MONTPELLIER : Culture – Le collectif Fragments lutte…
Partager :
MONTPELLIER : Culture – Le collectif Fragments lutte contre l’invisibilisation des femmes dans le jazz
Le collectif Fragments tient son assemblée générale demain et dévoile un agenda 2026 dédié à la valorisation des musiciennes de jazz et à la lutte contre l’oubli.
L’année 2026 marque un tournant pour l’association Fragments. Basée à Montpellier, cette structure œuvre depuis plusieurs années à la réhabilitation du matrimoine musical, avec une mission précise : lutter contre l’effacement des femmes dans l’histoire du jazz. Alors que le collectif tient son assemblée générale annuelle ce mardi 17 février 2026, il présente un premier trimestre rythmé par des concerts, des projections et des actions culturelles, tout en consolidant sa structuration entamée à la rentrée dernière.
Une structuration renforcée et des distinctions.
Depuis septembre 2025, Fragments a fait peau neuve avec une nouvelle identité visuelle, un site internet dédié et un conseil d’administration élargi. Le projet est porté par un trio de professionnelles du secteur culturel : Sandrine Le Maléfant, Lou Prigent et Elsa Viguier. Cette dernière a d’ailleurs été distinguée lors du MaMA Music & Convention 2025, recevant le prix « La Nouvelle Onde » dans la catégorie « Je choisis tout ».
Le collectif peut également compter sur une marraine de prestige, l’organiste Rhoda Scott, et sur de nouveaux partenaires tels que le média Citizen Jazz ou la SMAC Victoire 2, qui apporte désormais un soutien technique pour le stockage de l’exposition itinérante phare de l’association.
Un agenda hivernal et printanier dense.
Les mois à venir s’annoncent chargés pour l’association, qui déploie ses actions entre Paris, l’Occitanie et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
À Paris, le 38Riv Jazz Club accueillera plusieurs « Femmages » : le 24 février avec la pianiste Ramona Horvath célébrant Mary Lou Williams, le 27 mars avec la guitariste Katia Schiavone honorant Mary Osborne, et le 18 avril avec Leïla Olivesi pour un hommage à Geri Allen.
En région, le programme est tout aussi riche. Le mercredi 18 mars, le cinéma Nestor Burma de Montpellier projettera « Vivre & laisser vivre », un documentaire sur la chanteuse soul trans Jackie Shane. Le mois d’avril sera marqué par le temps fort « Osez Joséphine ! » à Saint-Jean-de-Védas, en partenariat avec le JAM Montpellier et la SMAC Victoire 2, où un extrait de l’exposition sera visible dès le 3 avril.
Le rayonnement de l’association touche aussi le Var, avec une conférence intitulée « Matrimoine et jazz, retrouver les traces, ré-écrire l’histoire » prévue le 25 avril lors du Festival Présence Compositrices à La Celle. Enfin, le 16 mai, une sieste musicale sera proposée à Masillargues (Gard) pour redécouvrir les grandes figures du jazz féminin.
Combattre l’effet Matilda dans le jazz.
Le cœur du combat de Fragments réside dans la lutte contre l’effet Matilda, ce phénomène qui consiste à minimiser ou nier la contribution des femmes à l’histoire. Les statistiques sont éloquentes : si les femmes représentent 83 % des chanteuses de jazz, elles constituent moins de 10 % des instrumentistes (batterie, piano, cuivres) et seulement 3 % des directeurs artistiques ou programmateurs.
Pour illustrer ce propos, le collectif met souvent en avant l’histoire de Viola Smith. Surnommée « la batteuse la plus rapide du monde » dans les années 1930, elle fut une pionnière de la double grosse caisse et publia dès 1942 un plaidoyer pour l’égalité dans les orchestres. Pourtant, son nom a souvent été omis des ouvrages de référence.
Une exposition évolutive et immersive.
L’outil principal de cette sensibilisation reste l’exposition « Femmes de jazz, une autre histoire du jazz ». Conçue comme un musée itinérant avec une scénographie immersive recréant l’ambiance d’un club, elle présente des disques, photos et archives chinés avec soin.
L’année 2026 doit permettre la constitution d’un comité de recherche scientifique pour piloter l’enrichissement de ce fonds, avec l’ambition de développer des collaborations européennes et internationales à l’horizon 2030. L’association appelle d’ailleurs les passionnés et chercheurs à rejoindre l’aventure pour identifier de nouveaux portraits ou apporter un soutien technique.
Appel aux adhésions et au soutien.
Pour mener à bien ces missions, incluant également des modules d’éducation artistique et culturelle en milieu scolaire ou carcéral, Fragments lance sa campagne d’adhésion 2026. Le public est invité à soutenir la structure, que ce soit par le don, le bénévolat ou le partage de compétences.
Toutes les informations et la programmation détaillée sont disponibles sur le site de l’association : https://asso-fragments.com
