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LE LAVANDOU : Protéger la biodiversité dans la baie de Cava…

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LE LAVANDOU : Protéger la biodiversité dans la baie de Cavalière

Après la signature de l’arrêté inter-préfectoral autorisant l’aménagement d’une zone de mouillage et d’équipements légers (ZMEL) dans la baie de Cavalière au Lavandou, le préfet du Var, Philippe Mahé et le préfet maritime de la Méditerranée, le vice-amiral d’escadre Christophe Lucas ont rejoint le maire de la commune et président du syndicat des communes du littoral varois Gil Bernardi pour l’entrée en vigueur officielle de la ZMEL, le mardi 1er octobre.

Les travaux commenceront le 22 octobre avec une utilisation effective des dispositifs d’ancrage prévue au 15 avril 2025.

Pourquoi une ZMEL ?

Depuis 2019, le préfet maritime de la Méditerranée, représentant de l’État en mer, a engagé une vaste politique de protection et de préservation des herbiers de posidonie en fixant un dispositif réglementaire d’encadrement des mouillages. Pour accompagner cette politique, la ZMEL est l’outil juridique et technique approprié pour aménager le plan d’eau et concilier les usages. Ces aires de stationnement temporaire permettent une alternative au mouillage au profit des navires concernés, tout en garantissant la réversibilité de l’occupation du site en utilisant des installations relevables moins invasives pour le milieu marin. En effet, alors que la bande littorale est fortement fréquentée en Méditerranée et que les loisirs nautiques ont tendance à se diversifier, il est nécessaire d’organiser l’utilisation de l’espace maritime, notamment en assurant une régulation des flux de navires, afin de garantir l’espace de liberté de chacun, dans le respect de la pratique de tous.

Ainsi, en encourageant le développement des ZMEL, l’objectif de l’État est d’assurer le juste équilibre entre la préservation de l’environnement marin, l’accès aux loisirs nautiques pour tous les usagers et la valorisation économique de la façade.

Les ZMEL sont implantées sur tout le littoral français de la Méditerranée.

Au nombre de 41, leur taille est variable de trente bouées en moyenne à plus de 350.
Leur mise en place est essentiellement saisonnière, de mai à septembre, même si quelques bouées sont maintenues toute l’année.
Les ZMEL garantissent un mouillage de sécurité avec un amarrage sur bouée.
L’accès aux ZMEL est généralement libre et gratuit. Cependant, certains opérateurs appliquent une tarification croissante des nuitées pour limiter le temps de passage.
Certaines ZMEL prévoient la possibilité de mise à disposition de services complémentaires payants : livraisons, ramassage des déchets, etc.
Pour accompagner la mise en œuvre opérationnelle de cette stratégie, deux appels à projets ont été ouverts en 2020 et 2022 par l’État et ses établissements publics (Office Français de la Biodiversité et Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse) et les trois régions. Des financements nationaux ont été mobilisés via France Relance, Destination France, le fonds vert et le fonds d’intervention maritime, susceptibles de prendre en charge jusqu’à 80 % du montant total des investissements dans la phase d’études ou de travaux (20 % restants sur fonds propres des porteurs de projet).

Pourquoi la ZMEL de Cavalière ?

L’Anse de Cavalière s’étend sur environ 1 400 mètres de linéaire côtier entre la pointe rocheuse du Layet à l’Ouest et le Cap Nègre à l’Est. Elle est caractérisée par un littoral rocheux au droit de la pointe du Layet et du Cap Nègre et une plage de sable au centre. Les fonds de la baie sont principalement sableux avec des herbiers de posidonie largement développés entre 1-5 mètres et 35 mètres de profondeur. Une formation de Posidonia oceanica de type « récif-barrière » se situe au droit des plages du Cap Nègre. Cette anse connaît une fréquentation estivale importante pouvant aller jusqu’à 220 navires par jour au pic de la saison. Les plaisanciers sont nombreux à avoir recours au mouillage forain, lequel est à l’origine d’une dégradation des fonds marins, les ancrages détruisant les herbiers de posidonie et favorisant la dissémination d’algues envahissantes. L’anse de Cavalière se caractérisait initialement par la présence de deux zones où l’État délivrait des autorisations d’occupation temporaire (AOT) permettant à un certain nombre de plaisanciers (39) d’amarrer leurs navires pour la saison estivale.

Le projet transmis par la commune du Lavandou le 30 mai 2023 répond à la nécessité d’organiser l’amarrage des navires afin de prendre en compte les enjeux de préservation de la biodiversité et du paysage tout en veillant à la sécurité de l’utilisation du plan d’eau de l’anse de Cavalière.

Caractéristiques et réglementation

La zone de mouillage et d’équipements légers dans l’anse de Cavalière, occupera une surface totale de 86 hectares et disposera de 71 mouillages écologiques ainsi que d’une zone de mouillage libre sur fonds sableux d’une surface de 3,2 hectares. À partir de 2025, il est prévu d’exploiter l’amarrage sur bouées dans une période comprise entre le 15 avril et le 30 octobre de chaque année. L’amarrage y sera gratuit en journée, payant la nuit et limité à 7 nuitées consécutives.

Le détail des 71 mouillages

> 11 bouées pour les résidents ;

> 3 bouées pour les professionnels.

L’usage des bouées réservées aux résidents et aux professionnels est soumis au paiement d’une redevance pour la saison.

> 57 bouées pour les navires de passage dont 2 coffres pour les navires de plus de 24 m.

L’amarrage sur l’une des 57 bouées situées dans les secteurs d’amarrage est :

– gratuit de 08h00 à 19h00 locales ;

– soumis au paiement d’une redevance entre 19h00 et 08h00 locales ;

– limité à sept nuitées consécutives.

Les bouées d’amarrage sont de couleur blanche et équipées d’une signalétique permettant leur identification. Le dispositif d’amarrage existant situé à proximité du Cap Nègre, réservé aux navires supports pour la plongée en scaphandre autonome (professionnels ou individuels) arborant pavillon alpha est maintenu.

Financement

Ce projet a fait l’objet des financements de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à hauteur de 80 % pour les phases suivantes :

Phase étude : Coût total 115 000 € HT soit 92 000 € de financement ;
Phase travaux et actions relatives à la gestion, la communication et la sensibilisation : Coût total 722 450 € HT soit 577 960 € de financement.