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MARSEILLE : Emploi – Les transports en région PACA à la conquête des talents féminins

À l’approche du 8 mars, l’Union des Transports Publics et Ferroviaires (UTPF) lance une offensive pour féminiser les métiers techniques en région Sud.

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, territoire stratégique pour les mobilités durables, fait face à une réalité contrastée. Si les réseaux de transports s’y développent à grande vitesse, les recrutements peinent à suivre, notamment en raison d’un vivier de candidats trop restreint. Face à ce constat, l’Union des Transports Publics et Ferroviaires (UTPF) pointe du doigt un gisement d’emplois encore largement inexploité : les femmes. À quelques semaines de la journée internationale des droits des femmes, l’organisation professionnelle met en lumière la nécessité absolue d’accélérer la mixité dans un secteur où les stéréotypes ont la vie dure.

Un levier de performance économique

Pour les opérateurs de transports en PACA, comme la Régie des Transports Métropolitains (RTM) à Marseille ou les réseaux ferroviaires régionaux, la féminisation n’est plus une simple question d’image, mais un impératif opérationnel. Les besoins en recrutement sont massifs sur les postes de conduite, de maintenance et de logistique. Pourtant, les candidates manquent à l’appel sur ces métiers techniques.

L’UTPF insiste sur le fait que « la mixité constitue un levier à la fois de performance économique et sociétal ». Dans un contexte de tension sur l’emploi, se priver de la moitié de la population active apparaît comme un non-sens économique. L’objectif est clair : transformer les mentalités pour que les femmes ne se limitent plus aux fonctions administratives ou commerciales, mais investissent les cabines de pilotage et les ateliers.

Un outil pédagogique pour déconstruire les préjugés

Pour briser le plafond de verre et susciter des vocations, l’UTPF mise sur la pédagogie et l’histoire. L’organisation dévoile un outil original : une bande dessinée intitulée « Voie de Femmes ». Ce support, accessible en ligne (https://www.futurentrain.fr/ressources/bd-du-ferroviaire/), alterne narration sensible et témoignages pour déconstruire les idées reçues.

L’ouvrage retrace le long chemin parcouru par les pionnières du rail et vise à normaliser la présence féminine dans des environnements perçus comme masculins. Il s’agit de fournir aux recruteurs, aux enseignants et aux familles un support concret pour montrer aux jeunes filles que la voie leur est ouverte.

D’une présence invisible à la technique : un siècle d’évolution

L’analyse historique fournie par l’UTPF permet de mesurer le chemin parcouru. En 1866, les femmes ne représentaient que 7,4 % des effectifs des compagnies ferroviaires, cantonnées à des métiers jugés subalternes comme gardes-barrières, ou à des statuts précaires liés à leur condition d’épouse ou de veuve de cheminot. Il a fallu attendre les grandes crises du 20ème siècle pour voir les lignes bouger. La Première Guerre mondiale a constitué un premier tournant, les femmes remplaçant les hommes partis au front dans les ateliers et les bureaux.

Pourtant, les barrières législatives ont longtemps freiné cette intégration. Des lois de protection, interdisant par exemple le travail de nuit (1892) ou le travail souterrain, ont paradoxalement servi à exclure les femmes de nombreux postes industriels. Ce n’est qu’en 1983, avec la loi sur l’égalité professionnelle, que l’accès à tous les emplois a été officiellement consacré. Cette même année, Sylvie Guedeville devenait symboliquement la première conductrice de TGV, marquant une rupture définitive avec le passé.

Vers un objectif de mixité technique

Aujourd’hui, la situation a changé, mais le déséquilibre persiste. En 2024, les femmes représentent 20 % des effectifs du secteur ferroviaire. Si ce chiffre est en progression, il cache une disparité fonctionnelle : elles restent majoritairement présentes dans les métiers de la relation client.

Les accords récents, comme l’accord-cadre européen « Women in Rail » signé en 2021, engagent désormais les entreprises à promouvoir la mixité sans imposer de quotas, mais en travaillant sur la culture d’entreprise. En région PACA, où la transformation des mobilités est un axe majeur de développement territorial, l’enjeu est désormais de voir ces 20 % s’étendre aux métiers de la maintenance et de l’ingénierie, pour que la féminisation du secteur ne reste pas à quai.