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MARSEILLE : Le Gouverneur de la Banque de France écrit au président de la République, du Sénat et de l’Assemblée nationale
La Lettre du Gouverneur de la Banque de France au président de la République, au président du Sénat et à la présidente de l’Assemblée nationale.
Tradition républicaine depuis 1945, la Lettre au Président de la République permet au Gouverneur de la Banque de France d’exprimer son analyse et ses recommandations sur la situation économique nationale.
Intitulée « De la tétanie à la mobilisation générale, comment agir face au basculement américain », elle s’inscrit cette année dans une forte incertitude et un contexte géopolitique tendu suite aux annonces protectionnistes de l’administration Trump.
Elle se structure en deux parties :
Face à l’imprévisible, dépasser la tétanie
La Lettre appelle à la lucidité et à l’action.
Les prévisions de croissance pour 2025 (0,7 % pour la France, 0,9 % pour la zone euro) restent valides malgré les récents chocs. L’impact potentiel des nouvelles barrières tarifaires serait seulement de -0,25 point de PIB pour la zone euro (-1 pt pour les États-Unis), et un niveau encore inférieur pour la France, ce qui la rend plus résiliente. L’inflation modérée, conjuguée à une hausse des salaires réels, soutient le pouvoir d’achat et la consommation. L’euro, loin de se déprécier, résiste, voire s’apprécie face au dollar, illustrant la confiance des marchés dans l’Europe. Bien que l’euro ne soit pas conçu comme une monnaie internationale, il joue un rôle stratégique de stabilisation dans un contexte global incertain. Si la Banque de France ne propose pas directement de contre-mesures commerciales, elle souligne l’importance d’une réponse européenne coordonnée, graduée et orientée vers la négociation, notamment avec la diversification vers d’autres régions clés comme l’Amérique latine ou l’Asie du sud-est.
Pour retrouver la maîtrise de notre destin économique, l’urgence d’une mobilisation générale
La Lettre rappelle trois priorités pour renforcer l’autonomie stratégique :
Ancrer notre souveraineté monétaire : il faut d’abord que la BCE fasse preuve d’un « pragmatisme agile » pour l’évolution des taux directeurs, en tenant compte des données sur l’inflation. Il faut aussi un développement de l’euro numérique face aux cryptos-actifs privés, notamment américains. Enfin, le rôle international de l’euro pourrait être poussé.
Reconquérir notre souveraineté budgétaire, en France, avec l’objectif de stabiliser la dette grâce à une stratégie de moyen terme crédible, et un effort juste et partagé par tous (État, collectivités locales et administrations sociales). Il est nécessaire de tenir la prévision de déficit à 5,4% en 2025, pour revenir à 3% d’ici 2029.
Réactiver notre potentiel de croissance, afin d’augmenter la croissance potentielle vers un niveau de 1,5% par an, en mobilisant mieux le travail – sur un plan quantitatif et qualitatif – et l’innovation, notamment grâce à l’Union pour l’épargne et l’investissement (#UEI). Cela passe aussi par une simplification des normes.
La Lettre porte un message clair : la réponse doit être collective, européenne, et déterminée. La France et l’Europe conserve des atouts non négligeables. Face à un monde instable, il est temps de renforcer notre propre niveau de jeu.
Dans ce contexte, l’interview du Gouverneur du 9 avril sur France Inter : https://youtu.be/rO0KYKkifes?si=aCEa_VasO44fqGfI


