LA SEYNE SUR MER : Secours Catholique du Var – Le nou…
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LA SEYNE SUR MER : Secours Catholique du Var – Le nouveau visage des travailleurs pauvres
Il y a trente ans, le Secours Catholique faisait le choix de documenter, chiffres à l’appui, ce que ses bénévoles observaient au quotidien : la pauvreté, dans toutes ses réalités.
Année après année, ce rapport est bien plus qu’un outil statistique. C’est une vigie, un baromètre du visage changeant de la pauvreté, mais aussi un cri adressé à la société et aux pouvoirs publics.
Le visage changeant de la pauvreté en dix principaux constats
Le nouveau visage des travailleurs pauvres
L’emploi est souvent présenté comme un antidote à la pauvreté. Non sans raisons : dès lors que les adultes ayant droit au travail occupent un emploi, le Secours Catholique les rencontre nettement moins. Le taux d’emploi des adultes accueillis est 3,8 fois inférieur à celui de la population générale (un ratio stable entre 1999 et 2024, malgré la légère progression du taux d’emploi dans le pays). Mais occuper un emploi ne suffit pas à protéger de la pauvreté. 17,9% des personnes rencontrées par le SCCF occupent un emploi. Leur niveau de vie est très faible, 855 euros en 2024 (contre 2443 euros pour la population générale).
La précarité des emplois est en cause : près de trois quarts des personnes en emploi rencontrées occupent un emploi précaire, contre un quart en population générale. Parmi elles, les femmes occupent davantage des emplois à temps partiel (un phénomène qui a bondi depuis vingt-cinq ans) et on trouve plus d’hommes dans des emplois saisonniers ou en intérim. Sur la période, on voit aussi les emplois aidés sortir pratiquement des statistiques, tandis qu’apparaissent les autoentrepreneurs.
Mais la diminution du taux d’emploi précaire (de 80,2 % en 1999 à 71,4 % en 2024), autrement dit la hausse de près de 10 points de l’emploi en CDI, ne se traduit pas nécessairement par un recul de la précarité.
Depuis 2017, le niveau de vie des personnes en CDI (davantage des hommes) a baissé de 1 126 euros à 1 110 euros. Ces faibles niveaux de rémunération s’expliquent peut-être par l’instauration des CDI à durée limitée et la simplification du recours au licenciement (« ordonnances Macron »).


