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PARIS : Au Jeu de Paume, Faim de Résistance, de la série Ca…

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PARIS : Au Jeu de Paume, Faim de Résistance, de la série Carte de la faim sans fin

Ce projet qui vise à regarder la faim comme un possible désir de résistance a été conçu en 2019 en collaboration avec des femmes Kayapó du village de Pukany, dans le territoire de Menkragnoti au sud du Pará, dans l’Amazonie brésilienne.

Profondément intéressé par l’histoire politique, culturelle et identitaire de son pays, Jonathas de Andrade revisite des traditions populaires, des images vernaculaires, des textes de référence dans les domaines des sciences sociales.

Il recompose ainsi un récit personnel sur le passé, invitant à la réflexion sur des thèmes universels tels que le racisme, la classe sociale, le travail et la nature de l’oppression. En même temps, il articule sa critique d’un point de vue local en situant ses œuvres dans le contexte du Nord-Est brésilien, sa région natale.

Les projets de Jonathas de Andrade nous proposent des éclairages pour mieux comprendre la persistance des problèmes sociaux au Brésil et en Amérique latine, où la modernité démontre inlassablement la perpétuation de la condition coloniale.

Jonathas de Andrade a invité un groupe de femmes kayapó à intervenir sur des cartes historiques de son territoire délimité et protégé par la loi, réalisées par le Sudene (superintendance du développement du nord-est) et l’armée brésilienne au cours des années 1970 et 1990. Dans la superposition d’un dessin sur l’autre, la culture Kayapó incarnée dans les dessins à l’encre, reprend la totalité de l’espace de la carte, dépassant les frontières officielles.

Ces cartes couvertes de traits à l’encre noir proposent une conversation, une friction entre deux types de dessins et de conceptions du monde : le dessin occidental, représenté par la carte physique et politique, délimite le territoire à mesurer et à explorer ; le dessin indigène, représenté par un geste de la main, l’encre et le trait, amène aux traditions autochtones où l’environnement fait partie d’un tout qui ne peut pas être limité et dont l’humain n’est qu’un habitant parmi d’autres. Les diptyques associent les portraits des mains de chaque femme peintre pour souligner ainsi un savoir-faire traditionnel et un geste collectif de résistance avec la carte sur laquelle elles ont tracé des dessins. La force réside dans le geste collectif transmis de génération en génération et ineffaçable.

Source : Jonathas de Andrade cet été au Château de Tours.