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MARSEILLE : Les gestionnaires de milieux naturels et aqua…

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MARSEILLE : Les gestionnaires de milieux naturels et aquatiques lancent un appel garantir sa juste part d’eau à la nature

« Eau & Biodiversité : garantir sa juste part d’eau à la nature ».

Les gestionnaires de milieux naturels et aquatiques en région lancent un appel à l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité. À l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité le 22 mai, les gestionnaires de milieux naturels et aquatiques de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Parcs naturels, réserves, syndicats de rivières…) souhaitent lancer un appel pour garantir sa juste part d’eau à la nature… Autrement dit, lui permettre d’avoir suffisamment d’eau pour assurer les services vitaux qu’elle rend chaque jour, notamment dans le grand cycle de l’eau lui-même et que la technologie et le progrès ne suffiront pas à compenser. Cet appel est soutenu par la Région Sud et l’État (Agence de l’eau, DREAL, Office français de la biodiversité). Sur notre planète, l’eau existe sous différents états : liquide dans les océans, les rivières, les lacs, et les nappes, solide sous forme de glace, de neige et de givre ou encore gazeux dans l’air. Selon les conditions physico-chimiques, l’eau se déplace dans ces différents compartiments : évaporation, précipitation, infiltration et ruissellement. La nature joue un rôle essentiel dans le grand cycle de l’eau que ce soit dans l’infiltration, le ruissellement et l’évaporation.

Si la nature se dégrade, le cycle de l’eau se dégrade aussi et cela contribue aux phénomènes de sécheresses et d’inondations déjà croissants sous l’effet du changement climatique. Or la nature est souvent considérée comme un usager de l’eau parmi d’autres (à côté de l’agriculture, de l’industrie ou du tourisme par exemple) alors qu’elle en est la source. La part d’eau laissée à la nature est régulièrement rognée, voire sacrifiée en cas de tension entre les usages malgré les mises en garde des experts… avec des conséquences qui peuvent être dramatiques à l’instar du Parc national de Doñana en Andalousie !

Ce manque d’eau vient se surajouter aux autres pressions qui détruisent notre biodiversité. 41 % des espèces de vertébrés observées en région voient leur population décliner entre 2000 et 2021. Au regard du rôle inestimable assuré par la nature dans le grand cycle de l’eau, il est certain que la technologie et le progrès ne suffiront pas à compenser. Les gestionnaires de milieux naturels et aquatiques, qui couvrent l’ensemble de la région, ont une connaissance précise, technique et scientifique, essentielle pour éclairer les politiques publiques. Ce qui en fait de véritables sentinelles de la nature. Ils entendent aujourd’hui nous alerter sur l’accélération de la dégradation de ces milieux notamment liée au manque d’eau dans un contexte où les usages pour les humains sont eux-mêmes en forte tension et en augmentation… Il est temps, selon eux, de garantir sa juste part d’eau à la nature !

Des solutions existent et des projets innovants voient le jour en s’appuyant sur l’expertise des gestionnaires et sur le concept des Solutions Fondées sur la Nature : préservation des espaces naturels, des zones humides, agroécologie, génie écologique, nature en ville et désimperméabilisation des sols etc. Cet appel se fonde notamment sur les travaux qu’ils ont menés lors d’une Université intitulée « L’eau et les gestionnaires de milieux face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain », organisée par l’ARBE en septembre 2023 avec le soutien de la Région Sud, de l’État (DREAL, OFB, Agence de l’eau) en partenariat avec le Conservatoire des Espaces Naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Tour du Valat, le Parc naturel régional du Verdon et le Département des Alpes de Haute-Provence. Avec cet appel, il s’agit, pour les gestionnaires d’une part de nous aider à mieux comprendre les enjeux et d’autre part de partager les bonnes pratiques et les solutions pour permettre de garantir sa juste part d’eau à la nature.

Pourquoi doit-on garantir sa juste part d’eau à la nature ?

Le bassin méditerranéen est, et devrait rester, parmi les régions les plus affectées par le changement climatique, en particulier en ce qui concerne les précipitations et le cycle hydrologique. L’évolution des températures globales régionales va avoir des conséquences importantes en région Provence-Alpes-Côte d’Azur à la fois sur la santé des milieux aquatiques et sur nos usages de l’eau. Cette tension de plus en plus intense sur l’eau impacte la faune et la flore de notre région, déjà en forte diminution du fait de l’artificialisation des sols et de la surexploitation des ressources. Certains territoires ont malheureusement eu la douloureuse expérience de ne pas considérer le fonctionnement global de leur écosystème et la place centrale de la nature : l’exemple de Doñana, joyau naturel espagnol en péril, a de quoi nous alerter !

Comment peut-on garantir sa juste part d’eau à la nature ?

Dans ce contexte, les gestionnaires sont des experts à solliciter sur l’ensemble des projets pour avoir une connaissance précise et scientifique des enjeux et une aide à la décision précieuse. Par ailleurs, les Solutions Fondées sur la Nature se déploient permettant d’utiliser des techniques efficaces qui vont s’appuyer sur le fonctionnement de la nature et ainsi contribuer à sa préservation : maintien des espaces naturels, des zones humides, agroécologie, génie écologique, nature en ville et désimperméabilisation des sols, … L’Action publique est nécessaire pour impulser des dynamiques locales, régionales et nationales, en matière de préservation de la biodiversité et de gestion de l’eau. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, elles convergent sous le chef de filât biodiversité de la Région Sud, et se complètent. Enfin, sur le plan international, depuis plusieurs années, un nouveau champ juridique émerge pour redonner pleinement ses droits à la nature !