MARSEILLE : Municipales – Forces Vives impose la ques…
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MARSEILLE : Municipales – Forces Vives impose la question des associations de quartier aux candidats
Le mouvement Forces Vives somme les candidats aux municipales de signer une charte garantissant reconnaissance et moyens aux associations de quartier.
Alors que la campagne pour les élections municipales bat son plein dans la cité phocéenne, le mouvement citoyen Forces Vives entend bien dicter une partie de l’agenda politique. Ce vendredi 27 février 2026, l’organisation, qui fédère associations, collectifs d’habitants et acteurs de la société civile des quartiers populaires de Marseille, a adressé une « Charte de reconnaissance des associations de proximité » à l’ensemble des têtes de listes.
Si le mouvement avait clarifié sa position le 13 février dernier en affirmant qu’il n’apporterait son soutien à aucun parti politique, il refuse pour autant de rester spectateur. L’objectif est clair : placer la survie et le développement du tissu associatif local au cœur des débats.
Un acteur vital mais précaire
Le constat dressé par Forces Vives est sans appel. Dans de nombreux quartiers, ce sont ces structures, souvent qualifiées d’associations « de bas d’immeuble », qui assurent le maintien du lien social là où les institutions ont parfois reculé. Soutien scolaire, aide alimentaire, médiation ou accès aux droits : elles remplissent des missions de service public de fait. Pourtant, ces acteurs de terrain déplorent des moyens dérisoires et un manque criant de considération institutionnelle.
Pour le collectif, il ne s’agit plus de demander des faveurs, mais d’exiger des droits. La charte envoyée aux candidats pose un principe fondateur : la « citoyenneté associative ». Elle réclame que ces structures soient considérées comme des partenaires à part entière, au même titre que les CIQ ou les conseils citoyens. « Pas de politique de la ville sans celles et ceux qui font la ville au quotidien », martèle le mouvement, qui exige d’être intégré dans toutes les instances de démocratie locale et de co-construction des politiques publiques.
Sortir de la logique de survie
Le document, très détaillé, s’attaque au nerf de la guerre : les moyens matériels et financiers. La précarité immobilière est l’un des fléaux ciblés. « Pas de lien social sans lieu social », rappelle le texte. Forces Vives demande la création d’un parc de « locaux associatifs de grande proximité » avec des baux pérennes et des loyers adaptés. Ils exigent également la mise en place d’une plateforme publique recensant les salles disponibles pour mettre fin à l’opacité des attributions.
Sur le plan financier, la charte veut en finir avec la dictature des appels à projets ponctuels qui épuisent les équipes. Les associations réclament un « socle associatif de proximité » via des financements pluriannuels sur 3 à 5 ans, permettant de stabiliser les structures. La demande de transparence est également centrale : le mouvement souhaite la publication annuelle de la répartition des subventions par quartier pour objectiver et combattre les inégalités territoriales.
Professionnaliser pour ne plus subir
L’autre volet majeur concerne les ressources humaines. « On ne construit pas l’intérêt général avec des bouts de temps libre », souligne le communiqué. Dénonçant une dépendance épuisante au bénévolat pour des missions relevant de l’ingénierie sociale, Forces Vives propose un « plan emploi associatif de proximité ». Ce dispositif viserait à financer des postes pérennes (médiateurs, éducateurs, coordinateurs) ciblés sur les quartiers populaires.
En parallèle, la charte suggère la création d’un centre de ressources pour accompagner la montée en compétence des bénévoles et salariés, notamment sur les questions juridiques et numériques.
Un ultimatum politique contre le clientélisme
Au-delà des moyens, c’est une question de dignité et d’indépendance qui est posée. La charte insiste sur la protection de la liberté d’expression des associations contre « toute instrumentalisation clientéliste ». Elle réclame également que ces structures deviennent des partenaires incontournables des plans locaux contre les discriminations. « Donner des moyens aux associations, c’est donner une voix aux quartiers », résume le collectif.
Le document a été envoyé ce matin aux équipes de Franck Allisio, Rémy Bazzali, Erwan Davoux, Sébastien Delogu, Christine Juste, Benoît Payan, Coralie Raynaud et Martine Vassal. Le ton est celui de l’ultimatum : les prétendants à la mairie ont jusqu’au lundi 9 mars à 12h pour signer cet engagement.
En apposant leur signature, les candidats s’engageraient non seulement à intégrer ces mesures à leur programme, mais aussi à planifier leur mise en œuvre dès la première année de mandat. Forces Vives a d’ores et déjà prévenu : un communiqué sera publié à l’issue de cette échéance pour afficher publiquement la liste des signataires et, surtout, celle des non-signataires.
Le texte complet de la charte est consultable en ligne (https://lzbq1.r.ag.d.sendibm3.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsDg0ipWzPTIugiuzXCqUD/erOXrXYrDsEL) et plus d’informations sont disponibles sur le site du mouvement : https://www.forcesvivesmarseille.org.