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LYON : Olivier MARZE : « Ce parcours nous a aidés à accepter de ne pas tout maîtriser »
L’Association Sainte Agnès poursuit sa collaboration avec Jean-Jacques Montlahuc pour transformer sa culture managériale par l’authenticité relationnelle.
L’Association Sainte Agnès, acteur historique de l’accompagnement du handicap dans la région lyonnaise, confirme ce mercredi 25 février 2026 la poursuite de sa collaboration avec Jean-Jacques Montlahuc. Cette alliance, loin d’être une simple prestation de conseil, vise à opérer une transformation profonde de la dynamique managériale au sein de l’institution. L’objectif affiché est clair : placer l’humain, la qualité du lien et la parole vraie au centre de l’action, tant pour les équipes que pour les personnes accompagnées.
Un impératif d’authenticité
La structure accompagne aujourd’hui près de 2 000 adultes en situation de handicap. Cette mission, qui repose sur l’humain, exige bien plus que de simples compétences techniques : elle nécessite une qualité relationnelle irréprochable au sein des équipes. Pour la direction, un enjeu majeur a émergé : la nécessité d’aligner la vision managériale de l’institution avec ses valeurs fondatrices.
Olivier Marze, directeur général de l’association, a rapidement acquis la conviction qu’un accompagnement juste des personnes vulnérables est impossible sans une authenticité réelle dans les rapports professionnels. Cette prise de conscience implique une remise en question continue de la posture des encadrants, interrogeant le rapport au pouvoir, la gestion des émotions, les mécanismes de contrôle et, in fine, la confiance.
Une méthode fondée sur l’espace relationnel
Pour mener à bien cette transformation, l’association s’appuie sur l’expertise de Jean-Jacques Montlahuc. Se définissant comme un « artiste de la relation », ce dernier propose une approche qui s’éloigne du consulting traditionnel ou de la formation prescriptive. Son intervention a permis de structurer un programme inédit, conçu comme une expérimentation collective. Ce dispositif comprend un parcours de leadership pour le comité de direction, un cursus dédié aux managers, des séminaires d’équipe ainsi que du coaching individuel. La méthode ne consiste pas à livrer des solutions clés en main.
« Je ne transmets pas un message, je crée un espace où quelque chose peut apparaître. C’est dans cet espace que les équipes retrouvent leur propre vérité », explique Jean-Jacques Montlahuc.
Libérer les énergies et la confiance
Les effets de cette démarche se sont manifestés rapidement au sein de l’organisation. Le travail effectué a permis aux équipes d’accepter le lâcher-prise, renonçant ainsi à l’illusion du contrôle total. Cette évolution a favorisé un renforcement de la confiance à double sens : des managers vers les salariés, et inversement. Les bénéfices sont multiples : un gain de temps et d’énergie grâce à des postures plus justes, une meilleure capacité à accueillir les émotions et une clarification des limites individuelles et collectives. Une culture managériale commune a ainsi émergé, définie par un socle partagé de 20 %, tout en laissant 80 % de latitude pour répondre aux spécificités de chaque équipe.
« Ce parcours nous a aidés à accepter de ne pas tout maîtriser, et à faire confiance. Ce lâcher-prise a été libérateur, humainement et opérationnellement », confirme Olivier Marze, soulignant la transformation de la manière d’exercer la responsabilité au sein de la structure.
Des retombées concrètes sur les investissements
Au-delà de l’aspect purement relationnel, cette nouvelle dynamique managériale a des conséquences directes sur les projets structurants de l’association. La fluidité des échanges et la sécurisation des relations ont favorisé l’émergence d’initiatives d’envergure.
L’association annonce ainsi la création prochaine de 24 places d’hébergement destinées aux jeunes adultes, un projet soutenu par un financement de 1,5 million d’euros obtenu auprès du département. Parallèlement, un investissement de 6,7 millions d’euros est consacré au bâtiment « L’Harmonyum ». Ce lieu partagé, qui regroupe huit autres entreprises, associations et un ESAT, incarne concrètement cette culture du lien. Le travail relationnel mené en amont a été déterminant pour sécuriser ce projet complexe.
Un acteur historique du territoire
Reconnue d’utilité publique, l’Association Sainte Agnès œuvre depuis plus de 150 ans auprès des personnes adultes fragilisées par le handicap intellectuel, les troubles associés ou le vieillissement. Elle emploie 500 professionnels, dont la moitié bénéficie d’une reconnaissance de travailleur handicapé, répartis sur cinq pôles d’activité couvrant l’hébergement, l’accueil de jour, le travail en milieu protégé, l’accueil familial et la protection des majeurs.
De son côté, Jean-Jacques Montlahuc continue d’explorer ce qui rend les organisations vivantes. Fort de vingt-cinq ans d’expérience et auteur de l’ouvrage *Se dire la vérité en entreprise*, il utilise le théâtre et l’intelligence collective pour accompagner les dirigeants vers un management plus conscient et incarné.