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MARSEILLE : Transition écologique – François de CANSON : « La Région Sud réaffirme son ambition avec un budget 100 % vert »

À l’occasion de la 3ème COP régionale, François de Canson, vice-président de l’exécutif, au nom de la Région Sud a dressé le bilan de sa politique écologique et réaffirmé ses ambitions.

Dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires et des incertitudes géopolitiques, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a réuni ce mercredi 3 juin 2026 sa troisième Conférence des Parties (COP) régionale. En présence du ministre de la Transition écologique et de nombreux acteurs du territoire, l’exécutif régional a réaffirmé sa volonté de poursuivre et d’accélérer la transformation écologique, se positionnant comme un acteur majeur de la planification écologique en France.

« La Région demeurera un pôle de stabilité, de responsabilité et d’action », a martelé François de Canson en ouverture de séance.

Lancée il y a deux ans aux côtés du ministre Christophe Béchu, cette initiative a abouti le 11 décembre 2024 à un plan de transformation validé par près de 500 participants, structuré autour de 16 feuilles de route.

Une décennie d’engagements et de résultats concrets

La politique environnementale de la Région Sud ne date pas d’hier. Dès 2017, un premier Plan Climat a été co-construit avec les collectivités, les industriels, les entreprises et les associations.

L’objectif initial était clair : « Faire de la Région Sud la première région d’Europe respectant pleinement les Accords de Paris ».

« Cet engagement s’est traduit par une part croissante du budget régional dédiée à l’environnement, passant de 20 % (soit 370 millions d’euros en 2018) à 40 % aujourd’hui sous la bannière de la stratégie « COP d’Avance ». Le bilan présenté fait état de résultats significatifs dans cinq domaines clés. Concernant la qualité de l’air, aucun pic de pollution n’a été enregistré dans les Alpes et l’électrification des ferries à Marseille (« Escale Zéro Fumée ») a permis de réduire de 25 % les émissions de polluants. Pour la mer, 100 % des ports de plaisance sont engagés dans la démarche « Ports Propres ». Sur terre, trois millions d’arbres ont été plantés en trois ans, les surfaces brûlées ont été divisées par deux depuis 2017, et 37 % des surfaces agricoles sont cultivées en bio. Le secteur de l’énergie a vu l’installation de la première ferme pilote d’éoliennes flottantes au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône et une augmentation de 45 % de la puissance photovoltaïque. Enfin, le recyclage des déchets ménagers a progressé de 10 % en trois ans », a repris François de Canson.

Un budget 100 % vert, une première en Europe

Depuis le 16 décembre 2023, la Région a franchi une étape décisive en adoptant le premier budget 100 % vert d’Europe. Chaque euro investi est désormais soumis à des critères environnementaux stricts, basés sur des standards internationaux, afin de garantir une contribution directe à la transition écologique. Cette ambition est pilotée par des outils de gouvernance solides tels que le Parlement de la Mer, le Comité régional de l’énergie ou encore l’AGORA de l’eau. Devenue Région pilote de la planification écologique le 14 novembre 2022, Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est imposée comme un laboratoire national. La reconnaissance de cette action est également internationale, avec l’adhésion au réseau R20, un accord avec le Costa Rica et un partenariat avec l’UNESCO.

Perspectives 2026 et déception olympique

Le maire de La Londe-les-Maures a ajouté : « L’année 2025 a été marquée par la ratification des accords pour la transition par 122 acteurs régionaux et l’accélération de plusieurs plans (solaire, éolien flottant, réutilisation des eaux usées). Pour 2026, des projets structurants sont prévus, comme la dérivation de l’étang de Berre pour préserver l’écosystème et sécuriser l’irrigation de la plaine de la Crau, ainsi que la création du dixième Parc naturel régional des Maures–Estérel–Tanneron. Cependant, une ombre pèse sur ces perspectives : le retrait du pôle glace de Nice pour les Jeux Olympiques d’hiver de 2030, qualifié de « conséquences dramatiques » par la Région. Sont évoqués plus de 300 millions d’euros d’investissements perdus et des retombées économiques estimées à 550 millions d’euros qui n’irrigueront pas le tissu local.

La mobilisation et les financements, clés de la réussite

L’exécutif régional a insisté sur l’importance de la mobilisation collective, citant en exemple l’opération « Nettoyons le Sud » qui a rassemblé le weekend dernier 25 000 citoyens pour collecter plus de 100 tonnes de déchets.

Pour accélérer, les financements de l’État, via le Fonds Vert et l’ADEME, sont jugés indispensables. Ce dispositif a représenté une enveloppe de 160 M€ pour la région en 2023, mais les montants sont décroissants (138 M€ en 2024, 75 M€ en 2025 et 64 M€ prévus pour 2026). Ces fonds ont permis de concrétiser des projets majeurs comme la réhabilitation du Lycée Félix Esclangon à Manosque (5 M€), la rénovation énergétique de la Cité mixte Charles de Gaulle à Apt (7 M€) ou encore l’expérimentation d’une ligne de covoiturage entre Toulon et Cuers (1 M€). La Région entend rester « l’acteur du dernier kilomètre », aux côtés de tous les partenaires locaux, pour atteindre les objectifs fixés », a conclu le vice-président régional.

Photo Région Sud via Presse Agence.