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MONTREUIL : Patrice BESSAC : « La révolution logistique de…

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MONTREUIL : Patrice BESSAC : « La révolution logistique de l’aide alimentaire »

Face à l’explosion de la précarité et pour garantir une alimentation saine aux plus démunis, la municipalité a inauguré fin 2025 une plateforme coopérative inédite mutualisant la collecte et la redistribution des denrées.

Alors que la demande auprès des structures d’aide alimentaire a bondi de 20 à 30 % ces dernières années à Montreuil, la Ville a décidé de changer d’échelle. Inauguré le 4 décembre dernier au 30 rue Saint-Antoine, le nouveau dispositif « Montreuil Solidarité Alimentaire » marque un tournant dans la gestion sociale locale. Patrice Bessac, maire de Montreuil, résume l’ambition de ce projet : « Alors que 9,3 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté […] s’engage la révolution logistique de l’aide alimentaire ».

Un constat alarmant et une réponse structurelle

Les chiffres sont sans appel : 25 % des habitants de la commune se situent sous le seuil de pauvreté. Parallèlement, la « ramasse » (récupération d’invendus) auprès des grandes surfaces a considérablement chuté, fragilisant les stocks des associations. Pour contrer ce phénomène, la municipalité a structuré le foisonnement d’initiatives existantes via la Coordination des acteurs sociaux et de l’aide alimentaire de Montreuil (CASAAM).

L’objectif est clair : « Mutualiser la logistique urbaine de la solidarité, améliorer et sécuriser l’accès à une alimentation en produits diversifiés, de qualité, bio et durables », précise l’édile. Ce consortium réunit le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), l’Épicerie Solidaire Aurore et l’association APPUI.

Une logistique verte et mutualisée

Concrètement, la plateforme dispose d’un espace de stockage pour les produits secs et d’une chambre froide positive partagée. Ce lieu centralise les achats, la collecte de dons qualitatifs et la redistribution vers les partenaires de la solidarité.

L’empreinte carbone est au cœur du projet. Équipée d’un triporteur électrique, la structure assure une logistique du « dernier kilomètre » propre pour le transfert des dons et les livraisons. À terme, ce dispositif vise à toucher 2 000 bénéficiaires, leur garantissant des produits frais et en partie locaux.

Vers une gestion numérisée

Au-delà des infrastructures physiques, le projet intègre une dimension technologique. Une plateforme numérique doit venir compléter le dispositif pour optimiser le fonctionnement des ramasses quotidiennes, la gestion des stocks et les achats mutualisés, confirmant la volonté de la ville de faire de la santé alimentaire un droit effectif pour tous.