MARSEILLE : Le rôle actuel des experts-comptables
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MARSEILLE : Le rôle actuel des experts-comptables
Pour se réinventer, il faut d’abord se connaître et savoir ce que nos clients pensent de nous.
C’est dans cet esprit que nous avons souhaité interroger les entreprises de notre région sur leur perception de l’expertise-comptable. Cette étude nous apporte un regard extérieur, lucide et précieux. Elle éclaire à la fois les points de force de notre Profession et les attentes qui s’expriment pour l’avenir. Elle constitue une base de réflexion indispensable pour continuer à faire évoluer nos missions et renforcer notre utilité auprès des entreprises que nous accompagnons au quotidien.
L’Ordre des Experts-Comptables Provence-Alpes-Côte d’Azur (OEC PACA), dans une démarche d’adaptation stratégique de la profession, a souhaité faire réaliser une étude approfondie sur les perceptions et attentes des entreprises de la région vis-à-vis de leurs experts-comptables. Cette réflexion s’inscrit dans une volonté d’optimisation de l’offre des cabinets, en complément des missions traditionnelles de conformité, et prend en compte les innovations telles que l’intelligence artificielle et la numérisation.
La profession d’expert-comptable est traditionnellement ancrée dans des missions de conformité et de fiabilité financière, et cette enquête confirme cette orientation tout en révélant des nuances dans la perception des entreprises. L’utilisation des services d’un expertcomptable ou d’un cabinet est massive, avec 97 % des répondants recourant à un prestataire externe et 6 % à une solution interne, tandis que seulement 1 % gèrent leur comptabilité sans assistance professionnelle (Q0).



Cette prédominance s’explique par la nécessité légale de produire des bilans et déclarations, mais aussi par la confiance accordée à la profession pour gérer les finances et obligations légales, comme l’indiquent 87 % des répondants qui font le plus confiance aux EC dans ce domaine. Les mots associés à l’expert-comptable reflètent cette dualité : « bilan » et « expertise » sont fréquents, mais aussi « cher » et « confiance », illustrant à la fois l’utilité perçue et les critiques potentielles. Une analyse qualitative des verbatim montre que les répondants associent souvent l’EC à un rôle de « déchargement administratif », soulignant l’importance de la délégation pour les entreprises occupées par leur cœur de métier.
Les rôles principaux attribués aux EC sont centrés sur la conformité, avec 99 % des entreprises les sollicitant pour établir les bilans, 75 % pour les paies ou déclarations sociales, 75 % pour les déclarations fiscales, 57 % pour accompagner la gestion de l’entreprise, et 35 % pour protéger contre les redressements fiscaux ou sociaux. Un croisement avec les secteurs révèle des variations significatives : dans le commerce, 83 % des répondants utilisent les EC pour les paies, contre 60 % dans la construction, indiquant une dépendance plus forte aux services sociaux dans les secteurs à forte main-d’œuvre variable.
La satisfaction globale est élevée, avec 94 % des répondants indiquant que l’accompagnement leur convient, bien que 3 % estiment que l’EC pourrait faire plus et 5 % qu’il devrait anticiper davantage. Ces nuances sont corroborées par les verbatim, où certains expriment une frustration liée à un manque de proactivité, comme « Non, je voudrais qu’il anticipe davantage », tandis que d’autres louent la stabilité, telle que « Oui, ça me convient ». La fréquence des échanges est régulière, avec 58 % des répondants échangeant au moins une fois par semaine et 36 % par mois, jugée suffisante par 99 %, ce qui souligne une relation établie et opérationnelle. La confiance en l’EC actuel est affirmée par 85 % des répondants qui la qualifient de totale et 11 % de plutôt oui, avec seulement 3 % plutôt non et 2 % pas du tout. Les facteurs principaux de cette confiance incluent la disponibilité (73 %), la qualité du service (53 %), l’expertise technique (49 %), la connaissance du secteur (42 %), et la confidentialité (25 %).
Un croisement avec les fonctions montre que les dirigeants valorisent particulièrement la disponibilité (74 %), tandis que les comptables mettent l’accent sur l’expertise technique (58 %). Ces résultats indiquent que les expertscomptables occupent une position centrale dans l’écosystème des entreprises PACA, non seulement comme garants de la conformité réglementaire, mais aussi comme partenaires potentiels pour des conseils plus avancés. Cependant, la satisfaction élevée masque une demande latente d’anticipation, qui pourrait être adressée par une intégration accrue des outils numériques, comme exploré dans les sections suivantes. Une comparaison avec des études nationales, telles que celle du CNOEC (2024), montre que la confiance en PACA (97 % utilisation) est légèrement supérieure à la moyenne française (92 %), suggérant un attachement régional plus fort à la profession.
SOURCE : Les résultats de l’enquête présentée au Congrès régional de l’OEC PACA.


