette dernière, qui souhaitait devenir la seconde force politique du pays, a certes connu une désillusion relative, mais compensée par l’annonce des négociations pour participer au prochain gouvernement.
En quelques mois seulement, Sebastian Kurz, surnommé Wunderwuzzi («l’enfant prodige»), a donc pris la tête d’un parti à bout de souffle, l’ÖVP, a repeint sa façade – exit le noir, ancienne couleur du parti, remplacé par du bleu turquoise – et lui a donné un nouveau nom. Il a également été à l’initiative des élections législatives anticipées avant de les remporter.
La présente note a pour objectif d’analyser les résultats de l’élection au Conseil national du 15 octobre 2017, tout en s’interrogeant sur les raisons ayant abouti à cette redistribution des cartes dans le paysage politique autrichien.
Patrick Moreau,
Docteur en histoire et docteur d’État en sciences politiques (FNSP), chercheur au CNRS au laboratoire Dynamiques Européennes de l’Université de Strasbourg.
SOURCE : Fondation pour l’innovation politique – La Newsletter du 29 février 2024

