MONACO : François de CANSON : « L’exigence environnem…
Partager :

MONACO : François de CANSON : « L’exigence environnementale doit renforcer notre filière nautique »
Depuis le Yacht Club de Monaco, François de Canson a défendu une vision où l’écologie devient un levier de souveraineté pour la filière nautique.
C’est dans le cadre prestigieux du Yacht Club de Monaco, lieu emblématique de « l’excellence, l’innovation et le leadership » maritime, que François de Canson a livré un plaidoyer pour une transformation profonde de la filière du nautisme et du yachting. Devant un parterre d’acteurs du secteur, il a appelé à dépasser la caricature opposant performance économique et responsabilité environnementale pour faire de cette dernière un moteur de puissance industrielle pour l’Europe.
Une filière stratégique au-delà des clichés
François de Canson a d’abord rappelé le poids économique considérable du nautisme, notamment en Région Sud, où il représente plus de 22 000 emplois et génère 2,5 milliards d’euros de richesse. Pourtant, cette filière d’excellence souffre, selon lui, d’une perception biaisée.
« Aujourd’hui, cette image est caricaturée, avec cette fâcheuse et facile tendance d’opposer performance économique et exigence environnementale », a-t-il déploré, avant de marteler sa conviction : « Je veux le dire ici clairement : cette opposition est fausse ».
Pour preuve, il a souligné l’engagement de longue date des professionnels du secteur.
« La réalité, c’est que toute la filière est déjà en mouvement. Ports propres, innovations technologiques, transition énergétique : les acteurs sont engagés depuis des années », a-t-il affirmé.
Il a notamment cité en exemple la démarche « Ports Propres », dans laquelle plus de 14,5 millions d’euros ont été investis depuis 2015 pour améliorer les infrastructures et les pratiques environnementales.
De la contrainte à l’opportunité : fixer les standards
Si les efforts passés sont louables, ils ne suffisent plus face aux enjeux actuels.
« Nous sommes entrés dans une nouvelle phase. Une phase où il ne s’agit plus seulement de faire, mais de prouver, de structurer, et surtout de prendre la main », a insisté François de Canson.
L’objectif est clair : la filière ne doit plus subir les normes, mais les créer et les porter au niveau international pour en faire des atouts compétitifs.
Il a salué les initiatives monégasques, comme le SEA Index pour évaluer l’empreinte environnementale des yachts, ou les travaux sur le refit et l’apport de l’intelligence artificielle portés par le RYN (Refit Yachting Network).
« Vous ne suivez pas le mouvement. Vous le créez », a-t-il lancé à l’auditoire, soulignant que cette proactivité est l’ADN même du secteur.
Un enjeu de souveraineté industrielle européenne
Derrière cette prise en main se cache une ambition majeure : celle de la souveraineté maritime et industrielle du continent.
« Produire en Europe. Innover en Europe. Fixer les règles en Europe. C’est tout le sens de notre stratégie », a-t-il déclaré avec force.
Il a mis en avant des outils concrets comme la certification « Territoire engagé pour la Méditerranée » ou les travaux menés avec l’European Boating Industry sur l’analyse du cycle de vie des bateaux, qui marquent l’entrée dans « une nouvelle ère : celle de la mesure, de la transparence et de la performance environnementale ».
La philosophie est de transformer les standards en avantages concurrentiels.
« L’exigence ne doit jamais affaiblir notre filière. Elle doit au contraire la renforcer. Les normes ne doivent pas être des contraintes subies. Elles doivent être des leviers de puissance », a-t-il expliqué.
Réinventer le luxe et structurer l’avenir
Cette mutation passe inévitablement par une redéfinition du concept même de luxe dans l’univers du yachting.
« Demain, le vrai luxe ne sera plus seulement dans la taille ou dans la performance. Il sera dans la capacité à concilier excellence, discrétion environnementale, et responsabilité », a visionné François de Canson.
Pour y parvenir, il a évoqué le futur contrat de filière nautisme, dont l’ambition est de « structurer une chaîne de valeur complète, moderniser nos ports, investir dans l’innovation, former, recycler, transformer ».
Enfin, il a conclu son intervention en rappelant la responsabilité collective vis-à-vis de la Méditerranée, « un trésor, un patrimoine unique au monde », mais aussi « un espace sous tension, en première ligne du dérèglement climatique ».
Face à ces défis, il a appelé à une action à la hauteur des enjeux, à l’image du leadership incarné par Monaco et la Région Sud.
via Presse Agence.


