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NICE : Culture – La Galerie Eva Vautier présente l’exposition « À contre-poil » jusqu’au 4 avril
La Galerie Eva Vautier accueille jusqu’au 4 avril 2026 l’exposition « À contre-poil », croisant les regards des artistes Gérald Panighi et Clémentine Taupin.
La scène artistique niçoise est une nouvelle fois mise à l’honneur au 2 rue Vernier. La Galerie Eva Vautier propose un dialogue inédit entre deux générations d’artistes issus de la Villa Arson, école nationale supérieure d’art de Nice. L’exposition, intitulée « À contre-poil », confronte les univers singuliers de Gérald Panighi, diplômé en 2001, et de Clémentine Taupin, née cette même année 2001 et diplômée en 2024.
Gérald Panighi : Le silence et la trace
Gérald Panighi déploie une pratique minutieuse du dessin, privilégiant le format raisin. Son processus créatif repose sur l’entremise du calque pour reporter, au centre de la feuille, des fragments d’illustrations puisés dans la culture populaire et les mass médias. Face à ce vocabulaire visuel partiellement identifiable, l’artiste choisit de limiter son intervention directe, se défiant d’apposer une touche trop marquée.
Son travail se concentre sur des effets de style précis tels que la redondance, le renversement, le recadrage, l’opposition ou encore la superposition. Le résultat offre un dessin qui semble léviter, en silence, circonscrit dans un vaste espace vide. Cependant, cette pureté apparente est maculée par l’intime : la présence physique de l’artiste s’immisce dans l’œuvre par le biais de taches et de souillures, qu’elles soient volontaires ou accidentelles. Ces marques sont les témoins des médiums utilisés, qu’il s’agisse de résidus de peinture encore fraîche ou du gras de la mine graphite, accumulé sur la tranche de la main lors du transfert, qui revient hanter le papier.
Clémentine Taupin : Une ruralité sous influence numérique
Benjamine de l’exposition, Clémentine Taupin est actuellement résidente à La Station. Fille et petite-fille d’agriculteurs, elle porte en elle l’urgence liée au destin d’une exploitation familiale en quête de repreneur. Si elle n’a pas perpétué le travail de la terre, la peinture a pris le relais pour exprimer cette filiation. Ses œuvres témoignent d’une transmission intergénérationnelle où les gestes ancestraux se confrontent aux réalités de l’agriculture contemporaine.
Sa palette se distingue par des accords dissonants : verts acides, chairs pastel et taches fluorescentes viennent penser la ruralité comme un écart aux clichés habituels. L’artiste intègre également des tonalités violettes, nourries par la lumière des écrans, traduisant ainsi la contamination du regard numérique sur la mémoire rurale.
Matériaux et héritage
Les supports utilisés par Clémentine Taupin font appel à une autre facette de la mémoire paysanne. Elle travaille à partir de tissus transmis, issus d’un héritage maternel. L’artiste répare, rapièce et réutilise ces textiles, prolongeant ainsi les gestes de celles qui l’ont précédée. Rapiécées de leurs mains puis des siennes, ces étoffes deviennent des surfaces chargées d’histoire et d’émotion.
Informations pratiques
L’exposition est ouverte du mardi au samedi de 14h à 19h à la Galerie Eva Vautier, située à Nice. Pour ceux ne pouvant se déplacer, la galerie propose également un accès via sa boutique en ligne (https://eva-vautier.com/boutique/).