PARIS : Protoxyde d’azote, un fléau aussi écologique
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PARIS : Protoxyde d’azote, un fléau aussi écologique
Franck Vernin, Maire du Mée-sur-Seine (77), Président de la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine et Président du Smitom-Lombric.
Je constate chaque jour l’ampleur prise par le protoxyde d’azote sur nos territoires. Derrière ce que certains appellent encore le “gaz hilarant”, il y a une réalité beaucoup moins légère : un fléau sanitaire, environnemental et financier que les collectivités locales subissent de plein fouet.
Dans nos rues, nos parkings, nos espaces publics et nos déchèteries, les bonbonnes se multiplient. Leur consommation détournée touche de plus en plus de jeunes, avec des conséquences neurologiques parfois dramatiques. Mais ce que l’on sait moins, c’est que ces bouteilles deviennent aussi de véritables bombes lorsqu’elles finissent dans les déchets ménagers.
Dans les centres de tri et les unités de valorisation énergétique, elles explosent sous l’effet de la chaleur, provoquant incendies, arrêts d’installations et dégâts majeurs sur des équipements industriels essentiels au service public. Au Smitom-Lombric, syndicat mixte intercommunal de traitement des ordures ménagères de Seine-et-Marne regroupant 63 communes, soit 317 258 habitants, nous faisons face à six explosions en moyenne chaque semaine dans notre unité de valorisation énergétique, dont plus d’un quart entraîne des arrêts temporaires des lignes de four. Chaque année, ce sont également 4 000 à 5 000 bouteilles de protoxyde d’azote qui doivent être retirées manuellement du process de tri des emballages afin d’éviter des dégâts majeurs sur les équipements et des risques pour la sécurité des agents. À l’échelle nationale, la filière déchets estime le coût entre 15 et 20 millions d’euros par an.
Ce sont aujourd’hui les communes, les intercommunalités et les syndicats de traitement qui assument seuls ces conséquences. Ce sont aussi nos agents, sur le terrain, qui travaillent chaque jour avec ce risque permanent.
Nous ne pouvons plus nous contenter de gérer les conséquences sans agir sur les causes. L’État doit prendre pleinement la mesure du problème : renforcer l’encadrement de la vente en ligne, instaurer une véritable responsabilité des producteurs et soutenir financièrement les collectivités confrontées à cette crise.
Le protoxyde d’azote n’est plus un sujet marginal. C’est désormais un enjeu de santé publique, de sécurité industrielle et de protection du service public local.
SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.

