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MARSEILLE : Santé environnementale – Pollution de l’air et risques sanitaires persistent sur l’Étang de Berre

AtmoSud publie l’étude SCENARII-2 : si la pollution baisse sur l’Étang de Berre, des risques sanitaires industriels persistent pour 28 000 habitants.

C’est un dossier majeur pour la santé publique et l’avenir industriel de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dix ans après une première évaluation qui avait fait date, AtmoSud, en collaboration avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) et la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL), dévoile les résultats de SCENARII-2. Cette vaste étude dresse un nouvel état des lieux des risques sanitaires liés à l’exposition chronique à la pollution atmosphérique sur la zone de l’Étang de Berre, un territoire dense regroupant 66 communes.

Financée dans le cadre du Plan régional santé environnement (PRSE), cette enquête approfondie avait un double objectif : évaluer l’efficacité des mesures prises depuis une décennie et caractériser précisément les risques actuels liés à 30 polluants spécifiques. Si les efforts de réduction des émissions portent leurs fruits, la vigilance reste de mise pour une partie significative de la population riveraine.

Une amélioration globale mais des points noirs

Le premier enseignement de SCENARII-2 est encourageant. Les mesures effectuées sur le terrain confirment que les concentrations des polluants identifiés ont globalement diminué ou se sont stabilisées. Ce constat traduit l’impact positif des différentes actions engagées par les acteurs du territoire pour réduire l’empreinte atmosphérique des activités humaines et industrielles.

Cependant, comme sur l’ensemble de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, quatre polluants réglementés au niveau européen continuent de présenter un risque pour la santé publique. Il s’agit de l’ozone, du dioxyde d’azote ainsi que des particules fines (PM10 et PM2.5). Ces polluants, issus du trafic routier, du chauffage et de l’industrie, forment un bruit de fond de pollution qui ne se limite pas à la zone de l’Étang mais concerne de vastes territoires urbains.

Le « cocktail » industriel et les risques CMR

La spécificité de l’étude réside dans l’analyse des risques liés au tissu industriel local. SCENARII-2 met en évidence des niveaux de risque supérieurs à la valeur de référence, principalement causés par un cumul d’exposition à des polluants classés comme CMR (cancérigènes, mutagènes et/ou reprotoxiques).

L’étude pointe particulièrement du doigt quatre substances, majoritairement issues des activités industrielles, qui contribuent de façon prépondérante à cet excès de risque : l’oxyde d’éthylène, le 1,2-dichloroéthane, le cobalt et le chlorure de vinyle monomère. À ce cocktail toxique s’ajoutent, localement, d’autres composés participant à l’excès de risque sanitaire, tels que le benzène, le 1,3-butadiène ou encore le naphtalène. Ces résultats soulignent la complexité de la pollution atmosphérique dans cette zone où se concentrent de nombreuses installations pétrochimiques.

Jusqu’à 28 000 habitants exposés sur le long terme

Pour évaluer l’impact réel sur les populations, les experts d’AtmoSud ont modélisé deux scénarios d’exposition distincts. Le premier, qualifié de « scénario riverain adulte » et considéré comme réaliste, se base sur une durée d’exposition de 30 ans. Dans cette configuration, l’étude estime qu’environ 400 personnes sont exposées à un excès de risque cumulé, ce qui représente moins de 0,1 % de la population totale de la zone étudiée.

Le second modèle, beaucoup plus prudent et appelé « scénario riverain vie entière », projette une exposition continue à la pollution atmosphérique sur une durée de 70 ans. Dans cette hypothèse majorante, les chiffres sont nettement plus préoccupants : ce sont 28 000 habitants qui seraient concernés par cet excès de risque, soit 4,5 % de la population du territoire.

Un outil d’aide à la décision publique

Il est important de préciser la portée de ces travaux. Comme le soulignent les auteurs du rapport, cette étude permet de comparer des situations d’exposition théoriques à des valeurs de référence sanitaires. Elle ne constitue pas un diagnostic médical mesurant l’état de santé réel des populations à l’instant T, ni ne prédit l’apparition certaine de maladies pour les individus.

SCENARII-2 se veut avant tout un outil d’aide à la décision stratégique. En cartographiant précisément les zones et les polluants à risque, l’étude doit permettre aux pouvoirs publics et aux industriels d’orienter plus efficacement les futures actions de prévention et de réduction des émissions à la source.

Le dossier complet de l’étude est consultable en ligne via ce lien : https://2reug.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsDg0mC1vXiyauvdtnyQ0v/Url0E2ctpvDm