LA LONDE LES MAURES : François de Canson : « Le 14 Juillet…
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LA LONDE LES MAURES : François de Canson : « Le 14 Juillet, un moment de communion nationale »
La date du 14 juillet doit être pour tout Français, au-delà de la référence historique de la prise de la Bastille, par le peuple de Paris, un moment de communion nationale.
L’intervention de François de Canson, maire de La Londe-les-Maures, vice-président de la Région Sud, président du Comité Régional de Tourisme.

Un moment où chacun se réfère à une histoire commune, à des valeurs communes, à un destin commun. C’est cela la Nation.
La célébration de notre fête nationale est pour nous aussi l’occasion d’honorer la mémoire de tous ceux qui ont fait la grandeur de notre pays au cours des siècles passés.
Car la France n’est pas née hier, elle n’est pas née en 1789 ou en 1790 à l’occasion de la fête des Fédérés.
L’époque révolutionnaire qui vit le basculement de notre pays de la monarchie à la République, non sans tragédies, têtes coupées et période de terreur, est précédée d’une longue, belle, parfois tumultueuse, histoire.

L’ère gallo-romaine en donne les prémices par une façon d’aménager les espaces et surtout de concevoir le droit.
Puis la monarchie bien sûr, depuis ses origines mérovingiennes à la naissance de l’Empire, a contribué à façonner notre pays, sa culture, ses lettres, sa langue, sa poésie, ses paysages, son patrimoine, ses territoires, son agriculture, son économie, ses traditions locales jusqu’à sa philosophie des Lumières.
Nous n’oublions pas l’apport civilisationnel, spirituel, culturel apporté par les règnes et les républiques qui se sont succédé depuis Clovis jusqu’à nos jours.
C’est cette histoire, nourrie d’un idéal de liberté sous-jacent que la Révolution a mis en exergue, qui, au cours des guerres endurées, guida les pas de nos aînés, inspira leur patriotisme… comme elle doit guider désormais les nôtres.

Comment ne pas éprouver, reconnaissance et gratitude, à l’égard de ceux qui ont ainsi illustré et illustrent encore ce qu’est « être Français ».
Comment ne pas éprouver de la gratitude à l’égard de nos combattants, nos patriotes, nos soldats de carrière, ceux d’hier et d’aujourd’hui, de Saint-Omer à Verdun, de Valmy à Bir-Hakeim ?
Je pense à Lafayette, Bonaparte, Clemenceau, de Gaulle, Leclerc, de Lattre de Tassigny, à nos armées de Terre, de l’Air et de Mer, garantes de notre sécurité, de notre paix et de notre indépendance.
Je pense aujourd’hui à tous nos soldats, nos forces de l’ordre de sécurité et de secours…
qu’ils soient particulièrement fêtés en ce jour et assurés de notre soutien, de notre attachement, de notre reconnaissance dans leur difficile mission.
Je pense notamment à tous ceux qui sont mobilisés contre le terrorisme, à l’intérieur du pays comme en opération extérieures, et dont l’engagement est si précieux et exigeant pour notre sécurité.
Comment ne pas se sentir aussi redevable et surtout responsable de cet héritage séculaire pour lequel ont combattu tant d’anonymes au gré des appels de la France, rien qu’au siècle dernier : nos poilus, nos résistants, nos Forces Françaises Libres, nos maquisards, nos glorieux soldats d’Afrique ?
Depuis 1789 et sa déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la France porte en son sein la permanente modernité de sa devise de liberté, d’égalité, de fraternité.
Des valeurs universelles inspirées directement de notre tradition judéo-chrétienne et que la France a eu l’ambition de faire rayonner à travers le monde.
Au moment où nous évoquons tous ces grands noms, qui ont fait notre histoire, contemplons le visage de cette France qui les transcendait, contemplons le regard de cette France que certains parfois oublient d’aimer, le regard de cette France dont le génie, malgré les crises et les tragédies, a toujours été à l’origine d’une nouvelle espérance, d’un renouveau permanent.
Aujourd’hui, en 2024, l’enjeu reste le même.
Il est même plus brûlant.

