Skip to main content

NICE : Christian Estrosi commémore l’Appel du 18 juin

Print Friendly, PDF & Email

Partager :

NICE : Christian Estrosi commémore l’Appel du 18 juin

Ce mardi 18 juin 2024, Christian Estrosi, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a commémoré l’Appel du 18 juin, Place du Général de Gaulle.

Après lecture de l’Appel du 18 juin 1940 par Ariane Christensen, élève de troisième du collège Henri Matisse, lauréate du concours national de la résistance et de la déportation, le Maire de Nice a prononcé un discours célébrant le 18 juin mais aussi le 17 juin 1940, « jours de désastre, en même temps que des jours d’espérance, qui donnent une leçon de courage. » La cérémonie s’est clôturée avec un dépôt de gerbe au pied de la statue du Général de Gaulle.

Cérémonie commémorative de l’Appel du 18 juin
mardi 18 juin 2024, à 10h

Allocution du Maire

Chaque année, on célèbre le 18 juin.

On célèbre l’esprit de résistance d’un naufragé sur les rivages de l’Angleterre.

On célèbre la voix d’un homme presque seul, à peine entendue alors.

On célèbre la voix de la France et la voix d’un homme, le général DE GAULLE, pour qui « la France ne peut pas être la France sans grandeur ».

On a tout dit ou presque de ces heures décisives, où le sursaut est venu du fin fond de l’histoire française. Cette histoire millénaire de grandeur. Cette histoire qui nous dépasse.

Mais on n’a peut-être pas assez dit que le 18 juin, c’est le lendemain du 17 juin.

Le 17 juin 1940, c’est le jour où le maréchal PETAIN prend la parole pour annoncer l’armistice.

Le jour où PETAIN prononce ces paroles de défaite, d’abandon et surtout de renoncement.

Sous le choc de la sidération, le vieux maréchal n’imagine même pas que celui qui est le grand vainqueur du mois de juin 1940 puisse être le grand vaincu du mois de mai 1945.

Sous le choc de la sidération, il ne voit pas qu’ils sont encore nombreux ceux qui refusent la défaite, la résignation, la capitulation.

Sous le choc de la sidération, il doute et ne voit pas que la République n’est jamais aussi grande que quand on croit en elle.

Non, il est là, apeuré et passif, tremblant pour sa stature et pour ses intérêts, franchissant le premier pas qui le conduira en quatre mois de la défaite à la Collaboration, c’est-à-dire de l’échec à l’infamie et au déshonneur.

Le 17 juin 1940 est un naufrage. Mais au milieu de ce naufrage, on trouve des raisons d’espérer.

On voit deux hommes, l’un issu de la gauche communiste, Charles TILLON, l’autre issu de la droite catholique, Edmond MICHELET, rédiger ensemble, eux que tout oppose, sauf l’essentiel, un tract pour dire que l’idée même de la France s’abîme dans l’abandon de la République.

On voit un jeune préfet, qui allait bientôt bien connaître Nice, Jean MOULIN, tenter de se suicider à Chartres, pour ne pas obéir aux ordres des nazis qui voulaient le contraindre à s’associer au massacre des soldats noirs de l’armée française. En voulant se suicider, il a sauvé l’honneur de la République et il a entretenu la flamme.

Que retenir de ces deux jours ?

Les 17 et 18 juin 1940 sont des jours de désastre, en même temps que des jours d’espérance.

Ils nous donnent une leçon de courage.

Quand vient l’heure des choix, seul compte le chemin. Seule compte la ténacité. Seule compte l’espérance.

Alors que nous sommes aussi, dans un tout autre contexte, à l’heure des choix, ces deux jours où tout s’est joué, au fond, nous rappellent que le courage en politique, ce n’est pas s’allier, se rallier et puis fanfaronner.

Le courage en politique c’est de se battre là où on a choisi et de se trouver, avec détermination, avec obstination, avec honneur, au péril de ses intérêts et même de sa vie, solide et droit.

C’est cela que le général De Gaulle déclare le 18 juin.

C’est ce en quoi il croit.

C’est ce qui le tient debout.

C’est ce que les résignés, les lâches, les aveugles et les opportunistes lui reprocheront toujours, en 1940 comme en 1946, en 1958, ou en 1968. Autant de moments où la France s’est retrouvée face à des choix.

C’est cela qui attirera autour de lui ce que la France comptait de plus courageux, de plus élevé, de plus admirable.

Qu’importent les partis, qu’importent les nuances, quand c’est l’essentiel qui est en jeu.

Qu’importent les paroles, restent les actes. Les actes seuls dans leur nudité, dans leur cruauté, dans leur vérité.

Dans ces temps dangereux et inquiétants, cette leçon d’espérance, de sursaut et de résistance est à méditer.

En particulier pour ceux qui, comme moi, exercent des mandats publics.

Nous avons un devoir d’exemplarité qui nous dépasse et qui dépasse toutes nos fonctions, toutes nos ambitions, toutes nos tentations.

Pour que vive la France, il faut des Français qui défendent son esprit.

Le courage en politique, c’est toujours voir plus loin que soi.

C’est la grande leçon que nous livre le Général de Gaulle et avec lui, Charles TILLON, Edmond MICHELET et Jean MOULIN, 84 ans plus tard.

Et c’est la grande leçon que dans ces circonstances, où tout semble s’accélérer, nous devons entendre.

Je vous remercie.

Photo ©Ville de Nice – Ghislain MARIETTE.