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NICE : Patrimoine – Trois listes s’engagent pour la mémoire de Max BAREL et l’identité locale

Réunis par la República de Nissa, plusieurs candidats aux municipales valident le projet de monument à Max Barel et la promotion du nissart.

C’est une séquence politique et mémorielle singulière qui s’est tenue le samedi 28 février dernier à Nice. À quelques jours du scrutin municipal de mars 2026, l’association República de Nissa a réussi le tour de force de réunir autour d’une même table les représentants de trois listes concurrentes. L’objectif de cette rencontre était double : obtenir un engagement ferme concernant l’érection d’un monument en hommage au résistant Max Barel et débattre de la place de la langue et de l’histoire niçoises dans l’espace public.

Un consensus politique transpartisan

Les trois formations politiques présentes ont répondu favorablement à l’appel des organisateurs. La liste « Le meilleur est à venir » était représentée par Auguste Verola, tandis que Julien Picot et Simone Monticelli portaient la voix de « Unis pour Nice ». La gauche était également présente avec Olivier Salerno et Ciril Joanin pour la liste « Nice ! Front Populaire ».

Si les représentants ont décliné la proposition d’une photographie de groupe, marquant ainsi leurs différences politiques, ils se sont néanmoins accordés sur le fond. Selon le compte-rendu de la réunion, ils se sont « engagés à soutenir les projets soumis lors des prochains conseils municipaux ». Seule la liste « Tous pour Nice », excusée pour des raisons d’agenda, n’a pas pris position sur ces dossiers lors de cette rencontre.

Un monument attendu depuis 2010

Le cœur des discussions portait sur un projet initié il y a plus de quinze ans par Carlo Bovari, présenté comme le Ministre de la Culture de la República de Nissa. Ce projet de monument dédié à Max Barel, figure locale de la Résistance et martyr de la Seconde Guerre mondiale, avait essuyé plusieurs refus de la part de la municipalité sortante.

L’œuvre envisagée consiste en une installation en tôle comportant deux dessins réalisés par Carlo Bovari : l’un représentant Max Barel en officier, l’autre en résistant. L’ambition est d’installer ces deux faces au-dessus de l’horloge située au centre de la place qui porte déjà son nom. Lors de la présentation, Christine Bovari Bertrand, professeure de nissart au Collège Port Lympia, a retracé le parcours héroïque du jeune martyr, rappelant les faits marquants de sa vie durant le conflit.

Ce projet bénéficie d’un soutien familial de poids. Jean Barel, fils du résistant né en 1939, ainsi que sa sœur Annette, née en 1937, ont apporté leur appui officiel à l’initiative. Jean Barel a profité de l’occasion pour rappeler l’ancrage local de la famille, évoquant la mémoire de sa mère, Yvette Seyfarth, décédée à Nice en 2008.

L’offensive pour la langue niçoise

Au-delà de l’hommage mémoriel, Cristòu Daurore, Président de la República de Nissa, a exposé une série de revendications culturelles visant à « sortir le nissart du silence ». L’association réclame une visibilité accrue du dialecte dans l’espace public, notamment via des annonces sonores dans le tramway et lors des mariages civils.

Le volet éducatif constitue un autre pilier des demandes formulées aux candidats : l’association plaide pour l’enseignement du nissart dans toutes les écoles primaires, qu’elles soient publiques ou privées. Elle sollicite également l’attribution d’un local municipal pour accueillir un projet d’école Calandreta, un établissement associatif proposant un enseignement immersif en langue régionale.

Repenser la toponymie urbaine

Les propositions de la República de Nissa incluent également une refonte symbolique de la toponymie niçoise pour valoriser l’histoire locale. Parmi les changements suggérés figurent la transformation de la Place Masséna Nord en « Place des Barbets » et celle de la Place Masséna Sud en « Place Carlo Aubèrt », en référence au Roi de Sardaigne de 1831 à 1849.

D’autres modifications sont avancées : le Quai Napoléon deviendrait le « Quai Pepin Garibaldi », la Place Île de Beauté serait renommée « Place Catarina Segurana », et l’arrêt de tramway Garibaldi Le Château prendrait le nom de « Segurana-Garibaldi ». Plus radical encore, le projet suggère le remplacement des œuvres de Jaume Plensa par des symboles locaux : quatre Aigles Rouges et trois Chauve-souris Noires.

Une cérémonie en musique

Pour marquer cette réunion, un monument provisoire a été hissé au milieu de la place Max Barel. L’événement a été ponctué par une prestation de la Chorale du Port de Nice, dirigée par Gilles Moret. Le répertoire choisi mêlait patriotisme et identité régionale, avec l’interprétation de la Marseillaise, du Chant des Partisans et de l’hymne Nissa La Bella.

Les organisateurs ont tenu à rappeler la crédibilité artistique de Carlo Bovari, concepteur du projet. Ce dernier est notamment l’auteur du Monument à la Résistance de Cantaron, une main ouverte de 6,50 mètres de haut pesant près de 3 tonnes, symbole de liberté et de fraternité réalisé avec le constructeur Modeste Casoni. Il a également dessiné le monument dédié à d’Estienne d’Orves, situé à l’entrée du parc éponyme à Nice.