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NICE : Culture – Le Musée Matisse dévoile l’int…

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NICE : Culture – Le Musée Matisse dévoile l’intimité du maître avec « La Collection »

Le Musée Matisse de Nice présente « La Collection » jusqu’au 25 mai 2026, une plongée fascinante dans l’œuvre et l’histoire personnelle du peintre.

C’est une exposition qui ne se contente pas de montrer des œuvres, mais qui raconte une histoire : celle d’un lien indéfectible entre un artiste, sa famille et la ville de Nice. Depuis le 7 février et jusqu’au 25 mai 2026, le musée situé sur la colline de Cimiez propose « La Collection », un accrochage renouvelé qui met en lumière la richesse exceptionnelle de son fonds. Une occasion unique pour le public de redécouvrir Henri Matisse non seulement à travers ses toiles, mais aussi par le prisme de son intimité et de ses choix personnels.

Des « Matisse de Matisse »

La singularité de cette exposition réside dans l’origine même des œuvres présentées. Le fonds du musée s’est en effet constitué grâce à la générosité directe du peintre et de ses proches. Tout commence en 1953, un an avant la disparition de l’artiste, lorsque Henri Matisse offre à la Ville de Nice un ensemble fondateur, incluant les monumentales sérigraphies *Océanie, la mer* et *Océanie, le ciel* (1946-1947). Ce geste inaugural a été perpétué par son épouse, Amélie Matisse, qui légua en 1960 des pièces majeures comme le *Nu au fauteuil, plante verte* (1936-1937) ainsi qu’une centaine de dessins. Au fil des décennies, les enfants du couple — Marguerite, Jean et Pierre — et leurs héritiers ont continué d’enrichir cette collection publique. Aujourd’hui, le parcours permet d’admirer une variété impressionnante de médiums : sculptures, gravures, céramiques, livres illustrés et les célèbres gouaches découpées. Plus émouvant encore, le visiteur découvre les objets personnels de l’artiste, ces « acteurs » silencieux de son processus créatif qui peuplaient ses ateliers.

L’esprit d’atelier plutôt que le musée froid

L’ambition de cet accrochage, proposé par Aymeric Jeudy, directeur du musée, est de conserver l’âme des lieux. Il s’agit de fuir l’austérité institutionnelle pour retrouver la chaleur de la création.

Une philosophie qui résonne avec les mots de Rosamond Bernier, écrits en 1963 lors de l’ouverture du musée et mis en exergue pour cette exposition : « La présentation est sobre et soignée, sans recherche d’effets […]. Le visiteur ne doit pas s’attendre à voir les grands intérieurs des débuts […] mais plutôt imaginer qu’il a la chance de visiter l’atelier de Matisse ».

Cette atmosphère particulière est palpable dans les salles où la muséographie, à la fois chronologique et pluridisciplinaire, crée des dialogues entre les époques et les techniques. Le musée, installé dans une villa du 17ème siècle au cœur du site patrimonial de Cimiez, offre un écrin idéal à cette déambulation. L’architecture, qui marie le bâtiment historique à l’extension contemporaine souterraine signée Jean-François Bodin, reflète cette jonction entre tradition et modernité chère au peintre.

Trésors inédits et acquisitions récentes

Si « La Collection » permet de réviser ses classiques, elle est aussi le théâtre de découvertes. L’exposition met l’accent sur les enrichissements constants du fonds. Parmi les pièces maîtresses à ne pas manquer figure la *Nature morte à la statuette africaine* (1907), une acquisition récente qui témoigne de la période charnière où Matisse s’intéresse aux arts extra européens. Le Centre national des arts plastiques a également déposé quatre aquatintes de la fin des années 1940, complétant ainsi le panorama des expérimentations esthétiques de l’artiste.

Une œuvre désormais dans le domaine public

Cette exposition intervient dans un contexte particulier pour l’histoire de l’art : depuis le 1er janvier 2025, l’œuvre d’Henri Matisse est entrée dans le domaine public. Soixante-dix ans après sa mort, ses créations appartiennent désormais au patrimoine commun, renforçant leur statut universel. Le musée continue ainsi sa mission : explorer l’œuvre, approfondir sa connaissance et la rendre accessible à tous, à quelques mètres seulement de l’ancien atelier du Régina où le maître a créé pendant plus de trente ans. Pour les amateurs d’art comme pour les néophytes, cette exposition est une invitation à entrer dans le secret de la création, là où la couleur et la ligne deviennent un langage universel.

Informations pratiques et billetterie disponibles sur le site officiel du musée (https://musee-matisse-nice.org) et la boutique en ligne via Arteum (https://arteum.com).