NICE : Tunnel de Tende – Des conditions minimales de…
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NICE : Tunnel de Tende – Des conditions minimales de sécurité non respectées pour envisager une ouverture anticipée en « mode chantier »
Démarré en 2014, le chantier de doublement de tunnel Tende (forage d’un nouveau tube et réalésage du tunnel existant) a connu plusieurs interruptions, pour des raisons techniques, administratives et judiciaires auxquelles se sont ajoutés les dégâts occasionnés par la tempête Alex en octobre 2020.
La commission technique** et le comité de sécurité** mis en place pour préparer les décisions de la Commission Inter-Gouvernementale (CIG) se sont tenus les 11 et 12 décembre 2024 pour faire le point sur les questions liées à la sécurité du tunnel et le suivi administratif et financier des travaux.
A l’issue de ces 2 réunions et de la CIG elle-même réunie lundi 16 décembre, il apparaît que les conditions minimales obligatoires à respecter pour permettre une exploitation du tunnel en toute sécurité ne sont pas remplies, tant pour les usagers que pour les services susceptibles d’intervenir dans le tunnel.
La modalité d’exploitation en – phase chantier / envisagée par le maître d’ouvrage du tunnel (agence des routes italiennes ou Anas) est la possibilité de faire transiter des véhicules légers, en journée (de 8h00 à 20h00) en circulation à sens unique alterné (50 km/h maximum). Les travaux reprendront de nuit (20h00 à 8h00) afin d’achever l’installation des systèmes et équipements
encore incomplets.
Les conditions minimales de sécurité qui ont été définies par le comité de sécurité pour une éventuelle exploitation en mode chantier sont les suivantes :
– disposer d’un éclairage de l’espace circulé,
– disposer d’un dispositifs et/ou capteurs permettant la détection d’un incendie,
– disposer d’une installation de désenfumage opérationnelle,
– disposer d’une fermeture par des portes résistantes au feu des extrémités des by-pass piétons (BPP) pour éviter qu’en cas d’incendie dans le tube neuf, la fumée ne passe depuis le tube neuf dans le tube historique,
– s’assurer d’un débit et d’une pression nécessaires pour l’intervention des pompiers français et/ou italiens,- permettre aux services de secours de pouvoir communiquer (avec leurs équipements radio) avec leurs bases arrières et entre les équipes amenées à intervenir dans le tube neuf en cas de besoin.
Par ailleurs et au-delà de ces préconisations pour une exploration dans des conditions minimales de sécurité, d’autres points ont été soulevés sur l’exploitation (inter distance à respecter, vitesse, etc.) et sur la nature du trafic pouvant être autorisé (type de véhicule autorisé, état des véhicules, etc.) qui devront nécessairement faire l’objet d’un examen et d’une attention vigilante. En outre, de très nombreux équipements fonctionnent avec de l’énergie électrique dont il faut disposer de manière suffisante et fiable avec des moyens de secours en cas de rupture. Toutes ces exigences avaient par ailleurs déjà été formulées lors des précédentes réunions des instances et restent d’actualité.
Déclaration du Préfet des Alpes-Maritimes : « Je souhaite la réouverture rapide du tunnel de Tende qui est très attendue de nos concitoyens, à la fois pour des raisons de mobilité personnelle et pour faciliter les échanges économiques entre la France et l’Italie. Les Maralapins se sont montrés particulièrement patients. Ils méritent de se voir accorder la considération qu’ils méritent. Pas question, en revanche, de leur faire courir le moindre risque. Or, aujourd’hui, le moins que l’on puisse dire est que les conditions de sécurité élémentaires que l’on est en droit d’attendre de ce genre d’installations ne sont pas du tout réunies. La sécurité des automobilistes n’est pas négociable. Les travaux doivent donc s’accélérer pour donner lieu à une réouverture prochaine ».
*CIG : la CIG est l’instance en charge notamment du suivi administratif et financier des travaux et réunit les administrations compétentes (côté français le ministère des transports, la DREAL), les collectivités territoriales qui cofinancent les travaux (Département des Alpes-Maritimes et Région Sud pour la France, Régions Ligurie et Piémont pour l’Italie) ainsi que les maîtres d’ouvrage de travaux routiers (Anas) ou ferroviaires (SNCF réseau, RFI).
** comités composés des membres de la CIG, les ambassadeurs, les maires, les élus du Département, de la Région, de la CARF et la députée Alexandra Masson;
Le comité de sécurité émet, à la demande de la CIG, ou de sa propre initiative, des avis sur les questions liées à la sécurité dans le tunnel. Composé à parts égales de représentants français et italiens, il réunit principalement côté français les services suivants : la préfecture, les sapeurs-pompiers, un expert du centre d’étude des tunnels (CETU), un représentant de la DGSCGC en charge du suivi des tunnels et le conseil départemental. La commission technique est chargée d’assister la CIG dans le suivi administratif, technique et financier des travaux. Elle est composée d’un nombre égal de représentants français et italiens. Ses membres sont nommés par la CIG, sur proposition des chefs de délégation.


