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LE LUC : Agriculture – La FRSEA et les JA bloquent la…

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LE LUC : Agriculture – La FRSEA et les JA bloquent la centrale Lecasud pour dénoncer la guerre des prix

Face au blocage des négociations commerciales, la FRSEA et les JA PACA filtrent l’accès à la centrale Lecasud pour exiger un revenu digne.

Depuis dimanche 8 février, et jusqu’à demain mardi, une mobilisation d’ampleur touche le site stratégique de la centrale d’achat Lecasud, située sur la commune du Luc, dans le Var. À l’appel de la FRSEA PACA, des Jeunes Agriculteurs (JA) PACA et de leurs fédérations départementales, les agriculteurs de la région ont mis en place un barrage filtrant devant les entrepôts qui alimentent les magasins de l’enseigne E. Leclerc. Cette action coup de poing intervient dans un contexte de négociations commerciales particulièrement tendues, débutées le 1er décembre et qui doivent s’achever le 1er mars prochain.

Une variable d’ajustement intenable

Pour les syndicats agricoles, le constat est amer : la grande distribution « ne joue pas le jeu ». L’objectif de cette mobilisation est d’alerter à la fois le grand public et les responsables politiques sur les pratiques commerciales jugées destructrices pour la ferme France. Au cœur de la colère, la guerre des prix que se livrent les enseignes et les exigences imposées lors des négociations annuelles. Selon les organisations professionnelles, cette pression constante oblige trop souvent les producteurs à vendre leurs denrées en dessous des coûts de production.

« Cette pression continue n’a qu’un objectif : tirer toujours plus les prix vers le bas, au détriment de celles et ceux qui produisent notre alimentation », dénoncent la FRSEA et les JA PACA dans leur communiqué commun.

Les agriculteurs refusent désormais d’être la simple « variable d’ajustement » d’un système économique qui les asphyxie.

L’échec des dispositifs de protection

L’action menée au Luc pointe également du doigt l’inefficacité perçue des dispositifs législatifs actuels. Les lois Egalim, censées sanctuariser la matière première agricole et garantir une meilleure répartition de la valeur, sont, selon les manifestants, « trop souvent contournées ou ignorées ».

Le déséquilibre économique décrit par les syndicats est flagrant. D’un côté, les exploitations subissent des charges en hausse, doivent réaliser des investissements constants et assumer des contraintes environnementales et sociales de plus en plus lourdes. De l’autre, « les marges se font ailleurs dans la chaîne de valeur », laissant les producteurs dans une situation de précarité grandissante. Les conséquences de cette équation impossible sont visibles sur le terrain : diminution du nombre d’agriculteurs, disparition des fermes et dévitalisation des territoires ruraux. C’est la souveraineté alimentaire nationale qui, selon eux, est sacrifiée.

Des exigences de transparence et de législation

Face à cette situation critique, les agriculteurs mobilisés réclament un changement d’attitude « immédiat et radical » de la part de la grande distribution et de ses centrales d’achat. Leurs revendications s’articulent autour de quatre axes majeurs pour assurer la survie de la profession.

Premièrement, ils exigent une transparence totale dans les négociations commerciales et dans le partage de la valeur entre les trois acteurs clés : producteurs, industriels et distributeurs. Deuxièmement, ils demandent le respect strict des lois encadrant les relations commerciales et la construction des prix.

Troisièmement, l’appel se tourne vers l’État, sommé de « légiférer réellement sur le partage de la valeur » afin de garantir un prix qui couvre systématiquement les coûts de production. Enfin, les syndicats attendent des contrôles renforcés de la part de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), accompagnés de sanctions effectives et dissuasives lorsque les règles ne sont pas respectées.

Une conférence de presse attendue ce matin

L’action devant Lecasud se veut « symbolique mais déterminée ». Les manifestants entendent faire passer le message qu’ils veulent « vivre dignement de [leur] travail, et non survivre au gré des négociations menées derrière des portes closes ».

Pour détailler leurs propositions et dresser un état des lieux précis de la situation régionale, la FRSEA PACA et les JA PACA organisent une conférence de presse sur les lieux du blocage, ce lundi 9 février à 11h. Laurent Depieds, président de la FRSEA PACA, et Jérémy Lieutier, président des JA PACA, accompagnés des représentants départementaux, y prendront la parole pour défendre l’avenir de l’agriculture française.