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PARIS : Anne Laure CORDIER : « La carrière ne se définit plus uniquement par l’ascension hiérarchique »

Une étude récente de PageGroup révèle que les salariés privilégient désormais l’expertise et l’équilibre personnel plutôt que la simple montée en grade.

Pendant des décennies, la réussite professionnelle s’est mesurée à l’aune des intitulés de poste ronflants et de la taille des équipes encadrées. Cette époque semble révolue. Les actifs, et notamment les cadres, ne cherchent plus systématiquement à gravir les échelons traditionnels de l’entreprise. C’est le constat dressé par le cabinet de recrutement PageGroup, qui dévoile ce vendredi les résultats d’une enquête d’envergure menée auprès de 2 000 actifs en 2025.

Les conclusions de cette étude marquent une rupture nette avec le modèle corporatiste du 20ème siècle. Si le titre de « Directeur » ou de « Manager » faisait autrefois rêver, il suscite aujourd’hui autant de méfiance que d’intérêt. Anne-Laure Cordier, Practice Manager chez Michael Page, résume ce changement de paradigme : « La carrière ne se définit plus uniquement par l’ascension hiérarchique. Aujourd’hui, les salariés privilégient avant tout le sens, l’apprentissage et l’évolution — sans que cela passe nécessairement par un rôle managérial ».

Une montée en expertise plutôt qu’en responsabilités

L’enquête met en lumière une redéfinition de l’ambition professionnelle. La carrière dite « verticale », qui consiste à grimper la pyramide hiérarchique, n’est plus l’unique horizon des collaborateurs. Une part significative des sondés privilégie désormais des parcours plus souples et des évolutions « horizontales ».

Concrètement, de nombreux candidats expriment le souhait de devenir des experts reconnus dans leur domaine ou des référents techniques, plutôt que des gestionnaires d’hommes. Ils aspirent à contribuer de manière plus stratégique au développement de l’entreprise, mais sans avoir à porter la charge mentale et organisationnelle inhérente à la gestion d’une équipe. L’élargissement des compétences prime désormais sur l’élargissement du pouvoir hiérarchique.

L’équilibre personnel comme critère central

Le deuxième enseignement majeur de cette étude concerne le rapport au stress et à la charge de travail. L’équation traditionnelle « poste plus élevé égal pression plus forte » a perdu de son attractivité. Les salariés interrogés refusent majoritairement de sacrifier leur vie personnelle sur l’autel de la promotion.

Les évolutions de carrière doivent désormais s’inscrire dans un cadre soutenable (« sustainable »). Le bien-être professionnel n’est plus une variable d’ajustement, mais un prérequis. Les talents recherchent un environnement où la performance est compatible avec un équilibre réel entre vie professionnelle et vie privée, rejetant les modèles managériaux générateurs de surexposition et de stress chronique.

Une exigence de clarté et de visibilité

Face à ces nouvelles aspirations, les entreprises sont appelées à revoir leur copie en matière de gestion des ressources humaines. Les candidats attendent de leurs employeurs qu’ils offrent des trajectoires lisibles. Le flou artistique sur les possibilités d’évolution est sanctionné par un désengagement ou un départ.

L’étude souligne l’importance cruciale du feedback régulier et de l’accompagnement transparent. Les salariés veulent savoir où ils vont, quelles sont les opportunités de mobilité interne (y compris latérale) et comment l’entreprise compte soutenir leur montée en compétences. La visibilité sur le parcours est devenue aussi importante que le parcours lui-même.

Un acteur majeur du recrutement

Ces observations émanent d’un acteur historique du secteur. Créé il y a plus de 40 ans à Londres, PageGroup déploie son expertise à l’échelle internationale. Le groupe opère à travers quatre marques distinctes pour couvrir l’ensemble du marché : Page Executive pour les cadres dirigeants, Michael Page pour les cadres confirmés, Page Personnel pour les employés, techniciens et cadres de premier niveau, ainsi que Page Outsourcing, spécialisé dans l’externalisation du recrutement (RPO).

Avec près de 7 000 collaborateurs répartis dans 36 pays et 129 bureaux à travers le monde, le groupe dispose d’un observatoire privilégié sur les mutations du travail. En France, ce sont 600 consultants basés dans 19 bureaux qui accompagnent les entreprises et les candidats sur plus de 25 secteurs d’activité, confirmant que cette quête de sens et d’équilibre est une tendance de fond sur l’ensemble du territoire.