LES SABLES D’OLONNE : Jérôme BOITEL : « Une image gén…
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LES SABLES D’OLONNE : Jérôme BOITEL : « Une image générée par IA n’engage personne »
Face à l’IA, le fabricant vendéen Ameline Calendrier choisit le dessin à la main pour ses calendriers publicitaires, un pari sur le temps long.
À l’heure où l’intelligence artificielle générative inonde le marché d’images créées en quelques secondes, une entreprise des Sables-d’Olonne (Vendée) prend le contre-pied de l’automatisation. Ameline Calendrier, fabricant de calendriers publicitaires depuis 1984, a décidé de miser sur le geste humain et le temps long en confiant une partie de sa collection à deux illustrateurs français, Pierre Cesca et Galien. Une démarche qui questionne la valeur et la pérennité des visuels dans la communication d’entreprise.
Le temps long contre l’instantanéité
Pour Jérôme Boitel, qui dirige cette entreprise familiale, le choix est avant tout stratégique. Un calendrier publicitaire est un objet de communication singulier, destiné à rester visible douze mois sur un mur ou un bureau. « Il est regardé des centaines de fois sans jamais être vraiment observé, jusqu’au moment où une image résiste », explique-t-on chez Ameline Calendrier. Cette résistance visuelle est au cœur de la démarche « Nos Illustrateurs ». Là où un visuel généré par IA est produit en une quinzaine de secondes, certains dessins de la collection nécessitent jusqu’à douze semaines de travail.
L’entreprise part d’un constat simple : une image trop conforme aux standards actuels, optimisée par un algorithme pour être la plus « probable », finit par devenir invisible à force d’être vue. « Une image trop “attendue” devient invisible avec le temps ; une image construite dans le détail se redécouvre à chaque regard », souligne l’entreprise. En revenant au dessin, elle cherche à créer des œuvres capables de maintenir l’attention sans jamais saturer le regard.
Une conviction testée face aux algorithmes
Ce positionnement n’est pas un simple refus de la modernité. Jérôme Boitel a lui-même exploré en profondeur les outils d’IA générative avant de formaliser sa stratégie. « Je me suis formé aux principaux outils, non par effet de mode, mais parce qu’un choix éditorial ne se défend qu’en toute connaissance de cause », précise-t-il. Son verdict est sans appel : l’IA peine à produire l’image juste. « Tout sort trop spectaculaire, trop parfait, et c’est exactement ce qui sonne faux. Une image trop lisse ne raconte rien : l’œil glisse dessus et passe ».
Au-delà de l’esthétique, des contraintes techniques propres au métier se sont révélées. Un même visuel doit pouvoir être décliné sur de multiples formats de calendriers non proportionnels, une anticipation que les illustrateurs intègrent dès le premier croquis mais que les algorithmes peinent à gérer. Pour le dirigeant, la différence fondamentale réside dans l’intention et l’engagement. « Une signature dans un dessin engage quelqu’un. Une image générée par IA n’engage personne — pas même celui qui a tapé le prompt ».
Deux artistes, deux univers singuliers
Pour incarner cette vision, Ameline Calendrier (https://www.ameline-calendrier.fr) s’appuie sur une collaboration durable avec deux artistes aux univers distincts.
Pierre Cesca, lauréat du #FIBDchallenge 2022 au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, crée des illustrations qui évoquent des souvenirs, même pour des scènes jamais vues. Ses œuvres installent une familiarité immédiate, transformant le calendrier en un objet que l’on a envie de conserver. « J’espère apporter une touche d’humanité dans mes images », confie l’artiste.
Galien (Cédric Galerneau), auteur de bande dessinée, travaille lui à l’encre de Chine sur papier. Ses compositions sont pensées comme des scènes narratives, invitant le regard à circuler et à découvrir de nouveaux détails au fil des mois. Pour lui, ce projet est la preuve que « le dessin, langage universel, a sa place partout ». Il voit son travail comme « une bulle de couleur dans le quotidien d’une personne ».
Du catalogue au sur-mesure, une démarche incarnée
Au-delà des collections existantes, la démarche se prolonge avec des créations sur-mesure. Les entreprises peuvent commander des illustrations exclusives représentant leurs métiers, leurs équipes ou leur territoire. Le calendrier cesse alors d’être un simple support marqué d’un logo pour devenir un véritable récit visuel incarnant l’identité du client.
En choisissant de ralentir et de valoriser le temps de création, Ameline Calendrier ne se contente pas de vendre un produit. L’entreprise défend une vision de la communication où l’originalité et l’intention humaine priment sur la production de masse automatisée. Une manière de démontrer qu’un visuel peut encore être « pensé, travaillé, incarné ». La démarche complète est présentée sur la page dédiée du fabricant (https://www.ameline-calendrier.fr/savoir-faire/82-nos-illustrateurs).


