NICE : Julien PICOT : « Le Nice Jazz Festival devient un lu…
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NICE : Julien PICOT : « Le Nice Jazz Festival devient un luxe inaccessible »
Face à la hausse de 50 % du prix du billet, l’élu niçois Julien Picot dénonce la transformation du festival en produit de luxe et propose un contre-modèle populaire.
Le prix d’entrée pour le premier jour du Nice Jazz Festival, fixé à 90 euros, a déclenché une vive polémique. Cette augmentation de 50 % en une seule année est au cœur d’une tribune signée par Julien Picot, secrétaire départemental du Parti Communiste Français et conseiller municipal et métropolitain de Nice. Pour l’élu, cette inflation tarifaire est le symptôme d’une dérive politique qui éloigne l’événement de ses racines populaires et le rend inaccessible à une grande partie des habitants.
Un festival « réservé à une minorité privilégiée »
Dans son analyse, Julien Picot dresse un constat sévère sur l’évolution de la manifestation culturelle, la plaçant dans un contexte plus large d’augmentation du coût de la vie à Nice.
« À Nice, tout devient inaccessible pour les classes moyennes et populaires. Les loyers explosent. Le coût de la vie étouffe les familles », écrit-il, avant de conclure : « Et maintenant, même la culture devient un privilège réservé à ceux qui peuvent payer sans regarder leur compte bancaire ».
L’élu d’opposition regrette de voir le festival se transformer en un produit d’appel pour une clientèle aisée, au détriment des Niçois.
« Aujourd’hui, on le transforme peu à peu en produit haut de gamme réservé à une minorité privilégiée », affirme Julien Picot.
Il pointe également une pratique jugée choquante : la mise en vente des billets à un prix élevé avant même que la programmation complète ne soit dévoilée, et ce, sans tarif préférentiel pour les résidents de la ville.
Un choix politique au service du tourisme de luxe
Pour le conseiller municipal, cette situation n’est pas le fruit du hasard mais d’une orientation stratégique délibérée de la municipalité.
« Cette augmentation scandaleuse n’est pas une fatalité. C’est un choix politique », insiste-t-il.
Il dénonce une vision de la ville entièrement tournée vers un modèle économique élitiste.
« Le choix d’une ville pensée pour le tourisme de luxe, pour les clientèles fortunées et les opérations de prestige, plutôt que pour les Niçoises et les Niçois », détaille Julien Picot.
Il refuse cette logique où la culture, comme d’autres aspects de la vie locale, serait soumise à des impératifs de rentabilité avant de servir le bien commun.
Pour un retour aux racines populaires du jazz
Face à ce qu’il qualifie de privatisation de la culture, Julien Picot esquisse un projet alternatif ambitieux, visant à faire de Nice une véritable capitale européenne du jazz, accessible à tous. Il s’étonne de la courte durée de l’événement.
« Comment accepter qu’un festival historique comme celui de Nice ne dure que trois jours, quand Jazz in Marciac fait vivre tout un territoire pendant plus de deux semaines ? », interroge-t-il.
Sa proposition repose sur un élargissement du festival dans le temps et dans l’espace, avec la création d’une programmation « off » gratuite et ouverte, l’organisation de concerts dans les différents quartiers de la ville, et la mise en place de scènes décentralisées pour les artistes émergents. Ce projet inclurait des partenariats renforcés avec le tissu local : écoles, associations, commerces et autres lieux culturels.
La philosophie de ce contre-modèle est claire : « Faire vivre la culture partout. Pour tout le monde. Pas seulement pour quelques-uns ».
En conclusion, Julien Picot rappelle l’essence même de cette musique et de cet événement.
« La culture ne doit pas être un luxe. La culture est un droit », martèle l’élu.
« Le jazz est né comme une musique populaire. Il mérite mieux qu’un festival devenu inaccessible au plus grand nombre ».
via Presse Agence.


