PARIS : Romain Léger : « Les patients font confiance à leur…
Partager :

PARIS : Romain Léger : « Les patients font confiance à leur médecin, mais veulent plus d’écoute »
Un baromètre Orisha Healthcare révèle la confiance des Français envers leurs médecins, mais aussi les tensions d’un système de santé en crise.
La relation entre les Français et leurs médecins demeure un pilier solide du système de santé, mais elle est mise à rude épreuve par des difficultés d’accès aux soins croissantes et de nouvelles attentes des patients. C’est le constat principal de la deuxième vague du baromètre Orisha Healthcare, réalisée par OpinionWay et publiée ce mardi 19 mai 2026. L’étude met en lumière un paradoxe frappant : une confiance quasi unanime envers le corps médical cohabite avec le sentiment d’un système sous tension, où le manque de temps et l’arrivée de l’intelligence artificielle redéfinissent les contours de la consultation.
Une confiance massive face à un accès aux soins dégradé
Les chiffres témoignent d’un attachement profond à la médecine de proximité. Selon l’enquête, 95 % des Français jugent leur relation avec leur médecin généraliste bonne, un chiffre qui atteint 96 % pour les médecins spécialistes. Du côté des praticiens, le plébiscite est total : 100 % des médecins interrogés déclarent entretenir une bonne relation avec leur patientèle.
Cependant, cette confiance se heurte à un obstacle majeur : la disponibilité médicale. Près de 82 % des patients estiment qu’il est aujourd’hui difficile de trouver un médecin disponible, une statistique qui incarne la progression des déserts médicaux sur tout le territoire. Cette tension sur l’accès aux soins a des conséquences directes sur la perception de la consultation. Ainsi, 65 % des patients ont le sentiment que les médecins prennent moins de temps qu’auparavant pour expliquer les symptômes, et une proportion identique se sent devenir « un patient parmi d’autres ».
La relation, bien que solide, tend à se déshumaniser aux yeux de nombreux Français.
La pression s’accentue sur les professionnels de santé
Ce sentiment est le reflet d’une pression bien réelle subie par les médecins. Huit praticiens sur dix (82 %) constatent une augmentation des exigences de leurs patients au cours des cinq dernières années. Interrogés sur les facteurs ayant un impact négatif sur la relation, ils citent en premier lieu la charge de travail (77 %), suivie du nombre élevé de patients à prendre en charge (54 %). Le temps consacré aux démarches administratives et de remboursement est également pointé du doigt par un médecin sur deux (50 %). Ces contraintes pèsent lourdement sur la qualité du temps médical et sur la capacité d’écoute des professionnels.
Quand la confiance n’exclut plus le doute
Le baromètre révèle une autre évolution majeure : l’émergence d’un patient plus actif et plus critique. Si la confiance est la norme, elle n’exclut plus le doute pour une large majorité. En effet, 79 % des patients expriment au moins une forme de scepticisme médical. Dans le détail, 36 % admettent ne pas toujours suivre à la lettre les recommandations de leur médecin, 33 % avouent douter parfois de la fiabilité d’un diagnostic, et 23 % cherchent un deuxième avis médical. Ce phénomène ne traduit pas une défiance, mais plutôt la volonté d’être un acteur éclairé de son propre parcours de soin.
L’intelligence artificielle, entre outil prometteur et enjeu de transparence
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé représente une transformation d’envergure. Les médecins se montrent optimistes quant à son potentiel technique : 68 % pensent que l’IA aura un impact positif sur la qualité des diagnostics, 65 % sur la réduction des erreurs médicales et 55 % sur la personnalisation des traitements.
Toutefois, ils sont beaucoup plus réservés sur ses implications relationnelles. Seuls 29 % anticipent un impact positif de l’IA sur la relation médecin-patient, tandis que 51 % craignent au contraire une dégradation. Les patients partagent cette vigilance et posent des conditions claires : 74 % exigent d’être systématiquement informés de l’utilisation de l’IA par leur médecin, et 71 % souhaitent pouvoir refuser son usage. L’IA est perçue comme une aide précieuse, à condition qu’elle ne se substitue pas à la parole et au jugement humain.
L’écoute, clé de voûte de la médecine de demain
Pour les auteurs de l’étude, ces résultats appellent à repenser la consultation pour y réintroduire plus de dialogue et de pédagogie. « Ce nouveau baromètre annuel montre que la relation patient-médecin reste profondément solide, mais qu’elle entre dans une nouvelle phase. Les patients font confiance à leur médecin, mais ils veulent davantage d’écoute, de temps, d’explication et de transparence, notamment lorsque l’intelligence artificielle intervient dans leur parcours de soin. L’enjeu n’est pas d’opposer technologie et relation humaine, mais de faire en sorte que les outils numériques redonnent du temps, de la clarté et de la confiance au cœur de la consultation », analyse Romain Léger, CEO d’Orisha Healthcare.
Finalement, plus qu’une crise de confiance, l’enquête dépeint une profonde mutation des attentes. Les patients recherchent désormais un partenariat avec leur médecin, fondé sur la compréhension mutuelle et des décisions partagées.
***
Méthodologie de l’enquête
L’étude a été réalisée en ligne par OpinionWay pour Orisha Healthcare du 8 au 15 avril 2026. Elle a été menée auprès d’un échantillon de 1 014 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et d’un échantillon de 200 médecins (100 généralistes et 100 spécialistes) exerçant en France.
