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PARIS : Loi sur le colonialisme – Les Pieds-Noirs refusent d’être assimilés à un « crime d’État »
Suite à la nouvelle loi algérienne sur le colonialisme, le mouvement Peuple Pied-Noir dénonce tout amalgame et revendique ses propres droits.
Alors que les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie sont à nouveau mises à l’épreuve, une troisième voix s’élève pour refuser d’être l’otage d’une confrontation mémorielle. Le mouvement Peuple Pied-Noir (PPN) a vivement réagi à la promulgation, le 21 mai dernier en Algérie, d’une loi qualifiant la période coloniale de « crime d’État ».
Dans un communiqué, l’organisation, qui milite pour la reconnaissance des préjudices subis par cette communauté, déclare qu’elle « n’entend pas « porter le chapeau » et dénonce toute tentative d’amalgame ou d’assimilation dans cette nouvelle confrontation historique et diplomatique entre la France et l’Algérie ».
Pour le PPN, cette législation risque de simplifier une histoire complexe et d’assimiler l’ensemble de la communauté pied-noire à la politique coloniale de l’État français, une vision que le mouvement rejette en bloc.
Une identité distincte et des racines anciennes
Le comité exécutif de l’organisation tient à rappeler la diversité et l’ancienneté des origines du peuple pied-noir, bien antérieures à la conquête de 1830.
Il souligne ainsi « que ce peuple est constitué de juifs séfarades présents depuis des siècles, des pêcheurs depuis le 16ème siècle, des espagnols fondateurs d’Oran en 902, ainsi que des affranchis et esclaves chrétiens sur la terre d’Algérie ».
Cette mosaïque de populations, installée de longue date sur le sol algérien, forme selon le PPN une entité distincte de l’appareil d’État colonial.
C’est sur la base de cette histoire plurielle que le mouvement affirme « qu’il n’est aucunement concerné par les faits énumérés dans cette loi », se positionnant de fait comme une victime collatérale de l’histoire plutôt que comme un acteur du système colonial dénoncé par Alger.
La revendication de droits fondamentaux
Au-delà de la simple clarification historique, le Peuple Pied-Noir saisit cette occasion pour réaffirmer ses propres revendications.
Le mouvement insiste sur le fait « qu’il revendique des droits attachés au sol, à l’humain, au respect des sépultures, à l’existence, à la liberté de choix… ».
Ces droits, perçus comme bafoués lors de l’exode de 1962 et dans les décennies qui ont suivi, restent au cœur du combat mémoriel de l’association.
Le communiqué, signé par Eric Wagner, Jean-Paul Gavino, Christian Schembré et Pierre Courbis, membres du comité exécutif, fait également une référence juridique précise en évoquant les « droits actés dans la convention internationale des « Accords d’Evian » », qui prévoyaient initialement des garanties pour les Français d’Algérie choisissant de rester.
Le mouvement Peuple Pied-Noir demande ainsi à ne pas être l’oublié des relectures historiques et des tensions politiques actuelles, plaidant pour une reconnaissance de son histoire propre et des préjudices subis.
via Press Agence.


