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MANTES LA JOLIE : Objectif Mantes, les photographies de …

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Floriane Dumont
30 Déc 2023

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MANTES LA JOLIE : Objectif Mantes, les photographies de 1888 à 1945 au Musée de l’Hôtel-Dieu

Connaissez-vous l’histoire rocambolesque de Mantes-la-Jolie ?

Victime de la colère de Guillaume le Conquérant, théâtre des amours d’Henri IV et cénotaphe légendaire du cœur de Philippe Auguste, « la petite Carcassonne » du royaume de France n’est pas une ville qui se laisse facilement cerner. Nombre d’artistes s’y sont pourtant essayés ; les peintres tout d’abord – à commencer par Turner, Chassériau et Corot – avant que les photographes ne finissent eux aussi par braquer leur objectif sur ce musée à ciel ouvert, sa collégiale Notre-Dame, sa fontaine Renaissance, son église Sainte-Anne de Gassicourt et sa tour Saint Maclou. Dès les années 1880, amateurs et professionnels immortalisent une ville en mouvement, tantôt pittoresque avec ses scènes de marché, son dédale de ruelles, tantôt effervescente avec ses boulevards commerçants et la foule de ses habitants. Puis les hommes prennent de la hauteur et cristallisent Mantes vue du ciel depuis les tours des monuments historiques, les ballons dirigeables ou les avions après la Seconde Guerre mondiale. Cette fascinante épopée photographique démarrant dans les années 1880 et s’étalant jusqu’aux bombardements de 1944, se dévoile aujourd’hui au cœur d’une ancienne chapelle du XVIIe siècle reconvertie en salle de bal, théâtre, cinéma et enfin musée. C’est dans ce merveilleux écrin du musée de l’Hôtel-Dieu que nous est contée cette fable en noir et blanc écrivant en filigrane l’histoire d’une cité mise en image par 68 tirages d’époque signés Eugène Atget, Félix Bertin ou Émile Zola

Le saviez-vous ?

Vous êtes-vous déjà demandé d’où venait le nom de Mantes-la-Jolie ? Lieu de villégiature de plusieurs rois de France, c’est Henri IV qui lui donne ce doux surnom en écrivant à sa maîtresse Gabrielle d’Estrées : « Je suis à Mantes, ma jolie ».

Une collection unique au monde

Cap sur la couleur ! Outre cette fantastique exposition en noir et blanc, le musée de l’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie conserve en son sein la plus importante collection dédiée à Maximilien Luce. De ses portraits de jeunesse à ses peintures engagées, de ses précieux dessins à ses toiles les plus tardives, ce corpus d’œuvres inégalé nous révèle le parcours d’un artiste néo-impressionniste révolutionnaire, peintre du monde ouvrier, proche du mouvement anarchiste et ami de Van Dongen, Seurat, Signac et Pissarro. Un artiste engagé dépourvu de toute vanité qui a osé souligner les contradictions de son époque… Homme de conviction, Luce a pour habitude de s’habiller simplement, de fréquenter les restaurants populaires et de fuir les salons, préférant mettre son art au service du peuple, dépeignant les mines, décrivant l’effort pour restituer « le tumulte des pays de flamme et de charbon ». Tout y est : les usines, les hauts fourneaux aux briques calcinées, les cheminées, les terrils. En divisant la couleur, Luce capture la lumière du Pays noir et livre une peinture à son image, radicale et entière