LYON : El Pozo, Chufi, La Española deviennent des cadeaux g…
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LYON : El Pozo, Chufi, La Española deviennent des cadeaux gourmands et réveillent les souvenirs
Il est 19 h, un mardi, dans un appartement de la banlieue de Lyon.
Carmen pose un carton sur la table de la cuisine. Elle l’a reçu le matin. C’est un cadeau de sa sœur, restée à Murcie. Dedans : du chorizo El Pozo, un bocal d’olives, une bouteille de horchata Chufi. Carmen ne dit rien pendant une minute. Elle ouvre le sachet de charcuterie, en coupe une tranche, la mange debout. « Ça, dit-elle, c’est le goût de chez moi. » Elle vit en France depuis onze ans. Le carton, elle l’attendait depuis trois semaines.
Pourquoi les saveurs d’Espagne manquent-elles autant quand on vit en France?
J’ai posé la question à plusieurs familles espagnoles installées entre Lyon et Saint-Étienne. La réponse revient toujours sous la même forme. Ce n’est pas le manque de nourriture. Les rayons français sont pleins. C’est le manque d’un goût précis. Celui d’une marque qu’on a connue enfant, dans la cuisine d’une grand-mère, à Murcie ou à Valence.
Diego, rencontré dans un café à Villeurbanne, le dit autrement. « Le jambon français est très bon. Mais ce n’est pas mon jambon ». Le sien, c’est le jamón ibérico, le lomo, le salchichón d’une charcuterie qu’il nommait sans hésiter. Les supermarchés français vendent des produits « à l’espagnole ». Ce n’est pas la même chose qu’un produit d’Espagne.
Quelles marques espagnoles retrouve-t-on vraiment ?
Les noms qui reviennent dans les cuisines que j’ai vues sont toujours les mêmes. El Pozo, la charcuterie de la région de Murcie, pour le chorizo et le jambon cuit. La Española, pour les olives et l’huile d’olive vierge extra venue d’Andalousie. Argal, la maison aragonaise, pour le jamón et le salchichón en libre-service. Chufi, l’horchata de Valence, faite à partir de chufa, le souchet, cette boisson laiteuse et sucrée que les enfants espagnols boivent l’été.
Ces marques ne sont pas des références obscures. Ce sont les paquets qu’on retrouve dans n’importe quelle cuisine de Séville, de Saragosse ou d’Alicante. C’est ça que les familles cherchent. Pas une version adaptée. La marque exacte, avec son étiquette et son goût d’avant.
SOURCE : InfoTravel Mag.

