PARIS : Santé mentale – La plongée sous-marine, un le…
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PARIS : Santé mentale – La plongée sous-marine, un levier de bien-être pour les jeunes
Une étude européenne inédite révèle les bienfaits de la plongée sous-marine sur le bien-être psychologique des jeunes adultes.
À l’heure où la santé mentale des jeunes s’impose comme un défi de santé publique majeur en Europe, une nouvelle piste thérapeutique émerge des profondeurs. Le projet européen ONE HEALTH UNDERWATER a dévoilé, le 7 mai dernier à l’occasion de la Semaine européenne de la santé mentale, les premiers résultats d’une enquête internationale d’envergure. Le constat est clair : la pratique de la plongée sous-marine est associée à un meilleur bien-être psychologique chez les 18-29 ans, offrant un signal positif dans un contexte général préoccupant.
Un projet européen pour sonder les liens entre océan et psyché
Initié et financé par le programme Erasmus+, le projet ONE HEALTH UNDERWATER est le fruit d’une collaboration entre des acteurs de premier plan : la Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins (FFESSM), l’organisation de sécurité en plongée DAN Europe et la Haute École Bruxelles-Brabant (HE2B). L’ambition de cette initiative est d’étudier de manière scientifique le potentiel de la plongée comme outil au service du bien-être des jeunes, en croisant les dimensions de la recherche, de l’inclusion sociale, de la conscience environnementale et de la santé. Cette approche innovante s’appuie sur les multiples facettes de l’activité : un exercice physique modéré, une immersion totale dans un environnement naturel apaisant, une maîtrise indispensable de la respiration, un état de concentration intense et une forte dimension sociale.
Une méthodologie scientifique d’envergure
Pour obtenir des données fiables, les partenaires du projet ont déployé l’un des dispositifs d’enquête les plus complets jamais réalisés dans le domaine. Un questionnaire de 176 questions, fondé sur plusieurs échelles scientifiques validées internationalement, a été diffusé en six langues. Au total, 1 669 plongeurs âgés de 18 à 29 ans y ont répondu. L’étude a délibérément ciblé des pratiquants réguliers afin d’évaluer l’impact d’un engagement durable dans l’activité. Les chiffres révèlent en effet un profil de passionnés : plus de la moitié des répondants plonge au moins une fois par mois. Parmi eux, 77 % pratiquent la plongée en scaphandre autonome (plongée bouteille), tandis que 21 % combinent cette discipline avec l’apnée, une pratique exigeant une maîtrise encore plus poussée du corps et de l’esprit.
Un signal d’espoir face à une tendance inquiétante
Les résultats consolidés de l’enquête ONE HEALTH UNDERWATER prennent un relief particulier lorsqu’ils sont mis en perspective avec les indicateurs européens. Selon des données récentes de l’OCDE, la santé mentale des jeunes ne cesse de se dégrader, marquée par une progression de l’anxiété, des troubles du sommeil, de l’irritabilité et des épisodes dépressifs. Or, l’étude dessine un profil psychologique nettement différent chez les jeunes plongeurs interrogés. Leurs réponses témoignent d’un niveau de bien-être général plus élevé et d’une meilleure résilience face au stress, suggérant que l’activité subaquatique pourrait constituer un véritable rempart contre la détérioration de la santé mentale.
Les vertus thérapeutiques de l’immersion
Plusieurs facteurs expliquent ce potentiel. La plongée impose une régulation de la respiration lente et profonde, une technique au cœur des pratiques de méditation et de gestion du stress comme la pleine conscience. L’état de concentration requis pour gérer son équipement, sa flottabilité et son orientation sous l’eau force l’esprit à se focaliser sur l’instant présent, laissant peu de place aux pensées anxiogènes. L’immersion dans le silence et la beauté du monde sous-marin procure un sentiment d’évasion et de sérénité. Enfin, la dimension sociale est fondamentale : la plongée se pratique en binôme ou en groupe, renforçant les liens de confiance, le sentiment d’appartenance à une communauté et luttant ainsi contre l’isolement. Le projet continue ses recherches pour affiner la compréhension de ces mécanismes et promouvoir la plongée comme une approche complémentaire de santé et de bien-être accessible à tous les jeunes.


