Passer au contenu principal

MOUANS SARTOUX : Art Concret – L’Espace explore…

Partager :

MOUANS SARTOUX : Art Concret – L’Espace explore la création extra-terrestre et l’art algorithmique

À Mouans-Sartoux, près de Cannes, l’Espace de l’Art Concret explore la création en impesanteur et l’art algorithmique d’un physicien suisse.

L’Espace de l’Art Concret (eac.) de Mouans-Sartoux propose, jusqu’au 3 mai 2026, un cycle d’expositions fascinant à la croisée de l’art et de la science. Deux propositions majeures invitent le public à un voyage singulier : l’une explore les nouvelles frontières de la création en condition spatiale, l’autre dévoile pour la première fois en France l’œuvre confidentielle de Jürg Nänni, physicien et artiste. Ces expositions interrogent les limites physiques et conceptuelles de l’art, offrant un regard neuf sur les processus créatifs du 21ème siècle.

L’art en impesanteur, une odyssée créative

L’exposition-manifeste « L’art extra-terrestre au XXIè siècle » est le fruit d’un partenariat prestigieux avec l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel du Centre National d’Études Spatiales (CNES). Sous le commissariat de Gérard Azoulay, elle rassemble les œuvres de onze artistes contemporains qui ont directement interagi avec le milieu spatial. Loin de la simple représentation, leurs travaux résultent de l’utilisation de véritables moyens aérospatiaux, transformant les contraintes physiques en moteurs de création.

Les protocoles artistiques se déploient à travers des contextes uniques. L’absence de pesanteur à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) a permis à Eduardo Kac de faire exécuter une de ses créations par un spationaute, tandis que Rob Miles l’a exploitée via un dispositif de réalité augmentée. La micropesanteur, obtenue par courtes séquences lors de vols paraboliques à bord de l’avion ZERO-G, est devenue le terrain de jeu d’artistes comme Renaud Auguste-Dormeuil, Alain Bublex, Arthur Desmoulin ou encore Smith et Stéphanie Solinas. D’autres, à l’image de Victoire Thierrée, ont utilisé des ballons stratosphériques, laissant le changement de pression atmosphérique sculpter littéralement leur œuvre. L’exposition propose ainsi un panorama saisissant des possibilités offertes lorsque l’art s’affranchit des lois terrestres.

Jürg Nänni, le physicien devenu artiste concret

En parallèle, l’eac. offre une reconnaissance posthume à une figure atypique avec la première rétrospective française consacrée à Jürg Nänni (1942-2019). Physicien, enseignant et artiste suisse, il a développé un corpus d’œuvres relevant de l’art concret, longtemps resté méconnu et redécouvert récemment lors de sa succession. Admirateur des maîtres zurichois comme Richard P. Lohse et du Français François Morellet, Nänni a poussé leur quête de rigueur géométrique et chromatique dans une nouvelle dimension.

Son originalité réside dans l’intégration précoce de l’informatique et des algorithmes dans son processus créatif. S’appuyant sur des règles mathématiques strictes, il a utilisé des générateurs aléatoires et des automates cellulaires pour produire des compositions à la fois rigoureusement structurées et visuellement imprévisibles. Son outil n’était pas le pinceau, mais le clavier d’ordinateur, avec lequel il générait des instructions précises ensuite confiées à des imprimeurs couleur. L’exposition, dont le commissariat est assuré par Fabienne Grasser-Fulchéri et Conrad U. Brunner, révèle un langage plastique singulier, à la confluence de la science et de l’art.

Une expérience interactive et un hommage

Pour prolonger la découverte de l’univers de Jürg Nänni, l’exposition intègre une installation inédite et ludique : le « Kiosque des Couleurs ». Cet écran tactile permet à tous les publics, jeunes et adultes, d’explorer de manière interactive les expériences complexes de l’artiste sur les interactions chromatiques.

Enfin, ce nouveau cycle s’inscrit dans la continuité d’une programmation qui a récemment mis à l’honneur le fondateur du lieu, Gottfried Honegger. L’exposition « Du singulier au pluriel », qui s’est achevée le 22 février dernier, proposait une plongée dans la collection de l’eac., mettant en dialogue les œuvres de l’artiste avec celles des grands noms qu’il a réunis, tels que Max Bill, Aurelie Nemours ou Jan J. Schoonhoven.

Les expositions « L’art extra-terrestre au XXIè siècle » et « Jürg Nänni » sont à découvrir à l’Espace de l’Art Concret jusqu’au 3 mai 2026.

Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel : https://www.espacedelartconcret.fr/