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PARIS : Antony DERBES : « L’enregistrement financier…

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PARIS : Antony DERBES : « L’enregistrement financier entre dans l’ère de la preuve »

Dans une tribune, le président d’Open Lake Technology analyse comment MiFID III force le secteur financier à passer de l’enregistrement à la preuve en temps réel.

Pour Antony Derbes, Président d’Open Lake Technology, la nouvelle directive européenne sur les marchés d’instruments financiers, MiFID III, n’est pas une simple mise à jour réglementaire. Dans une tribune publiée ce mardi 5 mai 2026, il la décrit comme une réforme qui « reconfigure les rapports de force » dans le secteur financier, marquant la fin de la tolérance envers des infrastructures d’enregistrement jugées approximatives. Ce qui relevait hier de la conformité devient, selon lui, un enjeu stratégique majeur, voire une question de survie pour certains acteurs.

De la conservation à la preuve en temps réel

L’expert explique que si MiFID II se contentait d’imposer l’enregistrement et la conservation des données, MiFID III va bien plus loin. La nouvelle réglementation exige désormais de « prouver, tracer, restituer et analyser avec une précision quasi immédiate ». Ce changement de paradigme, qualifié de « brutal » par Antony Derbes, signifie que les régulateurs attendent une lisibilité des opérations en temps réel, et non plus une simple vérification a posteriori. Selon lui, l’enregistrement cesse d’être une fonction support pour devenir un « actif critique » nécessitant une refonte profonde des systèmes : qualité des données, intégrité des flux et accessibilité instantanée deviennent des impératifs.

Une dette technologique devenue risque réglementaire

Face à cette exigence, Antony Derbes dresse un constat sévère : « la majorité des systèmes en place n’ont pas été conçus pour ce niveau d’exigence ». Il pointe du doigt la fragmentation des outils, les silos de données et la rigidité des solutions héritées. Cette « dette technologique », accumulée au fil des années, se transforme aujourd’hui en un « passif réglementaire » direct. Pour le président d’Open Lake Technology, MiFID III agit comme un révélateur : les institutions financières qui se contenteront de solutions palliatives s’exposeront non seulement à des sanctions, mais aussi à une perte de compétitivité majeure face à des concurrents mieux préparés.

L’enregistrement comme levier, pas comme coût

Antony Derbes propose une lecture « offensive » de la directive. Plutôt que de subir la contrainte, il suggère de la transformer en avantage concurrentiel. Un système d’enregistrement maîtrisé peut, selon lui, devenir un puissant « moteur d’intelligence opérationnelle ». En analysant finement les interactions avec les clients ou en détectant des signaux faibles, les données collectées à des fins de conformité peuvent permettre d’optimiser les processus internes et de créer de la valeur. Pour y parvenir, il préconise une architecture technologique repensée, fondée sur un écosystème cohérent intégrant cloud sécurisé, automatisation avancée et intelligence artificielle appliquée à la conformité.

Un choix de leadership

En conclusion, l’auteur estime que les dirigeants du secteur financier font face à une « bifurcation claire » : soit subir MiFID III en investissant dans des « rustines », soit s’en servir comme d’un « catalyseur » pour repenser leur modèle. « Dans chaque grande phase de mutation réglementaire, ce ne sont pas les plus grands qui s’imposent, ce sont les plus rapides à transformer la contrainte en avantage », rappelle-t-il. Il conclut en affirmant que la maîtrise de l’enregistrement est en train de devenir l’un des « piliers invisibles de la confiance financière ».

Open Lake Technology (https://www.open-lake.com), l’entreprise qu’il préside, a été fondée en 2018 et développe une suite logicielle pour aider les institutions financières à répondre aux besoins de conformité IT et de supervision de leurs communications unifiées.