PARIS : Anne LE HENANFF : « Mieux comprendre, mieux anticip…
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PARIS : Anne LE HENANFF : « Mieux comprendre, mieux anticiper et mieux décider »
L’IGN, le Cerema, Inria et 1Spatial France lancent JUNN, un programme à 40 M€ financé par France 2030 pour simuler l’avenir des territoires.
L’État annonce ce lundi 13 avril 2026 le lancement officiel du programme JUNN (Jumeaux Numériques Nationaux), une initiative stratégique visant à doter la France d’une réplique virtuelle et dynamique de ses territoires. Porté par un consortium d’acteurs publics et privés de premier plan, dont l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), le Cerema, Inria et la société 1Spatial France, ce projet a pour ambition de fournir des outils souverains pour visualiser, simuler et anticiper les évolutions du pays, notamment face au changement climatique.
Les jumeaux numériques sont des modèles virtuels qui permettent de tester des scénarios complexes, d’anticiper des crises et d’optimiser les politiques publiques. Qu’il s’agisse d’évaluer l’impact d’un nouvel aménagement sur les risques d’inondation, d’anticiper les îlots de chaleur en milieu urbain ou de planifier le déploiement d’énergies renouvelables, JUNN doit offrir une aide à la décision plus fine et proactive pour les collectivités et les acteurs publics.
Un investissement stratégique de 40 millions d’euros
Le programme JUNN représente un investissement total de près de 40 millions d’euros sur trois ans. Il bénéficie d’un soutien majeur de l’État à hauteur de 25 millions d’euros dans le cadre du plan France 2030, opéré par la Banque des Territoires. Cet engagement financier souligne la volonté de renforcer la souveraineté technologique nationale et de structurer une filière industrielle dédiée.
« Ce projet de jumeau numérique de la France nous donnera la capacité de mieux comprendre, mieux anticiper et mieux décider », a déclaré Anne Le Henanff, ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. « Avec JUNN, nous construisons un outil stratégique au service de la planification écologique, de la résilience des territoires et de la compétitivité économique ».
Cet outil est perçu comme essentiel pour la transition écologique. « Face au défi climatique, nous ne pouvons plus piloter nos territoires avec les outils d’hier. Nous faisons le choix de la science, de la donnée, de l’innovation », a ajouté Mathieu Lefevre, ministre chargé de la Transition écologique. Pour Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en charge de France 2030, ce projet est « une boussole dont nous avons besoin plus que jamais pour naviguer le changement dans un monde en perpétuelle évolution ».
Une « Équipe de France » de plus de 200 acteurs
Le succès de JUNN repose sur une collaboration large et structurée. Le consortium de 14 partenaires réunit des expertises variées, allant des données spatiales (CNES) à la modélisation des sols (BRGM), en passant par l’intégration assurée par 1Spatial France. Mais au-delà de ce noyau, le programme s’appuie sur une « Équipe de France des jumeaux numériques de territoires », forte de plus de 200 acteurs (collectivités, PME, start-ups, bureaux d’études, instituts de recherche) qui ont manifesté leur intérêt dès 2024. Cette dynamique collective vise à mutualiser les savoir-faire et à garantir que les outils développés répondent aux besoins réels du terrain.
Des applications concrètes pour les collectivités
Le programme se concentrera sur des cas d’usages prioritaires pour les territoires. Il s’agit par exemple d’aider les villes à aménager durablement leur espace, de renforcer la résilience face aux risques naturels (recul du trait de côte, inondations), d’optimiser l’offre de mobilité ou encore de mieux gérer les ressources naturelles comme les forêts et l’eau.
Un exemple concret est l’aide au déploiement des énergies renouvelables. JUNN permettra aux collectivités de réunir dans un même environnement des données sur le potentiel solaire ou éolien, les contraintes environnementales, les règles d’urbanisme et la disponibilité du foncier, facilitant ainsi une prise de décision éclairée.
Pour les collectivités ne disposant pas encore de jumeau numérique, JUNN abaissera les barrières à l’entrée en offrant un accès clé en main à des services de premier niveau. Celles déjà équipées pourront enrichir leurs outils avec de nouvelles fonctionnalités sans repartir de zéro, grâce à un socle technologique ouvert et interopérable.
Un socle technique ouvert et une feuille de route sur trois ans
La première phase du programme (2026-2029) consiste à développer un socle technique commun, souverain et ouvert. Il s’agira d’une « boîte à outils » composée de briques logicielles, de standards de données et d’interfaces (API) qui permettront de réduire les coûts et de réutiliser facilement les solutions d’un territoire à l’autre.
Le développement démarre dès ce mois-ci avec la production des premiers jeux de données 3D sur des territoires pilotes comme les Alpes-Maritimes, la Charente-Maritime, la Gironde et l’Ille-et-Vilaine. Les premières applications opérationnelles sont attendues d’ici la fin de l’année 2026, avant une phase d’exploitation à grande échelle à partir de 2029.
Toutes les informations relatives au programme sont disponibles sur le site officiel : https://www.junn-france.fr


