LA LONDE LES MAURES : Naval Group, un pôle d’excellen…
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LA LONDE LES MAURES : Naval Group, un pôle d’excellence en technologies sous-marines
30 ans après la fermeture de l’historique usine de torpilles des Bormettes, le leader européen du naval de défense fait renaître le passé industriel de la ville.
En s’implantant sur ce site emblématique du littoral, Naval Group s’engage dans un projet d’envergure internationale qui conjugue souveraineté militaire, innovation technologique et haute performance environnementale.
Dans un contexte géopolitique mondial de plus en plus tendu, la maîtrise des fonds marins et le développement de systèmes autonomes sont des priorités absolues pour la Marine nationale. Le projet des Bormettes s’inscrit dans cette feuille de route.
Toutefois, l’intégration d’un tel complexe industriel sur la Côte d’Azur a déchaîné les inévitables « empêcheurs de tourner en rond » ! Face à la Municipalité et aux acteurs économiques qui saluent une réindustrialisation historique bienvenue, deux associations écologistes locales « Les amis des Bormettes » et « France Nature Environnement 83 » s’inquiètent de l’impact environnemental du projet.
CENTRE D’EXCELLENCE MONDIALE
Ainsi, des recours juridiques ont été tentés pour suspendre l’aménagement au nom de la protection du littoral mais la justice a maintenu le cap du calendrier de l’industriel, renvoyant l’examen des dossiers sur le fond. Naval Group doit donc composer avec une vigilance citoyenne et environnementale accrue, propre aux exigences sociétales de notre époque.
Pourtant son ambition est de concevoir un centre d’excellence mondial dédié aux drones, aux systèmes autonomes et aux armes sous-marines. Pour y parvenir, l’industriel mise sur une logique de regroupement et de modernisation sans précédent.
Le site de 17 000 m² va centraliser des équipes jusqu’alors dispersées dans le Var (Saint-Tropez où la fermeture du site historique est programmée, Ollioules et Toulon-Lagoubran). À terme, plus de 550 collaborateurs (ingénieurs, techniciens et chercheurs) travailleront aux Bormettes.
Atout géographique majeur, la façade maritime londaise accueillera un centre de systèmes de combat de surface (DCS) doté d’infrastructures d’essai pour l’intégration et le prototypage rapide des drones marins et des torpilles de dernière génération (comme les F21 et MU90).
Une rupture managériale et industrielle qui est conçue par l’agence d’architecture Patriarche, le complexe propose un concept « NWow » (New Ways of Working). L’agencement intérieur vise à casser les silos industriels pour stimuler la créativité, la collaboration et l’agilité face à une concurrence internationale accrue.
PREMIERS COUPS DE PELLE
Le calendrier opérationnel du projet suit une trajectoire maîtrisée pour redonner vie à la friche industrielle des Bormettes. D’abord en 2024 – 2025, c’était le temps de la préparation et de l’instruction. Après le choix du cabinet d’architecture au printemps 2024, l’année 2025 a été marquée par la tenue d’une enquête publique durant l’été, suivie du dépôt et de l’instruction du permis de construire.
Début 2026, c’était le lancement du chantier. Les premiers coups de pioche et les travaux de terrassement ont donc démarré.
Puis, ce sera la mise en service du site industriel. La livraison du bâtiment-outil, la fin des travaux et l’emménagement des 550 salariés sont programmés pour les derniers mois de l’année 2027.
Enfin, Naval Group affiche une ambition de réduction de 70 % de l’empreinte carbone par rapport aux activités actuelles.
« Le projet vise les plus hauts standards écologiques, notamment le label BiodiverCity (niveau Performant) et la certification NF HQE Excellent », confirme un dirigeant de l’entreprise mondiale.
Ainsi, le futur campus intègre des techniques bioclimatiques avancées, des panneaux photovoltaïques couvrant 30 % des besoins en énergie, la perméabilité des sols pour prévenir les inondations et le réemploi des matériaux (comme la charpente métallique Eiffel de l’ancienne nef, recyclée en pergola pour le restaurant). Enfin, le projet prévoit de doubler le patrimoine arboré du site avec la plantation de 400 arbres d’essences méditerranéennes adaptées au stress hydrique.
En renouant avec son passé maritime, La Londe-les-Maures ne se contente pas de réhabiliter une friche historique mais elle s’impose comme l’un des futurs poumons technologiques de la défense navale française et mondiale.
Sam FELLAH (texte et photos).

