Passer au contenu principal

LA SEYNE SUR MER : Secours Catholique du Var – La réc…

Partager :

LA SEYNE SUR MER : Secours Catholique du Var – La récente intensification de la pauvreté

Il y a trente ans, le Secours Catholique faisait le choix de documenter, chiffres à l’appui, ce que ses bénévoles observaient au quotidien : la pauvreté, dans toutes ses réalités.

Année après année, ce rapport est bien plus qu’un outil statistique. C’est une vigie, un baromètre du visage changeant de la pauvreté, mais aussi un cri adressé à la société et aux pouvoirs publics.

Le visage changeant de la pauvreté en dix principaux constats

La récente intensification de la pauvreté

En 2024, le niveau de vie médian des ménages accueillis est de 565 euros. En prenant en compte l’inflation, c’est un peu mieux qu’en 1994 (environ 507 euros), autant qu’en 2000, mais en forte baisse depuis dix ans (658 euros en 2014). Principale explication : l’accueil croissant de personnes sans ressources. Si l’on s’en tient aux ménages ayant des ressources, leur niveau de vie augmente (de 624 euros en 2000 à 765 euros en 2024) à peu près au même rythme que celui de la population générale. Par contraste, entre 2003 et 2022, le revenu moyen des 0,1% les plus riches en France progressait de 119%1.

Parmi les personnes rencontrées, les taux de pauvreté et d’extrême pauvreté, relativement stables jusqu’en 2008, ont fléchi jusqu’en 2017 avant de remonter. En 2024, 94,7% des personnes rencontrées vivent sous le seuil de pauvreté à 60% (+ 3 points depuis 2017), un niveau équivalent à celui des années 1990. Le taux d’extrême pauvreté a augmenté de 11 points entre 2017 et 2023 : aujourd’hui 74% des ménages rencontrés vivent sous le seuil d’extrême pauvreté (c’est le cas de 3,7% de la population générale). L’évolution est similaire si l’on en retire les ménages sans ressources. Les chiffres que nous présentons ici ne disent rien du poids croissant des dépenses contraintes.

Faute de données annuelles, nous y avons consacré plusieurs rapports en trente ans. Le dernier (2021) montre que les dépenses pré-engagées (loyer et charges, téléphonie, banque, cantine…) pèsent en moyenne 60% du faible revenu des ménages rencontrés (contre 30% en population générale), qui sont contraints à des choix impossibles et à des privations quotidiennes. Parmi les ménages rencontrés ayant des ressources, l’écart de niveau de vie s’est creusé entre les 10% les plus pauvres et les 10% les moins pauvres : il est passé de 3,2 en 1999 à 5,2 en 2024.

L’association accueille donc à la fois davantage de ménages moins pauvres et de ménages extrêmement pauvres. Au total, la pauvreté s’intensifie, l’écart entre niveau de vie des ménages et seuil de pauvreté augmente de 12 points entre 1999 et 2024, pour s’établir à 62,3% en 2024, un niveau jamais atteint. Cette hausse, marquée depuis 2017, est liée à l’accueil croissant de ménages sans ressource combiné à la stagnation du niveau de vie des autres ménages. Nous ne pouvons que constater l’appauvrissement progressif et constant des ménages accueillis, français comme étrangers, depuis 2017.

1. Source : ministère des Finances