235 ans nous séparent de ce 14 juillet 1789 et nous pourrions penser que ces valeurs sont comme définitivement acquises.
Pourtant, chaque jour elles sont à réaffirmer et à défendre.
Plus que jamais, dans un pays en proie aux doutes et aux pertes de valeurs, aux égoïsmes identitaires, nous avons besoin de réunir nos forces et nos talents, de tenir un langage de clarté, de vérité, voire de fermeté.
célébrer notre fête nationale, c’est rappeler ce que nous sommes, ce qu’est la France dans sa plus objective réalité.
La France, c’est l’égalité des droits et des devoirs.
La France, c’est la liberté de conscience.
La France, c’est la liberté d’expression.
Ces valeurs sont au cœur de notre identité nationale.
Au même titre que le drapeau tricolore, que notre devise « Liberté, égalité, fraternité » ou que notre hymne, la Marseillaise, le 14 Juillet incarne, aux yeux du monde entier, les valeurs qui ont fait, font et feront la France.
Notre histoire n’est pas ordinaire.
La France n’est pas ordinaire.
Sachons être à la hauteur de ce que la Grande Histoire a fait de nous, de notre peuple, de notre Nation, et toujours dignes de ce que nos aînés ont su entreprendre pour qu’à travers les siècles, à travers les régimes, la France fut la France.
Refaisons communauté nationale !
Il y a urgence…

Refaire communauté, dans un pays rongé par l’incivisme et la délinquance, que ce soit sur l’espace public, dans le rapport à l’autre, à l’institution, à l’uniforme… c’est affirmer clairement le rejet de tout comportement qui porte atteinte au collectif par l’égoïsme de quelques-uns.
Refaire communauté, c’est rappeler que la loi de la République s’applique à tous, sur tout le territoire, dans tous les quartiers, et empêcher de que véritables gangrènes n’y prospèrent.
Refaire communauté, dans un pays où s’expriment avec détermination des revendications communautaristes qui rompent avec l’esprit même d’unité de la République, c’est avoir le courage de la fermeté, de tenir des règles qui s’appliquent à tous, sans exclusive.
Refaire communauté, c’est l’exact contraire des scènes auxquelles nous pouvons assister, des scènes de violences, de violences urbaines, des scènes de saccages de commerces, de dégradations de biens publics, de rapports de force avec les services de police, avec nos pompiers.
Refaire communauté, dans un pays où de fortes disparités fracturent chaque jour un peu plus le corps social, c’est faire en sorte que chacun se sente à sa place, trouve sa place, dispose de sa place.
Refaire communauté, c’est construire l’avenir de nos jeunes pour en faire des êtres de raison et leur donner les conditions optimales d’éducation.
Refaire communauté, c’est se projeter ensemble dans l’avenir, avoir un dessein collectif pour un destin commun. Je pense notamment à une espérance partagée sur le plan de l’écologie, véritable enjeu planétaire dont nous devons tous nous sentir acteur à l’échelon local.
L’espérance commune, c’est aussi de créer des filières économiques d’avenir telle que nous allons, ici, à La Londe, la vivre avec le retour sur nos terres de Naval Group et ses technologies de pointes en matière de défense.
Refaire communauté nationale, c’est tout simplement faire sens et faire lien.
C’est retrouver le sentiment d’appartenance à un peuple, à une nation, à une civilisation.

Le peuple de France a ce travail à faire pour se réconcilier avec lui-même, son identité, et porter un avenir commun ;
Le peuple de France doit faire vivre à travers les générations une culture, une langue, une histoire commune ;
Le peuple de France doit porter en soi ces trois mots de liberté, d’égalité et de fraternité qui disent tout de ce que doit être notre mode de vie.
C’est s’ouvrir aux autres sans rien renier de ce que nous sommes.
C’est défendre partout où elle est menacée la dignité de l’homme, son indépendance, sa croissance, son épanouissement.
C’est adhérer ensemble à la même République, à la seule République, la placer au-dessus de tout autre règle ou discours dogmatiques.
C’est aimer notre pays, être fiers de son passé, croire en son avenir.
C’est lui donner en premier sans rien attendre en retour, comme nos aînés qui ont été capables du sacrifice de leur vie, pour que nous vivions de cet héritage culturel et civilisationnel.
Nous pouvons être fiers de notre pays, de ce qu’il a apporté à la civilisation universelle, à l’idée d’humanité.
Nous pouvons être fiers d’être les enfants d’un pays de liberté et de démocratie.
Célébrer notre fête nationale doit être un temps fort de notre unité. Le 14 Juillet, c’est la célébration de la nation rassemblée.
C’est pourquoi ce doit être une fête, une fête colorée, une fête populaire.
La République est belle quand elle est généreuse.
Elle ne peut être généreuse que si elle est respectée.
Que vivent nos principes de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.
Que vive en chacun de nous, cet esprit qui permet à notre société de progresser et de s’épanouir.
Que vivent nos couleurs tricolores.
Que résonne la Marseillaise.
Vive La Londe !
Vive la République et Vive la France !
Photos Isabelle BENOIT.
En présence de :
Les autorités civiles et militaires,
Les élus,
Monsieur le Curé.


