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NICE : Municipales 2026 – Jean Marc Governatori veut impliquer les ultra-riches dans l’autonomie énergétique
Le candidat écologiste, élu Conseil municipal de Nice, a dévoilé mercredi son plan d’autonomie énergétique basé sur une contribution volontaire des grandes fortunes locales.
C’est une approche qui tranche avec la rhétorique habituelle de l’écologie politique. Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue mercredi 14 janvier, Jean Marc Governatori, tête de liste pour les élections municipales de mars prochain, a présenté le volet « Autonomie Énergétique » de son programme.
Loin de la « confrontation » souvent prônée à gauche, le candidat d’Écologie au Centre parie sur la « coopération » avec les plus gros patrimoines de la Côte d’Azur pour sécuriser l’approvisionnement de la ville.
Une alliance avec les 16 « ultra-riches » niçois
Partant du constat que Nice compte, selon le ministère du Budget, seize résidents disposant d’un patrimoine supérieur à 100 millions d’euros, Jean Marc Governatori a proposé un nouveau pacte social.
« L’ultra-riche est intelligent, il comprend qu’il ne peut être heureux durablement et en pleine sécurité au cœur d’une population en grave souffrance », a-t-il affirmé.
Concrètement, le programme prévoit la création d’un fond « Ultra-Vert Niçois », abondé par ces grandes fortunes, avec un objectif de levée de 100 millions d’euros. Ce capital privé servirait à investir dans les entreprises locales de rénovation et d’énergies renouvelables. Plus symbolique encore, le candidat souhaite permettre à ces mécènes d’« adopter un quartier » pour en financer directement la transition : isolation thermique, réseaux de chaleur ou géothermie.
« On quitte la confrontation et la suspicion pour la coopération », a résumé l’ancien conseiller municipal.
Abandon du tramway pour financer l’isolation
Au-delà de l’appel aux capitaux privés, le projet repose sur une réallocation drastique des investissements publics. Jean Marc Governatori a annoncé son intention, s’il est élu, d’abandonner les projets d’extension des lignes 4 et 5 du tramway. Ces infrastructures seraient remplacées par des bus articulés en site propre, une mesure qui dégagerait, selon ses calculs, une marge de manœuvre de 300 millions d’euros.
Cette somme serait intégralement redirigée vers la rénovation thermique et la production d’énergie locale.
Le candidat pointe une urgence sociale : selon les chiffres avancés par son équipe, Nice serait la troisième ville de France la plus énergivore faute d’isolation, et 123 000 Niçois auraient rencontré des difficultés à payer leurs factures en 2025. L’objectif affiché est ambitieux : éradiquer les passoires thermiques du parc public et privé d’ici la fin du mandat.
Solaire et souveraineté locale
Pour réduire la dépendance de la ville au réseau national et au risque de « blackout », le programme mise sur un déploiement massif du photovoltaïque. Le candidat propose notamment un système d’« abonnement photovoltaïque », permettant aux ménages de s’équiper sans apport initial, l’installation étant financée par un opérateur tiers. L’ambition est d’installer l’équivalent de 50 MW de puissance supplémentaire sur les toits et friches d’ici 2032.
Le plan inclut également la multiplication des réseaux de froid et de chaleur urbains (thalassothermie, récupération sur eaux usées) et l’installation de méthaniseurs de quartier pour valoriser les déchets organiques.
Critique du bilan Estrosi
Cette présentation a également été l’occasion pour Jean Marc Governatori de fustiger le bilan du maire sortant, Christian Estrosi. Dénonçant une ville « vulnérable » et « mal préparée à l’avenir » après trois mandats, il a pointé l’absence de vision sur l’autonomie du territoire.
« La politique de Christian Estrosi est plombée par le conventionnel », a-t-il taclé, rappelant que la majorité actuelle n’a jamais traité ces enjeux structurels.
À deux mois du scrutin, le candidat d’Écologie au Centre tente ainsi d’imposer une ligne singulière : une écologie de gestionnaire, libérale sur les méthodes de financement, mais radicale sur les objectifs de résilience territoriale.