LE CAP : Diplomatie climatique – La France renforce s…
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LE CAP : Diplomatie climatique – La France renforce son partenariat énergétique avec l’Afrique
Benoît Faraco, l’envoyé spécial français pour le climat, participera à l’African Energy Week 2026 pour y dynamiser la coopération énergétique.
La France affiche sa volonté de renforcer ses liens énergétiques avec le continent africain. Benoît Faraco, ambassadeur chargé des négociations climatiques, de l’énergie décarbonée et de la prévention des risques climatiques au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a confirmé sa participation à l’African Energy Week (AEW) 2026. Cet événement majeur se tiendra du 12 au 16 octobre prochain au Cap, en Afrique du Sud. L’envoyé spécial français y échangera avec les décideurs politiques, investisseurs et dirigeants d’entreprise africains sur la nouvelle stratégie d’investissement énergétique de la France et son approche de la diplomatie climatique.
Un partenariat stratégique face à un défi continental
La participation de M. Faraco intervient à un moment crucial. Alors que plus de 600 millions de personnes sur le continent n’ont toujours pas accès à l’électricité, les pays africains cherchent activement à mobiliser d’importants capitaux pour développer leurs capacités de production. Les besoins couvrent un large spectre, des énergies renouvelables au gaz naturel, en passant par les carburants verts émergents. En parallèle, la France déploie une stratégie 2026 renouvelée, axée sur le financement climatique, les partenariats en matière d’infrastructures et une coopération industrielle à long terme avec les marchés africains.
L’Afrique, un géant des énergies renouvelables en devenir
Le continent africain représente l’une des plus grandes opportunités mondiales en matière de transition énergétique. Son potentiel est colossal : 482 000 GW pour le solaire, environ 180 000 TWh annuels pour l’éolien et près de 10 % des ressources hydroélectriques mondiales, dont 90 % restent inexploitées. L’Afrique se positionne également comme une future plaque tournante de l’hydrogène vert, avec une capacité de production estimée entre 30 et 60 millions de tonnes par an d’ici 2050. Face à ce potentiel, la France adapte son approche, passant d’un soutien à des projets isolés à un appui à des systèmes énergétiques intégrés, connectant les marchés nationaux, régionaux et d’exportation.
L’engagement concret des acteurs français
Les investissements français dans les énergies propres en Afrique sont déjà une réalité, soutenus par une combinaison de financements publics, de prêts concessionnels et d’initiatives du secteur privé. L’Agence française de développement (AFD) joue un rôle central, notamment via son programme « African Renewable Energy Scale-Up » qui finance des projets de 20 à 100 millions d’euros dans le solaire, l’éolien et la géothermie, notamment en Mauritanie, en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda.
Les grandes entreprises énergétiques françaises sont également très actives. EDF Power Solutions ambitionne de multiplier par cinq son portefeuille d’énergies renouvelables sur le continent entre 2024 et 2026 pour atteindre 3 GW de capacité installée. De son côté, ENGIE étend sa présence dans les projets éoliens, solaires, de dessalement et d’hydrogène vert, tandis que TotalEnergies développe des projets énergétiques intégrés dans de nombreux pays comme le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Libye ou encore le Rwanda.
Une coopération diversifiée incluant le nucléaire
Au-delà des énergies renouvelables, la France soutient également le développement de l’énergie nucléaire en Afrique pour assurer un mix énergétique diversifié et stable. Par le biais d’initiatives comme le programme INSC Africa, elle aide des pays comme l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, le Maroc et le Nigeria à renforcer leurs capacités institutionnelles et techniques, en développant des cadres réglementaires et des systèmes de sûreté.
Selon NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie, ce partenariat est mutuellement bénéfique. « Le potentiel de l’Afrique en matière d’énergies renouvelables représente une opportunité non seulement pour les entreprises françaises, mais aussi pour renforcer la sécurité énergétique à long terme de l’Europe grâce aux échanges d’électricité et de carburants verts », a-t-il déclaré. Il a ajouté que « l’AEW offre une plateforme essentielle pour aligner les stratégies d’investissement, harmoniser les approches politiques et établir des partenariats mutuellement bénéfiques entre l’Afrique et la France ».


