LORIENT : Pêche durable – Les professionnels de Médit…
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LORIENT : Pêche durable – Les professionnels de Méditerranée s’inspirent du savoir-faire breton
Une délégation de quinze pêcheurs méditerranéens achève ce vendredi un déplacement technique à Lorient, organisé par le Comité national des pêches, pour adapter leurs pratiques de chalutage aux exigences du plan européen WestMed en s’appuyant sur l’expertise bretonne.
C’est une rencontre rare dans le monde maritime, où chaque façade a ses traditions et ses spécificités. Du 26 au 30 janvier 2026, Lorient a été le théâtre d’un échange technique majeur entre le Sud et l’Ouest. À l’initiative du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), des professionnels issus des organisations de producteurs du Levant, du Sud et de la SATHOAN ont traversé la France. Leur objectif : trouver des solutions concrètes pour répondre aux impératifs du plan de gestion européen WestMed.
Mis en place depuis 2019, ce plan vise à atteindre le Rendement Maximal Durable (RMD) pour certaines espèces démersales. Pour les pêcheurs de Méditerranée, l’enjeu est de taille : il s’agit d’adapter la sélectivité du chalut de fond pour respecter les nouvelles obligations réglementaires, tout en préservant l’équilibre économique de leurs entreprises.
Un pont inédit entre deux mers.
Cette initiative marque une rupture avec les fonctionnements en silos habituels. « La force de cette initiative tient à l’engagement des pêcheurs eux-mêmes et à leur volonté de construire des solutions réalistes et durables », analyse Olivier Le Nezet, président du CNPMEM. Pour lui, le travail inter-territoires est devenu indispensable pour « faire évoluer les pratiques en prenant en compte les réalités de terrain ».
Cette dynamique de coopération avait été amorcée en décembre dernier par le voyage inverse : Sébastien Le Prince, patron-pêcheur breton et vice-président du Comité Départemental des Pêches du Finistère, s’était rendu en Méditerranée. « L’objectif n’est pas d’apporter des réponses toutes faites ni de donner des leçons mais de partager concrètement ce qui fonctionne chez nous et d’en discuter entre professionnels », précise ce dernier, qui note une « réelle volonté de faire évoluer les pratiques » chez ses homologues du Sud.
Technologie et simulation à l’Ifremer.
Le choix de la Bretagne ne doit rien au hasard. La région dispose d’une expertise reconnue en matière d’innovation technique des engins de pêche. Durant cette semaine d’immersion, la délégation a pu multiplier les échanges avec les pêcheurs bigoudens et visiter des ateliers de fabricants d’engins.
Le point d’orgue de ce déplacement technique s’est déroulé à l’Ifremer de Lorient. Grâce à des outils de pointe et au bassin d’essai de l’institut, les professionnels ont pu observer le comportement des engins en conditions simulées. Ces simulations permettent de tester de nouvelles approches pour optimiser l’ouverture du chalut, réduire son impact sur les fonds marins et améliorer sa sélectivité, limitant ainsi les captures accessoires sans sacrifier la productivité.
Une démarche vitale pour la filière.
Pour Bernard Perez, président du CRPMEM Occitanie, cette ouverture est salutaire : « Voir ce qui se fait ailleurs, échanger sur nos réalités respectives et s’inspirer de ce qui fonctionne, c’est essentiel pour faire évoluer nos pratiques ensemble ».
Le CNPMEM rappelle que cet accompagnement face aux évolutions réglementaires est une priorité pour garantir la viabilité des 6 220 navires et des 12 000 pêcheurs que compte la filière française.
Les photos de ce déplacement sont consultables ici : https://drive.google.com/drive/folders/1LDTJlvcrUwPeAnukyH0PVqeg4c6532uG


