MARSEILLE : Guillaume FAURE : « La sobriété énergétique ne…
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MARSEILLE : Guillaume FAURE : « La sobriété énergétique ne repose pas uniquement sur des équipements connectés »
LibertéWatts dévoile son classement hivernal 2026 de la sobriété énergétique et souligne la mobilisation des ménages en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
L’hiver 2025-2026 restera marqué comme une période charnière pour la consommation électrique des ménages français. Alors que l’électricité représente désormais 62 % des dépenses énergétiques domestiques selon le SDES, la fin progressive du bouclier tarifaire et la réforme du cadre de régulation, intervenues au début de l’année 2026, ont transformé la gestion de l’énergie en un véritable enjeu financier. C’est dans ce contexte de tension sur le pouvoir d’achat que la start-up LibertéWatts (https://libertewatts.fr/) publie une analyse détaillée des comportements de consommation, basée sur un panel de près de 33 000 utilisateurs actifs.
Une mobilisation significative en région Sud
Si la performance énergétique est souvent analysée à l’échelle nationale, les données récoltées permettent une lecture territoriale précise. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche un bilan positif pour cette saison hivernale. Des milliers d’utilisateurs locaux se sont prêtés au jeu de l’ajustement de leur consommation lors des pics de demande.
Les résultats chiffrés pour la région sont concrets : 419 MWh d’électricité ont été économisés sur la période s’étendant d’octobre 2025 à février 2026. Cet effort collectif a permis d’éviter l’émission de 23 tonnes de CO₂. Sur le plan financier, l’impact pour les foyers participants n’est pas négligeable, avec un gain moyen de 37 euros par utilisateur sur la période observée. Ces chiffres témoignent d’une prise de conscience locale : la maîtrise de la consommation participe autant à la réduction de la facture qu’à la nécessaire stabilisation du réseau électrique régional.
Le comportement comme levier de performance
L’approche défendue par LibertéWatts repose sur le principe de l’effacement électrique diffus. Contrairement aux idées reçues, la technologie n’est pas l’unique solution. Guillaume Faure, fondateur et CEO de l’entreprise, insiste sur la dimension humaine de la transition énergétique : « La sobriété énergétique ne repose pas uniquement sur des équipements connectés ou des dispositifs automatisés. Des ménages ordinaires, sans infrastructure spécifique, peuvent réduire sensiblement leur consommation. Un geste individuel suffit à faire baisser la facture. Des milliers de gestes coordonnés permettent d’économiser plusieurs milliers de MWh et de contribuer à l’équilibre du réseau », explique le dirigeant.
Cette philosophie s’est traduite par plus d’un million de défis lancés via l’application mobile. Baisser le chauffage, éteindre les lumières inutiles ou reporter l’utilisation d’appareils électroménagers sont autant de micro-actions qui, mises bout à bout, génèrent des résultats macro-économiques. Au total, sur le plan national, ce sont 6 622 MWh qui ont été économisés et 371 tonnes de CO₂ évitées.
Disparités géographiques : quantité contre qualité
L’étude met en lumière un contraste intéressant entre la mobilisation en volume et la performance individuelle. Sans surprise, les régions les plus peuplées arrivent en tête en nombre de participants. L’Île-de-France domine ce classement avec 3 790 utilisateurs, suivie par les Hauts-de-France (3 730) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (3 576). La Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et la Bretagne complètent ce tableau des territoires où les usages numériques sont les plus répandus.
Cependant, lorsqu’on analyse l’efficacité des économies réalisées par utilisateur, la hiérarchie se transforme radicalement. La Normandie s’impose comme la région la plus performante avec une économie moyenne de 44 euros par foyer. Elle devance le Centre-Val de Loire (42,5 euros) et la Bourgogne-Franche-Comté (42 euros). Le Grand Est, la Nouvelle-Aquitaine et les Pays de la Loire suivent de près.
Cette dichotomie démontre que la densité de population ne garantit pas nécessairement l’efficacité énergétique la plus élevée. Les ménages s’engagent désormais dans une logique de « consommer mieux », en décalant leurs usages pour soulager le réseau, une démarche qui complète les dispositifs industriels traditionnels.
Une solution ludique pour ancrer les habitudes
Fondée en 2022, LibertéWatts tente de démocratiser la flexibilité électrique résidentielle. L’application mise sur la ludification pour encourager les « Wattiens » à adopter ces nouveaux réflexes. Les défis relevés sont convertis en récompenses, sous forme de bons d’achat ou de virements en euros. Ce modèle incitatif semble porter ses fruits, transformant la contrainte de la sobriété en une opportunité de gain, tout en répondant aux impératifs de la transition écologique.

