Passer au contenu principal

PARIS : Automobile européenne, c’est le crash final !

Partager :

PARIS : Automobile européenne, c’est le crash final !

En France depuis les années 80, la disparition progressive de grands secteurs industriels (textile, sidérurgie, électroménager, l’habillement) semble inéluctablement se répéter aujourd’hui avec l’industrie automobile.

L’ouverture du marché européen à des technologies non maîtrisées, imposées rapidement, a fragilisé la filière hexagonale. Les normes environnementales, trop ambitieuses, ont engendré des coûts importants et contribué au vieillissement du parc automobile tout en affaiblissant la compétitivité industrielle

La transition vers le véhicule électrique (beaucoup trop cher), menée de façon précipitée, s’est traduite par une destruction d’emplois et une dépendance accrue aux batteries étrangères, faute d’investissements dans une filière européenne. Et, les politiques de soutien à l’achat ont bénéficié à des acteurs extérieurs (chinois principalement), au détriment de l’industrie locale. Comme ce fut le cas pour la filière des panneaux photovoltaïques.

Plus grave encore car les choix politiques vont aggraver la situation, avec à la clé des pertes d’emplois significatives et une paupérisation de la population liée à la hausse des prix des biens essentiels.

Enfin, les producteurs installés hors de l’Europe poursuivent leur développement sans subir les contraintes environnementales ce qui accentue d’autant plus la fragilité du secteur industriel européen.

Ainsi, le Chancelier d’Allemagne s’est rendu à Bruxelles pour décrocher l’abandon de l’échéance de 2035 pour les moteurs thermiques et il défend, désormais, cette technologie face à l’essor de l’électrique.

Il faut dire que la baisse des ventes de voitures allemandes, tant en Europe qu’à l’international, a de quoi inquiéter. Les marques chinoises (MG, BYD et Xpeng) dominent le marché de l’électrique, plaçant les constructeurs occidentaux au second plan.

Dans le même temps, le segment thermique reste très prisé par une clientèle âgée.

La Chine concurrence l’Allemagne sur son propre territoire et en Chine, mettant en difficulté les constructeurs allemands. Par ailleurs, les taxes douanières américaines affectent les exportations allemandes, principalement de véhicules premium, entraînant des pertes financières importantes.
Le secteur automobile allemand, premier employeur privé du pays avec 800 000 emplois, est fragilisé. Plusieurs équipementiers et constructeurs annoncent des suppressions massives de postes : Bosch, ZF, Continental, Volkswagen, BMW et Mercedes sont concernés. Selon un rapport Ernst & Young, 50 000 emplois ont été perdus l’an dernier et la situation pourrait empirer en 2025.
L’Union européenne a fixé à 2035 l’échéance à partir de laquelle seuls les véhicules neufs « zéro émission » pourront être commercialisés. Si la France soutient l’échéance européenne, elle plaide, avec l’Espagne, pour une application flexible afin de préserver la compétitivité de la filière automobile en cas de faible demande.

Enfin, la France réaffirme son ambition de devenir une nation leader du véhicule électrique, avec un objectif de 800 000 ventes annuelles d’ici 2027. Mais à quel prix pour l’emploi ?

Bernard BERTUCCO VAN DAMME (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR).