Passer au contenu principal

NANTES : Margot et Vincent MORIO : « Quand un géant refuse…

Partager :

NANTES : Margot et Vincent MORIO : « Quand un géant refuse de payer une petite structure, il étrangle l’artisanat »

La marque de fleurs durables Flowrette assigne le BHV en justice pour des factures impayées menaçant sa survie et sa relocalisation à Nantes.

C’est un véritable cri d’alarme que poussent les dirigeants d’une PME française reconnue pour son savoir-faire. Flowrette, entreprise spécialisée dans la création artisanale de fleurs durables, annonce engager une procédure judiciaire à l’encontre du BHV Marais. Au cœur du conflit : un impayé de plusieurs dizaines de milliers d’euros qui fragilise considérablement la trésorerie de cette société en pleine phase de transformation.

Pour les fondateurs, la situation dépasse le simple litige commercial pour toucher à l’éthique des affaires entre grands groupes et petits producteurs. « Nous ne sommes pas partis par choix stratégique, mais par nécessité de survie », expliquent Margot et Vincent Morio, gérants de Flowrette.

Un départ contraint et forcé.

En août dernier, la marque a quitté son showroom du célèbre grand magasin parisien. Si de nombreuses enseignes justifient ce type de retrait par l’évolution des modes de consommation ou la concurrence de la « fast-fashion », Flowrette a choisi la transparence sur les raisons de ce divorce. Selon l’entreprise, ce départ est la conséquence directe de factures restées en souffrance depuis plus d’un an.

Les dirigeants dénoncent une situation intenable où la trésorerie a été asséchée par ces délais de paiement. « On ne peut pas, d’un côté, déplorer que la production parte en Chine et que le commerce français s’effondre, et de l’autre, traiter les PME locales avec un tel mépris. Quand un géant de la distribution refuse de payer une petite structure, il ne fait pas qu’une erreur comptable : il étrangle l’artisanat français », ajoutent Margot et Vincent Morio.

Des promesses non tenues et une action en justice.

Le conflit prend désormais une tournure judiciaire. Flowrette affirme avoir tout tenté pour maintenir le partenariat de bonne foi. Selon les dires de la direction, l’enseigne aurait promis un règlement rapide des dettes pour inciter la marque à réapprovisionner les stocks et maintenir son espace de vente. Flowrette indique avoir tenu ses engagements en livrant la marchandise, sans jamais recevoir les paiements promis en retour. Le résultat décrit est lourd : une perte de marchandise colossale et un « trou béant » dans les finances.

Face à cette impasse, les dirigeants ont décidé de lancer une action en justice contre l’enseigne BHV, mais également une procédure visant personnellement son dirigeant, Frédéric Merlin. Par cette démarche qualifiée de « rare et forte », la PME entend refuser le statut de victime collatérale silencieuse et défendre le respect dû aux acteurs du tissu économique national.

Sécuriser la relocalisation à Nantes.

Cette crise intervient à un moment charnière pour l’entreprise. Flowrette est actuellement en pleine phase de relocalisation avec l’ouverture d’un nouvel atelier près de Nantes. Ce projet vise à pérenniser un savoir-faire local et de qualité, une vision que la crise actuelle met en péril.

« Nous avons toujours voulu faire les choses bien, avec transparence et respect. Soutenir une PME, c’est accepter un modèle différent des géants mondiaux du e-commerce. Nous n’avons pas leur logistique automatisée, mais nous avons une âme, nous créons de la valeur et des emplois ici », précisent les co-dirigeants.

Un « bouquet manifeste » pour résister.

Pour ne pas subir les événements et transformer cette épreuve en élan de solidarité, la marque lance une opération symbolique baptisée « Le Franc-Parler ». Il s’agit d’un bouquet tricolore (bleu, blanc, rouge) vendu à un prix de soutien. L’objectif est double : permettre aux consommateurs de manifester leur adhésion à la démarche éthique de la marque et financer directement la sauvegarde des emplois ainsi que la finalisation de l’installation en région nantaise.

« Aujourd’hui, on se bat pour ce modèle. Chaque commande passée sur notre site aujourd’hui est un vote pour que Flowrette continue d’exister et pour prouver que l’on peut encore produire et consommer durablement en France », concluent les fondateurs.

Flowrette (https://flowrette.com) continue ainsi de défendre sa vision d’une décoration responsable, basée sur les fleurs séchées, stabilisées ou en papier, en espérant que la justice et le soutien du public permettront de surmonter cette impasse financière.