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LONDRES : Culture – Peter DOIG transforme la Serpenti…

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LONDRES : Culture – Peter DOIG transforme la Serpentine en temple acoustique et pictural

À quelques jours de sa clôture le 8 février, l’exposition « House of Music » offre une immersion rare où les œuvres du peintre Peter Doig dialoguent avec des systèmes sonores d’époque restaurés pour une expérience sensorielle totale.

C’est la dernière opportunité pour découvrir l’un des projets les plus ambitieux de la Serpentine South. Jusqu’au dimanche 8 février 2026, la galerie londonienne présente « House of Music », une exposition qui marque le retour de l’artiste britannique Peter Doig, trente-cinq ans après sa première apparition dans ces lieux. Loin d’une rétrospective classique, cet événement explore la relation intime et méconnue que l’artiste entretient avec la musique, transformant l’espace d’exposition en un lieu d’écoute collective.

Quand la peinture rencontre le son.

L’exposition tisse des liens étroits entre les toiles récentes de Doig et une programmation sonore immersive. Pour l’artiste, ces deux disciplines sont indissociables. « La musique a souvent influencé mes peintures. Les chansons peuvent être très visuelles […] La musique, étant une forme d’art invisible, est ouverte à l’interprétation dans l’œil de l’esprit, et les réflexions de l’œil de l’esprit sont souvent ce que je tente de dépeindre dans mon travail », explique Peter Doig.

Les œuvres exposées, telles que *Music of the Future* (2002–2007) ou *Speaker/Girl* (2015), rendent hommage aux espaces d’écoute. Beaucoup ont été créées durant les années que l’artiste a passées à Trinidad (2002-2021), une période marquée par la culture des « sound systems » et le calypso. Le titre même de l’exposition fait référence aux paroles de la chanson *Dat Soca Boat* du musicien trinidadien Shadow, dont un portrait figure dans la galerie.

Une cathédrale technologique vintage.

Au cœur du dispositif scénographique trône un équipement exceptionnel : un système sonore original Western Electric / Bell Labs, produit à la fin des années 1920. Conçu initialement pour l’avènement du cinéma parlant, ce « téléphone à haut-parleur » extrêmement rare a été sauvé de cinémas britanniques à l’abandon et restauré par Laurence Passera, expert londonien avec qui Doig collabore étroitement.

« J’ai invité Laurence à faire partie de l’exposition en raison de son projet de longue date visant à sauver et restaurer les systèmes sonores Western Electric. Son travail a abouti à l’un des systèmes les plus importants de ce type au monde », précise Peter Doig. Ce matériel, accompagné de haut-parleurs Klangfilm Euronor des années 1950, offre une qualité d’écoute « haute fidélité » qui préfigure l’audio moderne haut de gamme.

Sound Service : Une programmation finale éclectique.

Pour ces derniers jours, la Serpentine intensifie son programme « Sound Service », invitant artistes et musiciens à partager leurs collections de vinyles sur ces enceintes historiques.

Ce jeudi 29 janvier, le peintre Tam Joseph prend les commandes à midi avec une sélection naviguant entre James Brown, John Coltrane et Mighty Sparrow, suivi à 16h par John Coxon d’Atlantis Records. Le vendredi 30 janvier mettra à l’honneur Nick Haskell et ses pépites caribéennes, tandis que le samedi 31 janvier verra le magasin de disques « Perfect Lives » investir les lieux toute la journée.

Le programme culmine le dimanche 8 février avec Joe Boyd, producteur légendaire ayant travaillé avec Pink Floyd et R.E.M., qui clôturera l’événement en répondant musicalement à l’atmosphère des peintures de Doig.

Danse et performance pour la dernière semaine.

En point d’orgue, la dernière semaine de l’exposition accueillera *Satie Studs*, une pièce du chorégraphe écossais Michael Clark. Créée en 2003 et interprétée ici par Jules Cunningham, cette œuvre solo sur des musiques d’Erik Satie tisse un lien entre danse, art et mode, avec des costumes signés Phoebe Philo.

Les détails complets de la programmation et les réservations sont accessibles via le site de la galerie (https://serpentinegalleries.us7.list-manage.com/track/click?u=1bdbaf8e7f6d414f3521c9eec&id=6257d1802d&e=5457dd6f67).

« House of Music transforme la galerie en un espace partagé et multisensoriel […] Cette exposition offre une nouvelle rencontre avec l’œuvre de Doig », se félicitent Bettina Korek, CEO, et Hans Ulrich Obrist, directeur artistique de la Serpentine.