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NICE : Nice Front Populaire : « La politique du tout sécuri…

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NICE : Nice Front Populaire : « La politique du tout sécuritaire est un échec »

L’opposition a présenté ce vendredi son plan pour la tranquillité publique, axé sur la prévention et une refonte totale de la police municipale.

C’est une remise à plat complète de la politique sécuritaire niçoise que propose la liste Nice Front Populaire. Lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 27 février à sa permanence du boulevard Delfino, le groupe d’opposition a dévoilé un programme dense, construit en contre-pied de la stratégie menée par la municipalité actuelle depuis dix-huit ans. Pour Mireille Damiano et ses colistiers, le constat est sans appel : la stratégie du « tout sécuritaire » prônée par Christian Estrosi n’a pas tenu ses promesses.

Un bilan jugé inefficace et coûteux

Le diagnostic posé par Nice Front Populaire pointe du doigt une « débauche de moyens » sans résultats probants. Le groupe critique vertement le futur Hôtel des Polices, chiffré à plus de 239 millions d’euros, ainsi que l’omniprésence de la vidéosurveillance et des technologies de reconnaissance faciale. « Nice est devenue l’une des villes les plus vidéosurveillées de France […] Pour quels résultats ? Les chiffres de la délinquance restent dans la moyenne, voire moins bons sur les coups et blessures », assène le document de présentation.

Les opposants soulignent également que ce déploiement technologique s’est fait au détriment de l’accompagnement social, citant un budget primitif 2025 déséquilibré : 93 millions d’euros pour la sécurité contre seulement 21 millions pour l’action sociale.

La prévention plutôt que la répression

Au cœur du projet de Nice Front Populaire figure un changement de paradigme : la prévention doit redevenir le pilier de la tranquillité publique. Reprenant la célèbre maxime attribuée à Victor Hugo, « Ouvrir une école, c’est fermer une prison », le mouvement souhaite agir sur les racines de la délinquance : échec scolaire, précarité et absence de perspectives pour la jeunesse.

Concrètement, le programme prévoit le développement de la médiation de rue et le retour des services publics dans les quartiers dits prioritaires. L’objectif est de lutter contre les facteurs de bascule dans la délinquance, en soutenant notamment la parentalité et les associations sportives et culturelles, délaissées selon eux au profit d’une politique événementielle de façade.

Une police municipale reformée et désarmée à domicile

Le volet concernant les forces de l’ordre est particulièrement détaillé. Nice Front Populaire plaide pour une clarification stricte des compétences. À la Police nationale l’investigation et le démantèlement des réseaux ; à la Police municipale la proximité et la prévention.

Cette vision implique une refonte du recrutement et de la formation des agents municipaux. Le groupe annonce vouloir mettre fin à l’armement des policiers municipaux hors service : « Les armes de service devront être laissées à l’armurerie et en aucun cas être apportées au domicile », précise le programme.

Autre mesure phare : la dissolution de la brigade privée « Gaida », qualifiée de symbole de la « privatisation de la sécurité », et l’arrêt du recours aux sociétés privées pour la sécurisation de l’espace public.

Drogues : vers une légalisation encadrée

Sur la question sensible du trafic de stupéfiants, l’opposition adopte une position tranchée en faveur d’une approche sanitaire. Jugeant la prohibition inefficace, le groupe propose que Nice devienne un territoire d’expérimentation pour la légalisation du cannabis, sur le modèle de Strasbourg, afin d’assécher les trafics et de libérer du temps pour les forces de l’ordre.

Le plan inclut également la création de Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) et l’ouverture expérimentale de « salles de consommation à moindre risque » pour encadrer les toxicomanes et réduire les nuisances sur la voie publique.

Démocratie et transparence

Enfin, le programme insiste sur la nécessité de sortir de la « discorde institutionnelle » entre le maire et le préfet, jugée contre-productive. Pour renouer le lien avec la population, Nice Front Populaire s’engage à lancer une convention citoyenne locale sur la tranquillité publique et à commander des audits indépendants sur l’efficacité réelle et le coût de la vidéosurveillance.

L’intégralité de la conférence de presse est consultable en vidéo (https://youtu.be/GqDurVSzLqA?si=5kr1gvaOO1pqOz3X).